Je sens plusieurs personnes autour de moi et tourne ma tête pour apercevoir deux personnes m'observer. L'homme le plus proche s'approche et se penche assez pour que je puisse voir qu'il était brun aux yeux vert. Je l'entends me demander ce qu'il se passe, pourquoi je suis allongée par terre. Je lui réponds en essayant d'être compréhensible et je vois son regard changer, signe qu'il a compris.
J'essaye de toutes mes forces de me caler sur sa respiration comme il me l'a conseillé, cependant rien ne change, je respire toujours aussi difficilement. Je vois de moins en moins, mes yeux arrivent à peine rester ouverts, et c'est là que je sens sa main sur mon bras, cette présence m'apaise un instant et me permet de moins stressé.
Après de nombreuses respirations difficiles, je sens l'homme en face de moi me prendre dans ces bras et me porter. Je me débats pour qu'il me lâche, je ne sais pas qui ils sont ni l'endroit où ils veulent m'emmener, et s'il me connaît à cause de ma famille je suis foutue.
Lorsque l'homme aux yeux verts me dit qu'ils m'emmènent à l'hôpital, je me calme. Je n'ai pas assez d'énergie pour les battre donc je préfère attendre. Si ce sont des ennemis, je préfère garder des forces et m'enfuir au meilleur moment. Même si dans mon cas, je risque plus de faire peur à un insecte qu'à un ennemi surentrainé.
L'homme qui me porte m'installe sur ces genoux et dépose ma tête contre son torse chaud. J'essaye vaguement de suivre ses respirations tout en restant éveiller. Lorsque la voiture s'arrête je me sens soulever et déposer sur un lit. Juste après c'est le brouillard, le temps est comme mit sur pause jusqu'au moment où je me sens revenir à moi et respirer sans aucune difficulté.
Je suis allongée sur un lit d'hôpital avec un masque sur le visage. Une fois pleinement réveillé, j'appuie sur un bouton ce qui fait venir une infirmière, celle-ci m'explique ce qui vient de m'arriver. Le médecin fait irruption dans la chambre à ce moment-là et il me dit que rien de grave ne s'est ajouté à ma crise. Il me fait quelques recommandations que j'oublie à l'instant même où il sort de la pièce.
Enfin seule, je me mets à penser à mes sauveurs. Contrairement à ce que je pensais, ce ne sont pas des ennemis à ma famille. Ils auraient pu me laisser là une fois qu'ils se sont rendu compte que les secours ne viendraient pas, ou même ne rien faire, mais ils m'ont sauvé la vie. Une vie que je ne suis pas sûre de mérité.
Je n'ai rien sur moi pour les remercier. Je regarde si une chose dans cette pièce puisse m'aider et à pars une couverture, une carafe d'eau et un vase de fleurs, aucun de ces objets ne me permet de trouver une idée. Puis je dirige mon regard vers ma table de chevet, je vois un carnet avec un crayon. Je me penche et prends le carnet. Je réfléchis un instant puis écrit, je découpe ensuite la feuille en plusieurs bouts et repose le carnet comme s'il n'avait pas été utilisé.
Dès que je me suis senti capable de marcher, je pus sortir de l'hôpital grâce à William. Je suis allée remercier mes sauveurs et leur ai offert un cadeau en guise de remerciement.
Ce n'est que lorsque je me suis éloigné d'une vingtaine de mètres d'eux que je sors mon téléphone et appelle les frères. Juste après avoir réussi à les joindre, je m'assois sur un des murets de pierres et attends que l'on me ramène chez moi. Une voiture noire au verre teinté se présente à moi, et ce n'est que lorsque je vois le visage de Jake que je m'approche de la voiture et monte dedans.- Que s'est-il passé ? Pourquoi je viens te chercher à l'hôpital ? demande-il inquiet
- J'ai fait une crise, répondis-je lasse
- Encore ?
- Oui
- Ce n'est pas la première fois que tu en fais, pourtant c'est la première fois que tu finis à l'hôpital. D'habitude tu n'arrives pas à ces extrêmes, constate Jake en analysant la situation
- Je n'avais rien pour m'aider, tout est resté à la maison
- Et tu es sortie sans t'en rendre compte ? enchaine-t-il surpris
- Visiblement oui, fait une voix dans mon mes
Je me retourne vivement et vois que Tyler est lui aussi dans la voiture. Je ne l'ai pas senti et cela m'inquiète. Eux aussi ont remarqué que j'ai été surprise de l'entendre, et sont aussi étonnés que moi de voir que je ne me suis aperçu de rien.
- Que se passe-t-il Elena ? Tu es sûr que tu aurais dû sortir de l'hôpital ? Tu ne te serais pas fait autre chose ? s'inquiète Tyler
Je me décide alors de tous leurs raconter en détail, ma crise, la chute, l'aide des inconnus et mon cadeau en retour. A la fin de mon récit, ils sont dans leurs pensées et j'attends avec impatience leurs avis sur la situation.
- Bon, dit Jake d'un ton confiant, on va mettre ton inattention et ton temps de réaction très lent sur le compte de la crise et de la fatigue. Mais si tu sens que tout ne reviens pas à la normale, on contactera le docteur Andrews
Satisfaite de sa conclusion, on repart tous les deux au manoir tandis que Tyler s'occupe de ma moto. Arrivé à la résidence je leur demande de tout raconter à mon père, tandis que je monte dormir dans ma chambre ne tenant plus debout.
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Je descends dans le salon et suis accueilli par deux frères en colère. Cette fois-ci, je parle de mon père et de mon oncle, ils n'ont que quelques années d'écart mais se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Tous deux grand et musclé, avec une peau qui garde encore le bronzage de cet été et des yeux bleu glacier. La seule différence réside dans leurs couleurs de cheveux. Mon oncle est plus jeune que mon père et a des cheveux de jais sans aucun fil argenté.
Dès que je m'approche d'eux, je perçois une aura de colère qui ne diminue pas en ma présence, mais qui ne fait qu'augmenter. Je me sens comme une enfant fautive après avoir fait une bêtise, alors que je n'ai rien fait qui justifie cette attitude à mes yeux.
Je leur souhaite le bonjour et ne reçois aucune réponse. Dès que je m'installe à table et que je me sers parmi les restes du petit déjeuner, les deux hommes explosent.
- Elena, peux-tu me dire pourquoi tu as fini à l'hôpital hier ? s'exclame mon père furieux
- Il se pourrait, et je dis bien il se pourrait, que j'aie oublié mes médicaments en sortant, annonçais-je calmement
- Et qu'est-ce qui justifie un tel oubli ? rétorque Edouard, me reprochant mon attitude
- Rien, et de toute manière je n'ai pas besoin de me justifier. Jusqu'à preuve du contraire je suis majeur et capable d'assumer mes erreurs, répliquais-je durement en buvant ma tasse de café
- On sait que tu es capable de te gérer toute seule, mais as-tu pensé à ce qu'il se serait passé si tu n'avais pas eu de l'aide ? Si c'était des ennemis tu aurais fait comment ? Si finalement tu étais morte ? Je ne veux pas qu'un de mes enfants meure et encore moins toi Elena. Tu dois comprendre que bientôt il ne s'agira plus de toi, mais de la famille, de l'organisation et de l'entreprise, réplique mon père avec froideur. Ton frère est trop jeune pour diriger. Et notre clan ne doit pas tomber parce que tu décides de faire des folies en connaissance de cause et sans faire attention aux conséquences
- Je comprends bien la situation père, répondis-je machinalement, lasse d'entendre ses reproches
Je finis ma tasse de thé et sors vite de la salle à manger. Considérant que j'avais fait assez de choses hier, je décide de passer le reste de la journée à la maison en attendant l'heure fatidique de l'arrivée de nos invités.
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Mafia la Rose des Vents
ActionDeux personnes, Elena, l'héritière d'une organisation secrète qui n'a d'autre choix que de suivre la voie de sa famille. Et William, membre éminent du FBI qui est autant impacté qu'elle par la tradition. Deux vies, séparées par le fossé de la loi. D...