La pièce était plongée dans une pénombre apaisante, le seul bruit était le souffle régulier de Valencia, endormie au milieu des draps en désordre. Son corps nu était partiellement couvert, sa peau encore marquée de nos excès. Je passai ma chemise, reboutonnant machinalement, incapable de détacher mes yeux d'elle. Ce visage apaisé, cette bouche entrouverte, ces cils qui frémissaient doucement à chaque respiration. Elle était magnifique. Et cette vision-là, bien plus que toutes celles de la soirée, me frappa en plein cœur. Je m'approchai sans bruit, posai un genou sur le lit et effleurai du bout des doigts sa joue douce. Un soupir discret franchit ses lèvres dans son sommeil. Elle avait l'air si fragile ainsi, loin de la femme indomptable qu'elle avait été entre mes bras il y a peu. Un léger sourire se dessina sur mes lèvres.
Je récupérai ma veste posée sur le fauteuil et restai encore une seconde à la contempler. Une partie de moi aurait voulu rester là, à la regarder respirer jusqu'au matin.
Je me penchai, déposai un baiser léger sur son front sans la réveiller puis je quittai la pièce en silence, refermant la porte derrière moi.
Il était temps d'aller régler cette histoire avec James. Mais mon esprit resterait ici, dans cette chambre, avec elle.
VALENCIA
Un frisson léger me tira du sommeil, comme une brise glacée qui s'insinue entre les draps. Mes doigts cherchaient instinctivement la chaleur familière de Carlos, effleurant l'espace vide à côté de moi. Le matelas creusé, froid. L'oreiller intact.
J'ouvris lentement les yeux dans la pénombre de la chambre, pas un souffle, pas un signe.
Je me redressai, enroulant autour de mes épaules le drap léger, encore imprégné de son odeur. L'appartement, baigné dans le silence nocturne, semblait étrangement vaste, presque vide sans lui.
Je marchai lentement, pieds nus sur le parquet froid. J'appelai doucement son prénom, ma voix brisée par l'inquiétude qui grandissait à chaque seconde.
— Carlos ?
Le silence me répondit, épais, presque palpable.
Je revins au salon, attrapai mon téléphone sur la table basse en verre, les doigts tremblants.
L'écran s'alluma dans la pénombre, éclat bleu pâle. Je composai son numéro. Le son de la sonnerie semblait résonner dans l'appartement vide, interminable.
Pas de réponse.
Une deuxième tentative, puis une troisième, mon cœur battant plus vite à chaque fois. Puis plus rien. Le silence.
Une boule d'angoisse se forma dans mon estomac. Je fermai les yeux, inspirai lentement, tentant de calmer ce tourbillon de peur qui me submergeait.
Hésitante, j'ouvris mon répertoire et appuyai sur le nom de Lana. La sonnerie, plus rassurante, brisa la tension.
— Valencia, il est tard... ?
Sa voix était encore voilée par le sommeil.
— Lana... c'est Carlos. Il est sorti, il ne répond pas... je sais pas où il est.
Le souffle qui passa à travers mon téléphone était chargé d'inquiétude. Lana s'éveilla, plus alerte.
— Il doit être avec James, il n'est pas là non plus.
Mes doigts serrèrent le téléphone.
— Tu crois ?
— ...je vais essayer de le joindre, d'accord ? Reste calme.
Je raccrochais, le silence retomba sur l'appartement. Je m'assis sur le canapé, les épaules voûtées, fixant sans vraiment voir l'écran noir du téléphone posé devant moi. L'angoisse se transformait en fatigue, une lourdeur qui m'envahissait.
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Willing To Lose
RomanceUne alliance stratégique. Un faux couple. Deux héritiers sous les projecteurs. Valencia Fox n'a rien d'une fille modèle. Elle a grandi dans l'ombre d'un nom trop lourd à porter : celui de Paul Fox, son père. Quand Carlos Lux, héritier charismatique...
