POV Amira
Aujourd'hui, nous partons voir Brie, mais avant ça, nous devons passer chez Angel.
— T'es prête ? demande Kyllian.
— Presque...
— Pourquoi te maquiller ? On ne va pas dans une boîte.
— J'ai fini. T'es content ?
— Bon... on y va.
— ...
— Amira ?
— Hum ?
— Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux me le dire.
— D'accord.
— Et si tu as besoin de parler, je serai toujours là.
— Où tu veux en venir ?
— Va voir ta famille.
— Plus tard.
— Pas plus tard. Maintenant. Tu leur manques. À ta famille et à tes amis. Tu es distante avec eux. Tu devrais essayer de leur parler. Je sais que c'est dur, mais essaie.
— Comment veux‑tu que je leur parle comme si de rien n'était ? J'ai caché à ma mère ma grossesse... et qu'est-ce que je devrais lui dire ? Que c'était un accident ?
— Amira !
— Je ne suis pas prête à leur faire face maintenant.
— Am...
— S'il te plaît.
— Très bien.
Willy a prévu de nous rejoindre directement là-bas, vu qu'Angel ne veut pas sortir.
À notre arrivée, je descends rapidement et sonne à la porte. C'est Frank qui ouvre. Je lui fais la bise.
— Salut.
— Hey, ça va ?
— Hum, oui... beaucoup mieux. Et Angel ?
— Elle s'est enfermée dans sa chambre.
— Et Isabelle ?
— Elle est allée à la tombe de Shirine.
— Bon, tu nous laisses entrer ?
— Ouais... ouais. Sinon, Willy arrive dans dix minutes.
— Je peux la voir ?
— Troisième porte à gauche.
— Merci.
— T'es sûre que tu vas gérer ?
— Ne t'inquiète pas, je suis une pro.
— Préviens si t'as besoin d'aide.
— D'accord.
Je monte et me dirige vers sa chambre. La porte est fermée à clé. Je toque doucement.
— Angel ?
— ...
— C'est moi, Amira. Je veux juste te parler.
— Je veux voir personne.
— Juste quelques minutes.
— Va-t'en.
Je m'écroule et m'adosse contre la porte.
— Quand j'ai perdu mon père, j'ai cru que mon monde allait s'arrêter. Je n'aurais jamais imaginé qu'il mourrait juste après avoir frôlé la mort. Je me sentais coupable... c'était horrible. Et puis il y a eu la mort de mon enfant. Je ne l'avais pas prévu, mais quand j'ai su que j'étais enceinte... je ne voulais pas le garder... mais cet enfant n'avait rien demandé. Et quand je l'ai perdu, j'ai cru avoir perdu une partie de moi. Je ne peux pas faire comme si de rien n'était et te pardonner... mais on a besoin de toi pour retrouver Elvira et Karel, tu le sais. Ils détiennent Layla, la sœur d'un ami. Ça fait presque trois jours. Imagine comment elle se sent, seule, sans sa famille. Elvira s'en moque, et Karel... il a tiré sur sa sœur qui était dans le coma. Si on ne les retrouve pas... qui sait ce qu'ils pourraient faire. Alors je te le demande une dernière fois... dis-nous où ils se cachent.
La porte claque. Je manque de tomber, mais je me relève rapidement. Je la regarde. Angel a l'air mal en point. Ses yeux sont gonflés, humides.
— Ils ont dû changer de cachette, comme à chaque fois. Je ne peux pas t'aider.
— Non... peut-être que tu peux te souvenir d'un détail... quelque chose...
Elle regarde derrière moi. Je me retourne et vois Willy.
— Ne t'inquiète pas, tu n'iras pas en prison.
— La prison est le cadet de mes soucis. Je t'ai dit tout ce que je savais. Maintenant, peux‑tu sortir de cette maison ?
— On a besoin de toi.
— Va-t'en !
— Layla a besoin de toi.
— Mais je ne peux pas t'aider, PUTAIN !
— Très bien.
— Am...
— On s'en va.
Willy vient avec nous.
— Je t'avais pourtant dit qu'elle ne dirait rien, dit-il.
— Je suis désolée de t'avoir fait perdre ton temps.
— Amira...
— Je m'inquiète pour Layla et je ne peux rien faire.
— On va la retrouver. Mais d'abord, on va à l'hôpital, dit Kyllian.
— On se retrouve là-bas, dit Willy.
— Ne t'en fais pas, Amira. Prends soin d'elle.
— Pas de soucis, répond Kyllian.
— Ramène-moi à la maison, dis-je.
— Okay.
Kyllian me ramène à la maison. Je n'ai plus envie de sortir. Parler de mon père et de l'enfant que je portais m'a démoralisée pour toute la journée.
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POV Anaïs
Hier...
Brie vient de se réveiller, mais l'endroit où elle nous a donné rendez-vous était désert. Le pire... la balle a touché sa colonne vertébrale. Ses chances de remarcher sont minimes.
— Alors ?
— Elle ne veut voir personne. Et je la comprends.
— Moi aussi... C'est dur de se faire trahir par sa propre famille.
— Et toi, ça va ?
— Honnêtement, je ne sais plus quoi faire... je me sens inutile.
— Tu n'es pas inutile. S'il n'y avait pas toi, qui aiderait Jamal ? Il tient le coup parce que tu es là.
...
— On va les retrouver, peu importe comment, quand, ou où.
— Merci d'être là. Amira a de la chance de t'avoir comme ami.
— Toi aussi. Bon, je te laisse.
— Ciao.
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Actuellement...
— Elle ne sait rien, reprend Jamal. Retour à la case départ.
— Pourquoi le monde est-il si cruel avec moi ? Je ne peux pas être heureuse pour une fois dans ma vie, hein ? pleure Dis-moi ce que je fais.
— Tu n'es pas faite pour ce monde, hbibi. Ne t'inquiète pas, on va la retrouver.
— Quand ?
— Je l'ignore.
— J'aurais aimé que tout ça ne soit qu'un horrible cauchemar, et que bientôt je me réveille et voie Layla à côté de moi, en train de dire des bêtises...
— Mais malheureusement, c'est réel, hbibi.
— J'aimerais disparaître.
— Tiens le coup avec moi.
— Je ne supporte plus ce poids sur mes épaules.
— Je le porterai avec toi. Laisse-moi t'aider.
— Je ne sais pas ce que je serais devenue sans toi.
— Folle à priori.
— Je t'aime.
— Folle de moi.
Je souris. Je l'aime vraiment. Lui... tellement que ça m'énerve parfois.
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AMOUR TOXIC
RomanceAmira part en France avec sa famille pour finir ses études et faire soigner son père. Elle y rencontre Kyllian blanc et surtout raciste, ce qui entraîne de nombreuses épreuves et rebondissements dans leur relation. Parviendront-ils à surmonter le...
