La voiture glisse doucement sur l'allée bordée d'arbres majestueux. Je jette un coup d'œil autour de moi, impressionnée par le domaine qui s'étend à perte de vue. Une grande bâtisse en pierre claire se détache au loin, avec des volets en bois peint en blanc, une terrasse spacieuse et des jardins parfaitement entretenus.
— Waouh... soufflé-je, presque intimidée par la grandeur des lieux.
Carlos sourit, un brin taquin :
— Je t'avais prévenue, c'est pas mal, hein ?
En approchant, deux gardes discrets se lèvent pour ouvrir le portail, et l'un d'eux nous accueille d'un signe de tête respectueux. L'intérieur de la maison ne déçoit pas : un hall d'entrée lumineux avec un escalier en colimaçon, des œuvres d'art modernes aux murs, et une odeur délicate de bois ciré.
— Bienvenue chez les Lux, dit Carlos en me guidant vers la terrasse. C'est ici qu'on vient surtout les week-ends pour souffler un peu et... taper la balle.
Un terrain de tennis impeccablement entretenu s'étend juste derrière la maison, entouré de haies taillées au millimètre.
La porte s'ouvrit soudain, et deux silhouettes familières apparurent.
— Ah, vous voilà Valencia ! Ça fait tellement plaisir de te revoir, me lança-t-elle avec un grand sourire.
— Bonjour, Valencia, dit son père en me regardant avec bienveillance.
— Il ne manque plus que Gordon et Hermione, fit sa mère en me lançant un clin d'œil malicieux. Après ça, on pourra vraiment commencer.
— En attendant, suis-moi, je vais te trouver une tenue un peu plus sportive. Ici, on ne fait pas les choses à moitié quand on joue au tennis.
Sans vraiment me laisser le temps de répondre, elle me prit doucement par le bras et m'entraîna dans un couloir menant vers les pièces plus privées de la maison. Je la suivis, encore un peu déconcertée par cette chaleur inattendue, mais touchée de me sentir acceptée, a chaque fois que j'étais avec eux.
Au détour d'un long couloir orné de portraits familiaux, elle s'arrêta devant une grande porte en bois.
— Phil, peux-tu nous aider ? appela-t-elle.
Quelques instants plus tard, un homme d'une quarantaine d'années, élégant et parfaitement maître de lui, apparut.
— Madame, que puis-je faire pour vous ? demanda-t-il en inclinant légèrement la tête.
— Phil, j'aimerais que tu trouves une tenue adaptée pour Valencia, dit-elle en croisant les bras. Quelque chose de confortable mais digne d'une joueuse de tennis.
Il hocha la tête et nous suivit dans une pièce lumineuse où des tenues impeccablement pliées s'alignaient sur des étagères.
— Vous avez vingt trois ans, n'est-ce pas ? reprit-elle en se tournant vers moi, le ton plus sérieux.
— Oui.
— Carlos a vingt-huit ans. À cet âge, on cherche plus que des jeux. On parle d'avenir, de projets, de famille. Il vous en a parlé, j'imagine ?
Un frisson glacial parcourut mon échine. Une famille... Des enfants... Ces mots résonnaient en moi comme un écho lointain, presque étranger. Je n'avais jamais envisagé cette discussion, pas maintenant. Pas alors que tout semblait encore si fragile.
Dans le silence, je repensai à tout ce qui s'était passé entre Carlos et moi. Il m'avait menti, ou du moins, il avait caché la vérité : ce n'était pas un simple engagement professionnel pour lui, mais une obsession. Une attirance sincère, brute, qu'il n'avait jamais vraiment réussi à dissimuler. Pourtant, paradoxalement, malgré tout ce qu'on n'avait pas dit, ses sentiments envers moi avaient toujours été là, francs et visibles.
VOUS LISEZ
Willing To Lose
RomantizmUne alliance stratégique. Un faux couple. Deux héritiers sous les projecteurs. Valencia Fox n'a rien d'une fille modèle. Elle a grandi dans l'ombre d'un nom trop lourd à porter : celui de Paul Fox, son père. Quand Carlos Lux, héritier charismatique...
