Chapitre 16 - Qui joue, peut perdre ou gagner. Part. 3

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Les deux divines créatures qui se pavanaient devant Magnus plus tôt nous interrompent.

— Ça te dit de nous rejoindre, Magnus ? demande d'une voix sensuelle la blonde aux jambes interminables, posant sa main sur son triceps. Nous avons prévu quelque chose de très spécial pour toi.

Il reluque un instant ses prétendantes avant de retirer les doigts de la belle de son bras avec délicatesse.

— J'ai d'autres projets pour cette nuit, s'engage-t-il posant son regard éloquent sur moi. Je vous souhaite de passer une excellente nuit, Mesdames.

Elles m'adressent des mimiques de mépris et semblent sous le choc du choix de l'incube. Ce dernier me prend la main et m'entraîne dans les couloirs.

— Tu aurais pu les rejoindre, rapporté-je.

— J'aurais pu, oui. Mais je ne l'ai pas fait, s'immobilise-t-il, me faisant face.

Tout le désir qu'il me porte se lit sur son visage comme dans un livre ouvert. Lui, d'ordinaire si impassible, semble complètement envoûté. Il entortille une mèche de mes cheveux autour de son doigt et pose sa main sous mon menton. Il rapproche mon visage du sien, ses lèvres à quelques millimètres des miennes. Je sens son souffle chaud sur ma peau.

— Est-ce qu'on pourrait simplement y aller ? le supplié-je, sentant un besoin ésotérique de m'unir à lui.

— Patience, Amour... me susurre-t-il.

Magnus se recule avec lenteur et nous nous dirigeons à l'étage où nous nous arrêtons devant l'une des nombreuses portes toutes semblables les unes aux autres.

Il se place derrière moi et me murmure à l'oreille.

— Ce sont des salles fantasmagoriques où les désirs inavoués prennent forme. Dès que nous entrerons, nous nous retrouverons où nos pensées nous guideront. Es-tu réellement prête, ma dulcinée ? me questionne-t-il avant de prendre mes mains dans les siennes et de les faire remonter jusque sous ma robe au niveau de mes cuisses.

Je ferme les yeux et me mordille la lèvre inférieure alors que nos doigts frôlent mon entrecuisse.

Si quelqu'un passait derrière nous, je ne le remarquerais même pas, trop occupée à savourer cet instant. Magnus semble maîtriser la matière et j'ai du mal à lui répondre.

— Oui... réussis-je à souffler.

— Garde les yeux fermés...

Il ne lui faut pas plus pour me prendre dans ses bras telle une mariée et nous faire pénétrer dans l'antre des plaisirs.
Une fois à l'intérieur, je joue le jeu et garde les yeux fermés. Il me pose au sol et me guide au travers de la pièce silencieuse. Je ne sais absolument pas à quoi m'attendre. Mon cœur bat au rythme de mes pas vers l'inconnu.
Soudain, un courant d'air torride m'effleure la peau.

— Tu peux ouvrir les yeux, boucles améthystes.

Je fais ce que Magnus me dit. Devant moi, siège un autel en bois sombre sculpté. Lorsque je lève la tête, de spectaculaires vitraux de couleurs s'élèvent et leurs représentations semblent me juger. La chaleur ressentie plus tôt me caresse mes épaules et la partie de mon dos dénudée. Je décide de me retourner et me retrouve face aux bancs de l'église en proie aux flammes. Je sens la panique prendre place dans mes entrailles.

— Relax, ce n'est qu'une illusion, me rassure-t-il.

— Ça a l'air tellement réel pourtant.

Il s'avance vers l'incendie et marche au travers des rangées de places assises sans qu'il ne se brûle un instant puis revient à mes côtés.

— Ça ne fait pas partie de mes fantasmes. J'imagine que c'est le tiens, conclut Magnus. Intéressant...
Il me fait reculer jusqu'à l'autel où il me dépose assise avec facilité.

Odd AmethystDes histoires addictives. Découvrez maintenant