Chapitre XXXIX

22 7 0
                                        


Entre la peur et l'espoir

POV Kyllian

Il est 7h03. Je suis chez Angel, accompagné du policier que j'avais insulté l'autre jour. L'air est lourd de tension.

— Je...
— Ce n'est pas important, fait ce que tu as à faire, me coupe le policier.

D'accord... je soupire et attends Angel dans le jardin. Lorsqu'elle descend en pyjama et me voit avec la police, elle recule instinctivement.

— Ne t'inquiète pas, il n'est pas là pour t'arrêter. On veut juste te parler.
— J'ai déjà tout dit à Amira, murmure-t-elle.
— On a besoin de toi, je t'en prie.
— Je... je vous laisse.

Yoan intervient calmement :

— On a juste besoin que vous nous parliez du système de sécurité de Karel.

Angel secoue la tête :

— Je... je ne m'en rappelle plus.

— Vous devriez collaborer, insiste Yoan.
— Pourquoi collaborer si après l'affaire vous venez m'arrêter pour complicité ?
— Ils ne t'arrêteront pas. Je te le promets.

Le silence tombe un instant. Yoan ajoute avec sérieux :

— Vous avez été manipulée. Ce pourrait jouer en votre faveur.

Finalement, elle accepte de nous donner les informations.

— Il ne plaisante pas avec la sécurité, hein ?
— Il voulait protéger ce qui lui était cher, Britanie et Elvira...

Je hoche la tête. Nous avons ce qu'il nous fallait. Mais Angel, la voix brisée, ajoute :

— Je n'aurais jamais imaginé que la mort de Shirine m'affecterait autant...
— C'était ta sœur.
— On se disputait souvent, mais je l'aimais. Maintenant, c'est fini. Je ne pourrai plus jamais lui dire que je l'aimais. J'ai été stupide... j'aimerais tout recommencer... pleure.

— On ne peut pas changer le passé, mais on peut changer l'avenir.

Elle me fixe un instant, puis souffle :

— Tu as intérêt à revenir vivant.

Je réponds, serrant les dents :

— T'inquiète.

Yoan nous rappelle :

— On doit y aller, Willy nous attend.

Je hoche la tête et nous partons.

POV Amira

Deux jours. Deux jours que je suis dans cette cellule sombre, frappée, affamée, épuisée. Je n'ai plus la force de pleurer. Le peu de lumière qui filtre par la petite fenêtre semble se moquer de moi.

— Alors, bien dormi ? murmure une voix.
— Oui, ça allait... jusqu'à ce que tu arrives.

Une claque me coupe le souffle. Karel se tient là, grand, imposant, et son regard est glacial. Je serre les dents, tenant ma joue endolorie.

— Tu devrais arrêter d'écouter les autres. Il n'y a que moi qui sais ce qui est bien pour toi.

Je baisse la tête, trop fatiguée pour répondre. Je m'endors presque aussitôt, le corps brisé.

Plus tard, une voix me tire du sommeil.

— Et si on se levait, là-dedans ?

Un homme, différent, portant un plateau de nourriture. Je recule, méfiante.

— Elle veut m'empoisonner, murmuré-je.
— Ne t'inquiète pas, me rassure-t-il.

Il goûte d'abord. Rien. Je tente un morceau, rien non plus.

— On sera deux à mourir, murmuré-je.
— Tu es drôle. Mange vite et prends des forces. Tu dois aller à la douche.
— Pourquoi tu veux m'aider ?
— Parce que je peux.

Vingt minutes plus tard, je ressors propre. Lisandro, l'homme, est allongé sur le lit avec une boîte à côté.

— C'est quoi ça ?
— Une boîte de premiers secours. Assieds-toi.

Il désinfecte mes blessures rapidement.

— Toi et Britanie, vous étiez proches ?
— On peut dire ça.

Puis il me dit qu'il faut retourner dans ma cellule, mais je supplie :

— Laisse-moi voir Layla quelques minutes.
— Dix minutes.
— Merci.

Nous entrons dans une autre chambre. Layla est là avec une autre fillette.

— Amiraaaa, tu es venue me chercher ?
— En quelque sorte.
— Je te présente Hope, ma nouvelle amie.
— Bonjour, toi...

Elle me sourit timidement. Mon cœur se serre. Il faut être sans cœur pour détenir un enfant comme ça.

POV Lisandro

Je sors pour leur laisser un peu d'intimité. C'est risqué, mais je fais ce qu'il faut.

— Tu n'aurais pas dû faire ça...
— Qu'est-ce que tu veux, Amara ?
— Tu vas le regretter.
— Tu crois ? Et depuis quand t'inquiètes-tu pour moi ?
— Je m'inquiète pour toi parce que tu dois rester en vie... pour moi et pour... triste.
— Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas mourir si facilement.
— J'espère bien...

Je souffle, essayant de garder mon calme.

AMOUR  TOXICOù les histoires vivent. Découvrez maintenant