Le soleil brillait fort et haut, aujourd'hui. Après être revenue des vacances de Pâques, Livia avait bien cru qu'elle devenait folle, mais l'homme n'était pas réapparu. Peut-être que ça avait été juste dû au stress des partiels qui approchaient ou à la chaleur de l'été qui approchait, ou peut-être les deux.
Aujourd'hui, elle était enfin en vacance. Elle avait fini son année, il ne restait plus qu'à attendre les résultats. Elle en profitait pour se prélasser devant la maison. La colocation allait bientôt se finir, mais elle espérait pouvoir la refaire l'année prochaine. Elle s'entendait bien avec Manon et Lucie. A côté d'elle, il y avait Edwin qui les avait rejointes après avoir fini son année. Il remarqua :
« Je dois bien avouer qu'ici est bien mieux qu'à Paris, surtout niveau temps, pollution et population.
-C'est ça d'aller à la capitale, mon petit monsieur, ricana Livia. Tu te plais au moins, dans ta formation ?
-Oui. C'est génial. Et toi ?
-Pareil. Maintenant, si tu te fais électrocuter par tes ordis, je peux te sauver.
-Génial ! Quelle équipe on fait !
-Allez, les amoureux, on va faire cette balade ? »
Mia apparut sur le pas de la porte, habillée comme pour faire une randonnée alors qu'ils avaient juste prévu de faire le tour du centre-ville pour faire visiter Edwin. Mia devait retrouver le chéri qu'elle s'était trouvée cette année en ville. Mia remarqua pendant qu'ils se mettaient en route :
« C'est parti pour le double-date. »
Livia leva les yeux au ciel. Mia aimait bien les taquiner sur leur relation et depuis qu'Edwin n'avait pas eu le réflexe de se défendre, elle insistait encore plus. Pendant qu'ils visitaient le centre-ville, Livia glissa par réflexe son bras dans celui d'Edwin qui murmura à son oreille :
« On va juste mettre de l'huile sur le feu, tu le sais, ça, non ?
-Il s'alimente déjà tout seul et très bien, le feu en question. »
Ils ricanèrent et continuèrent de discuter tranquillement. Arrivés devant un café avec une vue sur la place centrale, le monument au centre et les arbres qui la bordaient, Mia remarqua :
« Installez-vous, madame et monsieur, je vais chercher mon mien. »
Elle s'éclipsa, le téléphone à la main. Edwin remarqua :
« Bon. C'est juste toi et moi.
-Oui. »
Edwin lui sourit et riant. Livia ne put s'empêcher de le joindre et ils rigolèrent tous les deux sans raisons apparentes. Après qu'ils se furent enfin calmés, après quelques minutes, Livia demanda :
« A part ça ... Tu passes une bonne journée ?
-Avec toi, c'est toujours une bonne journée.
-C'est trop mignon. »
Il lui sourit, content. Puis quelque chose se passa qui fit sursauter Livia. Le sourire d'Edwin laissa place à une grimace d'horreur et de dégoût. Il pointait un pistolet à son front. Livia demanda :
« Edwin, qu'est-ce que tu fais ?
-Tu ... Tu es un monstre. »
Il appuya sur la gâchette. BANG !
Elle se réveilla en sursaut, en sueur. Toujours le même cauchemar. Toujours la même chose. Elle était heureuse, vraiment heureuse, puis il se passait quelque chose d'horrible, d'épouvantable, et elle se réveillait le lendemain sans aucune mémoire de ce qu'il s'était passé en fin de journée. C'était de plus en plus souvent à des intervalles de plus en plus serrés. Bientôt, elle le sentait au fond d'elle-même, il ne restera plus que les moments où elle souffrait, où elle apportait le malheur aux autres ou à elle-même. Surtout aux autres. Elle se souvenait toujours des visages horrifiés de Lucie et Manon quand elle les avait tuées. Elles, contrairement à Livia, ne ressuscitaient pas le lendemain. Elle préférait encore que ce soit elle qui mourrait, plutôt qu'Edwin ou Mia.
« Tu es réveillée ? »
Elle sursauta et regarda à côté d'elle. Edwin, portant uniquement un boxer, se relevait, un sourire aux lèvres. Livia ne réagit pas. Elle devrait. Mais elle ne le fit pas. Puis elle se souvint, ça faisait déjà quelques jours qu'ils avaient enfin décidé de se mettre ensemble. Mia avait été toute excitée et l'avait dit à tout le monde. Résultat, la famille de Livia et la famille d'Edwin avaient décidé de les laisser seul à seul dans la maison.
Edwin s'approcha et posa un baiser, une main sur la cuisse de Livia, sur sa joue. Elle avait beau se dire que c'était normal, elle avait l'impression que quelque chose n'allait pas. Comme s'il manquait quelqu'un ou quelque chose. Edwin murmura à son oreille tout en la caressant doucement :
« Tu me dis si je vais trop vite. On peut ralentir, si tu veux. »
Il passa sa main dans les cheveux blonds cendrés de Livia et la força à le regarder. L'image sauta. Elle avait cru un instant qu'ils étaient un vrai couple amoureux. Elle avait cru un instant qu'elle était heureuse, que tout allait bien, mais non. Une version malsaine d'Edwin, nu, la força à s'allonger. Depuis quand il était comme ça ? Depuis quand était-il devenu fou ? Comme s'il était dans sa tête, il affirma, un sourire aux lèvres :
« Depuis que tu m'as rendu fou. Fou de toi. »
Elle serra les dents et pleura pendant qu'Edwin faisait ce qu'il veut du corps de Livia. Comme un jouet. Quand il eut finit, il enfonça sa main dans la cage thoracique de Livia. Il fronça les sourcils. Il finit par s'esclaffer :
« Ah, mais suis-je bête. Moi qui essayais de t'arracher le cœur, j'avais oublié que tu n'en avais pas. Tu es un monstre. »
Elle écarquilla les yeux. Edwin était le dernier à ne jamais encore l'avoir insulté. Elle n'était plus dans sa vie parfaite d'avant. Elle était en enfer. Et elle ne savait pas comment en sortir.
« Livia ! Il faut que tu vives. »
D'où venait cette voix ? Méritait-elle de vivre ? Méritait-elle vraiment de vivre ? La punition pour quelqu'un n'était-il pas de vivre avec ses péchés plutôt que d'écourter sa vie afin qu'il n'ait plus à ruminer ses erreurs ? Elle pleura, sans pouvoir s'arrêter. Malgré qu'elle soit un monstre, malgré qu'elle ait tué ses amies, malgré qu'elle ait causé tant de malheurs, on voulait qu'elle vive.
Elle voulait sortir de cet enfer, d'une manière ou d'une autre. Mourir ou se réveiller, qu'importe. Elle voulait juste ne plus souffrir. Elle se laissa guider par la voix. Elle ne savait vraiment pas qu'est-ce qu'elle préférait entre mourir et vivre. D'un côté, elle ne pourrait plus jamais souffrir. De l'autre, on lui offrait une chance de se repentir.
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Dawnstar
VampireUne guerre fait rage pour savoir qui contrôlerait le monde. Livia Aubis, nouvellement étudiante, est plongée contre son gré dans cette guerre et fera des rencontres surprenantes.
