Je respire difficilement. C'est comme si quelqu'un ou quelque chose s'était appuyé sur ma cage thoracique me maintenant immobile. Les yeux grands ouverts, je regarde le plafond de ma chambre sans pouvoir bouger. Un frisson me parcourt tout le corps. Je ne suis pas seule, je le ressens.
Une silhouette noire confirme ce que mes pensées me susurraient. Elle se faufile au-dessus de ma tête. Je veux fermer mes paupières, mais je n'y arrive pas. Je sens mes paumes moites raidies sur mes draps, incapable de me mouvoir malgré mes efforts acharnés. J'ai l'impression qu'on me maintient sur mon lit par mes poignets endoloris. Je ne contrôle plus mon corps.
L'ombre s'immobilise avant de s'évanouir tel un mirage. Je retrouve une sensation de plénitude de courte durée. Alors que je parviens à bouger mes doigts et mes orteils, soulagée de regagner ma motricité, un homme apparaît sur moi, son souffle ardent s'immisçant dans mon cou. Tandis que je devrais être effrayée par la scène, je me surprends à apprécier les baisers qu'il applique sur ma jugulaire.
Je suis incapable de décrire ce que je ressens. J'ai envie qu'il continue, mais également qu'il s'arrête. Je désire qu'il s'empare de mon être et je supplie intérieurement pour qu'il s'en aille. Son regard finit par croiser le mien. Ses yeux avides et glaçants semblent m'hypnotiser. Mes mains agrippent les cheveux sombres de l'inconnu. Mes lèvres s'abandonnent aux siennes. Tout mon être abdique.
Je lui appartiens et je le laisse s'accaparer ma volonté, posséder mon corps dans une valse dangereuse et sensuelle. Il s'infiltre en moi. Et malgré ce sentiment de répulsion qui ne me lâche pas, je savoure ce moment avec exaltation.
*
Je me réveille en sursaut. Mon horloge indique qu'il est une heure et quart du matin. Je me dirige instinctivement vers la salle de bain pour prendre une douche.
Ce n'était qu'un autre rêve. Un rêve érotique. Rien de plus.
Ce n'était pourtant pas la première fois que je voyais cet homme dans mes songes. Il hantait mes pensées constamment. J'étais vraiment perturbée. Je venais de copuler avec un être démoniaque et j'avais aimé ça.
Je chasse cette idée de mon esprit. Quelque chose attire mon attention. L'eau ruisselant le long de mon bras me dirige vers une étrange marque sur mes poignets : des hématomes s'apparentant à des traces de doigts. Je frissonne et termine de me laver.
Je sors de la pièce, vêtue d'une grande serviette grise et rejoins ma chambre. Il faut que je me change les idées. Je n'ai pas envie de retourner me coucher. Hors de question que je m'assoupis. Sans réfléchir, je compose un numéro de téléphone sur mon portable. Ça sonne.
Non, mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?
Je m'apprête à raccrocher, mais quelqu'un décroche.
— Allo ? Athalia ? Tout va bien ?
— Je... Salut Callum ! Je me suis trompée de numéro. Désolée.
— Tu es sûre ? Je m'apprêtais à aller chasser un démon mangeur de bébés. Ça te dit de m'accompagner ?
— OK...
— On se rejoint à la maternité d'Odd Town ? C'est là qu'il a prévu d'aller.
— Euh... OK. Comment sais-tu ça ?
— J'ai mes sources. Ne traîne pas !
Il raccroche. Je crois que je perds vraiment la tête. Appeler Callum. Le rejoindre à la maternité. Pour tuer un démon qui gobe des gosses. Ferais-je ma crise d'adolescence après l'heure ? Je m'habille à mon aise, pas certaine de vouloir assister à tout ça. Avant de sortir, je vérifie si Neveah dort. Affirmatif. Je lui écris un petit mot au cas où elle se réveille : « Partie chasser avec Callum. Si besoin, tu m'appelles illico. Pas de bonbons, ni de chocolat ou autre nourriture avant le petit déjeuner. Je ne veux pas d'un gremlin dans la maison. Je t'aime mini peste ! »
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Odd Amethyst
FantasiaOdd Town est une ville, aussi étrange que pittoresque, située en bord de mer où vivent Athalia, sa cadette Neveah et leur mère. Tout le monde y connaît l'existence des créatures, autrefois légendaires, qui ne vivent désormais plus cachées. Les démo...
