Audrey Malfoy
Quand j'ouvre les yeux je suis éblouie par la dure lumière blanche de l'infirmerie. Mes souvenirs sont assez flous, la seule chose dont je me souvienne, c'est ma mort. Je savais que j'étais en danger, mais je ne pensais pas mourir de ses mains sales. Je ne peux pas, je n'ai pas le droit de me laisser tuer par ce fou, je vais me battre et je le tuerais moi-même !
Une fois mes yeux suffisamment habitués à l'agressivité de cette lumière, j'arrive à voir les cheveux blonds de Draco tomber sur mon ventre. J'observe son doux visage endormi quelques secondes avant de regarder sa main tenant fermement la mienne contre son cœur. À cet instant précis, je veux tout lui pardonner et repartir sur de bonnes bases, mais je ne peux pas. Je n'ai pas le droit de retomber dans ses bras aussi vite, je l'aime, cela ne fait aucun doute mais je veux qu'il me prouve que lui aussi. Lui pardonner quelques heures après notre rupture est bien trop simple.
À contrecœur, je fais bouger ma main pour le réveiller, mais contrairement à ce que je me suis imaginé, celui-ci sursaute et glisse de sa chaise et tombe au sol. Face à cette scène, je ne pus m'empêcher de rigoler.
- Ce n'est pas drôle, dit-il toujours au sol.
Quand il se relève, je peux voir grâce à ses yeux embués qu'il a récemment pleuré et en voyant sa petite bouille ainsi, mon cœur ne peut s'empêcher de se serrer.
- Tu as pleuré ?
- Non.
- Il n'y a que moi ici, tu n'es pas obligé de faire l'homme viril.
- Je suis un homme viril.
- Oui, oui et moi je m'appelle Julie.
- Arrête de te foutre de moi, comment vas- tu ?
Sans comprendre pourquoi, mes lèvres forment d'elles mêmes un léger sourire narquois.
- Ça t'intéresse ?
Celui-ci roule les yeux tout en soufflant d'exaspération.
- Tu es ma femme, celle que j'aime et qui en plus de ça tu portes mon enfant donc bien évidemment que ta santé m'importe.
- Pourtant, tu n'en avais rien à faire de ton enfant tout à l'heure, tu étais prêt à me quit...
- Non ! Tu m'as quitté, je voulais juste un peu de temps pour réfléchir à si j'étais prêt pour élever un bébé car j'ai peur d'être un mauvais père !
Je le regarde abasourdi, c'est la toute première fois qu'il hausse le ton avec moi, du moins la seule fois dont je me souvienne. Il mériterait une claque derrière la tête celui-là.
Je souris avant de me redresser pour lui mettre une petite claque mais mes plans sont compromis quand Dumbledore entre dans l'infirmerie, toujours avec son petit air dramatique affiché sur son visage. Il s'assoit à la place qu'occupait Draco plus tôt, le laissant debout, ce qui me fait intérieurement rire.
- Les enfants, dit-il en montrant le bout du lit à Draco pour lui faire comprendre de s'asseoir.
- Après t'avoir déposé ici, monsieur Riddle est directement venu m'avertir de la vision que vous aviez eue durant le cours de divination. Ça ne fait plus aucun doute, vous êtes en danger.
Suite au mot «danger» le regard apeuré de Draco se pose sur moi, merde, moi qui ne voulais pas l'inquiéter, c'est raté. En voyant cette vision, ce n'est pas de me voir morte qui m'a fait le plus de mal, non, c'est de voir Draco pleurant toutes les larmes de son corps. Je ne lui dirai jamais que je l'ai vu dans cet état, son égo en prendrait un coup. Mais, c'est en le voyant dans cet état, mon corps inanimé dans ses bras tremblants que j'ai compris, j'ai compris qu'il m'aime vraiment. Je n'ai jamais douté de ses sentiments, j'ai simplement compris à quel point il m'aimait.
Je bats plusieurs fois des cils, essayant tant bien que mal de reprendre le fil à la conversation, bien que ce soit plus un monologue.
- Comme je sais que vous êtes un jeune couple marié je me suis dit que votre mari serait la personne la plus apte à vous protéger, du moins je suppos...
- Oui, le coupa Draco.
- Bien, pour cela, j'ai mis à votre disposition une chambre, le professeur McGonagall vous y conduira, ajouta-t-il avant de quitter la pièce.
Je tourne la tête en direction du lit d'à côté, fuyant le regard de Draco. Mais celui-ci s'allonge à mes côtés et me regarde dans les yeux.
- Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?
- Je viens de me réveiller.
- Certes, mais tu aurais pu commencer par ça avant de me hurler dessus ?
- Tu es vachement culotté quand même, c'est toi qui m'as crié dessus !
- Bon, oui, peut-être, mais pourquoi tu n'as pas commencé par là ?
- Je ne voulais pas t'inquiéter pour ça...
Il se pinça l'arête du nez tout en soupirant.
- Putain Audrey qu'est-ce que tu as dans la tête ! Que ça m'inquiète ou pas je veux tout savoir ! Crie-t-il.
- Arrête de crier je n'aime pas ça.
- C'est juste que c'est compliqué, tu m'annonces qu'on va avoir un bébé, ensuite tu me quittes, puis j'apprends que tu vas peut-être mourir, alors oui c'est difficile à encaisser.
- Draco... dis-je en déposant ma main sur sa joue.
Suite à ce geste, plus aucun de nous ne parle, la salle est plongée dans un silence de mort. Tout ce que nous faisons, c'est ce regarder, nous ne nous quittons plus regard bien que le mien dévie lentement vers ses lèvres rosées. Elles m'attirent comme un aimant, c'est comme si mes lèvres étaient obligées de rejoindre les siennes.
J'approche lentement ma bouche de la sienne tout en fermant les yeux. J'en ai envie, je veux l'embrasser, il me manque tellement. Je veux à nouveau sentir la chaleur de son corps contre le mien, ses lèvres contre les miennes, être à ses côtés jour et nuit me manque. Lui aussi en a envie, il veut m'embrasser à nouveau. Nous sommes si proches l'un de l'autre que je peux sentir son souffle chaud se déposer sur mes lèvres, j'arrive à sentir la présence de ses lèvres à seulement quelques millimètres des miennes.
- Hum hum...
À contre contrecœur nous nous séparons l'un de l'autre, regardant qui est l'individu qui vient de gâcher notre semblant de retrouvailles. En voyant le professeur McGonagall, je souffle intérieurement, putain de McGonagall.
Celle-ci nous fait signe de la suivre en direction de notre chambre dans le dortoir des serpents afin de faire nos valises pour qu'on puisse s'installer dans notre nouvelle chambre. Contre toute attente, mes vêtements sont tous parfaitement pliés et rangés dans mon armoire, ma peluche est même sur mon lit et celui-ci est défait. En tournant la tête vers le blond, je pus voir que sa valise est là elle aussi. Avec un coup de baguette McGonagall placent nos affaires dans nos valises, bien que certaines de nos affaires soit dans la mauvaise valise, mais ce n'est pas perdu.
Suite à cela, elle nous emmène dans notre nouvelle chambre qui se trouve aux quatrièmes étages. Après nous avoir donné quelques explications sur le fonctionnement de la chambre, ainsi que le mot de passe, elle s'en va, nous laissant à nouveau seul.
Je tourne la tête vers lui, trouvant ses beaux yeux bleus, je ne vais pas tenir bien longtemps.
- Les Malfoy ? C'est toi qui as choisi le mot de passe ?
- Non, si ça avait été moi, j'aurais choisi Draco et Audrey les magnifiques.
Je roule les yeux face à son narcissisme, mais au moins, il a pensé à moi, c'est déjà ça.
- Moi, j'aurais choisi, je le regarde faisant mine de réfléchir, Ah ! Je sais, Audrey la cocue !
- Audrey j...
- Je plaisante.
Il me sourit, puis je réponds à son sourire avant de m'approcher de lui. Je dépose mes mains sur son torse et plonge mon regard dans le sien.
- Embrasse-moi Dray.
VOUS LISEZ
just friends
FanfictionComment sommes-nous censé réagir quand notre père nous apprend qu'il c'est arrangé avec un soit disant "collègue" ? Mais ce n'est pas qu'un simple arrangement, ce n'est pas question d'une petite affaire sans aucune importance. Non, c'est un mariage...
