— Non, Valencia. Ce n'est pas vrai. Aucun geste déplacé. Aucun abus. Rien de ce qu'elle dit n'est arrivé.
Il marqua une pause, presque lasse.
— On a les courriels, les échanges, les rapports internes, les témoignages de ses collègues. Tout est là. Mais... la presse préfère la version choc. La petite stagiaire contre le grand patron. C'est plus vendeur.
Je ne dis rien.
Il reprit, le ton un peu plus dur maintenant.
— C'est une fille paumée. Désolé de le dire comme ça, mais c'est la vérité. Elle voulait qu'on la remarque. Qu'on l'aide. Je l'ai prise sous mon aile, comme je l'ai fait pour beaucoup d'autres. Et maintenant, elle essaie de nous soutirer de l'argent. C'est tout.
Carlos le regardait, le visage fermé. Pas hostile, mais attentif. Il voulait sans doute entendre cette version lui aussi, posée, claire.
— Et on va clore cette histoire, reprit Franck. Légalement. Définitivement. Nos avocats sont sur le coup. Il ne reste plus qu'un peu de bruit. Et les médias adorent faire durer l'écho.
Il posa les yeux sur moi, plus doux.
— Je comprends que ça te touche. Que ça t'atteigne. Mais tu n'es pas mêlée à ça. Tu ne portes pas mes erreurs ni mes combats. Tu es là parce que Carlos t'aime. Parce que tu es toi.
Je n'étais pas sûre de quoi croire. Mais ce regard-là... ce n'était pas celui d'un homme qui mentait. Ou alors il était très doué. Trop doué.
Céline, derrière, reprit la parole, comme pour refermer ce chapitre en un coup sec :
— Et maintenant, on va fermer cette porte-là, médiatiquement parlant. Une photo forte, un message clair, et on passe à autre chose. La presse ne regarde qu'un drame à la fois. Alors on va leur en donner un autre.
Je regardai Carlos. Il me tendait discrètement la main. Je la pris.
Je ne savais pas si tout était vrai. Je ne savais pas si tout était faux. Mais je savais une chose : je voulais décider moi-même de ce que j'allais défendre.
Et cette fois, je le ferai à visage découvert.
Carlos se plaça à côté de moi, naturel, calme. Autour, Franck et Natalia prirent place sur le canapé, rigides mais impeccables. Gordon et Hermione se placèrent derrière, comme des sentinelles. Ma sœur resta un peu en retrait, observant.
Céline dirigea d'une voix autoritaire, mais sans excès.
— Valencia, à droite. Carlos, à gauche. Regardez légèrement vers la cheminée. Pas de sourires forcés. On veut de l'authenticité, mais maîtrisée.
Je jetai un coup d'œil à Carlos, qui hocha la tête. Pas question de jouer les poupées, mais pas question de saboter non plus.
— On fait ça vite, juste quelques clichés.
Le silence tomba, seulement troublé par le clic discret de l'appareil.
Cinq photos. Cinq instants volés. Une famille, soudée, figée pour la postérité. Quand ce fut fini, Céline souffla :
— Parfait. Ça va faire du bruit.
Carlos me prit la main, plus sincèrement cette fois.
Il me prit par la taille, me tirant doucement à lui alors qu'on quittait la pièce.
— Viens, faut qu'on aille ailleurs.
Je me laissai faire, surprise par la fermeté dans sa prise, par ce contact qui semblait à la fois me protéger et me retenir. Il ne me lâchait pas, collé contre moi, alors qu'on traversait le couloir presque désert.
VOUS LISEZ
Willing To Lose
RomansaUne alliance stratégique. Un faux couple. Deux héritiers sous les projecteurs. Valencia Fox n'a rien d'une fille modèle. Elle a grandi dans l'ombre d'un nom trop lourd à porter : celui de Paul Fox, son père. Quand Carlos Lux, héritier charismatique...
