Mes cheveux détrempés collaient un peu à ma nuque et à mes épaules tandis que je rejoignais le salon. Carlos était là, assis sur le canapé, pieds nus, un verre à la main. Il leva les yeux vers moi quand j'entrai.
Il ne dit rien, mais je vis son regard glisser sur moi, ce peignoir trop grand noué à la va-vite, mes cheveux encore humides. Pas de sous-entendu dans son regard, pas tout de suite juste ce mélange de tendresse, d'inquiétude et de quelque chose d'un peu plus brut qui brûlait en arrière-plan.
Je laissai échapper un soupir en m'affalant un peu contre lui, mes jambes repliées sous moi, mes cheveux encore humides collant à ma nuque. Mes doigts jouaient machinalement avec la ceinture de mon peignoir tandis que mon regard traînait dans la pièce.
Tout était calme. Un appartement vaste, aux lignes sobres et aux teintes chaleureuses. Des bouquins, des vinyles, des tableaux ici et là. Mais un truc me frappa soudain.
— Dis... j'sais même pas, t'as une télé chez toi ? demandai-je en tournant la tête vers lui.
Carlos tourna un peu le visage vers moi, un léger sourire étirant ses lèvres.
— Pourquoi ? T'as envie de mater un documentaire animalier ou un vieux film pourri ?
Je haussai les épaules, amusée, le même sourire en coin accroché aux lèvres.
— Non... c'était juste une question, c'est tout.
Il se mit à rire, ce petit rire grave et moqueur qu'il avait quand il se retenait à moitié.
— J'en ai une dans ma chambre, déclara-t-il. Mais attention... c'est une drôle de façon de te faire inviter, Valencia.
Je levai les yeux au ciel, un frisson me traversant pourtant à la façon dont il avait murmuré mon prénom. Son ton, son regard... c'était toujours ce mélange chez lui : tendre et indécent.
— Détends-toi, vieux pervers, marmonnai-je en esquissant un sourire.
Il se pencha à peine, frôlant ma tempe de ses lèvres.
— Trop tard pour ça.
Et il se recala contre le dossier, son bras toujours autour de mes épaules. Mon cœur fit un écart, et j'aurais été incapable de dire si c'était à cause de ses mots, de son souffle ou juste de cette foutue proximité qui rendait chaque silence chargé de sous-entendus.
— Alors, c'est pour quand l'ouverture de ta boutique ? lança-t-il, direct, sans détour.
Je haussai les épaules, un brin désinvolte.
— Bientôt. Si tout ne part pas en vrille.
— Tu sais que tu peux tout me demander, hein ? Si tu veux un coup de main pour accélérer les choses, t'hésites pas.
Je levai les yeux au ciel, exaspérée mais touchée.
— T'es vraiment ce genre de mec, hein ? Toujours à vouloir tout contrôler.
Il laissa échapper un petit rire sec, le regardant droit dans les yeux.
— Tu sais, dans les médias, t'es présenté comme ce bad boy dangereux, insaisissable, ce mec dont personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Le genre d'homme à briser des cœurs sans jamais se retourner.
Carlos fronça les sourcils, un éclat d'amusement dans son regard.
— C'est ce qu'ils racontent ? Et toi, tu y crois ?
Je haussai les épaules, mi-amusée, mi-exaspérée.
— Franchement, oui. Avant de te connaître, j'imaginais ça. Un type froid, inaccessible, un peu détestable même.
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Willing To Lose
RomansaUne alliance stratégique. Un faux couple. Deux héritiers sous les projecteurs. Valencia Fox n'a rien d'une fille modèle. Elle a grandi dans l'ombre d'un nom trop lourd à porter : celui de Paul Fox, son père. Quand Carlos Lux, héritier charismatique...
