Chapter 22

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Quand je revins dans la chambre, Carlos dormait toujours. Sa respiration lente, le drap à moitié glissé sur ses hanches. Il semblait paisible.

Je montai doucement sur le lit, m'installai à califourchon sur lui. Il ouvrit un œil, ensommeillé.

— Hmm... t'es déjà réveillée ?

Je lui montrai la bague.

— Carlos...

Il me fixa. Je vis ses yeux s'éclairer, se réveiller d'un coup.

— Je voulais juste te dire "oui". Pour de vrai. Clair. Net. Officiel. Sans sueur, ni cri, ni menace.

Il sourit, posant ses mains sur mes hanches.

— C'est encore mieux quand c'est toi qui viens me le dire.

Je me penchai lentement, mes mains glissant sur son torse chaud, et je l'embrassai. Un baiser lent, doux, sans tension. Juste de l'amour pur, posé là, entre nos deux souffles.

Quand je me redressai à peine, les yeux dans les siens, je sentis ma gorge se serrer un peu. Mais je voulais que les mots sortent. Tout de suite.

— Je t'aime, Carlos. Vraiment. Et je veux devenir ta femme. Pas parce que tu m'as fait craquer, pas parce que tu m'as fait crier... mais parce qu'il n'y a personne d'autre que je veux à mes côtés. Ni maintenant. Ni jamais.

Ses mains remontèrent le long de mon dos.

— Je t'aime, Valencia. Bordel, je t'aime d'une façon qui me dépasse. Et je te promets que si tu deviens ma femme... je vais te faire rire, te protéger, te rendre dingue... mais jamais, jamais je te lâcherai.

Il m'embrassa alors, cette fois comme si c'était une promesse.

Trois mois. Il n'aura suffi que de trois mois pour que ma vie bascule dans le meilleur sens possible. Et pourtant, tout semble étrangement naturel, comme si ça faisait des années que je vivais ici, dans notre chez nous, avec Carlos.

Les matins commencent toujours de la même manière : son café bien trop corsé, son torse chaud pressé contre mon dos, et ce sourire encore ensommeillé qu'il ne réserve qu'à moi. Il m'appelle déjà « sa femme », comme si le mariage n'était qu'un détail administratif qu'on allait cocher dans une semaine une formalité, presque. Mais tout est prêt. Ou presque.

Dans le salon aux lignes épurées, baigné d'une lumière dorée, Helena était installée en tailleur dans un fauteuil en velours crème, une tablette sur les genoux, concentrée. Elle faisait défiler les noms de la liste d'invités comme si elle préparait une mission diplomatique.

À côté d'elle, Natasha, toujours lunettes de soleil sur le nez bien qu'on soit en intérieur (et clairement pas à Cannes), parlait vite au téléphone, son ton tranchant comme une styliste sous adrénaline :

— Je vais le redire très lentement : pivoines ivoire. Pas rose poudré. I-VOI-RE. Si c'est rose, Valencia hurle, et moi aussi, par solidarité féminine. Voilà.

Je ris doucement en l'écoutant, adossée au bar de la cuisine ouverte, une infusion tiède entre les mains.

Mon ventre est encore plat à peine gonflé si on sait où regarder mais tout le monde est déjà au courant. Il n'y a pas de cachotteries. Juste beaucoup de bienveillance. Peut-être un peu trop, d'ailleurs. Natasha releva les yeux vers moi. Elle me lança un regard qu'on donne aux femmes en porcelaine. Et c'est là que je fronçai les sourcils, mi-amusée, mi-exaspérée.

— Vous pouvez arrêter de me regarder comme si j'allais me casser en deux ? Je suis enceinte, pas en cristal de Bohême.

— On ne dit rien, rétorqua Natasha en raccrochant. On veille. C'est pas pareil.

Willing To LoseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant