Un policier voulut parler à Elena mais je lui coupe le chemin, je veux vérifier qu'elle va bien. Une fois à son niveau elle m'observe en demandant qui je suis, puis elle se souvient de moi et tente de dire mon prénom. Sa toux l'en empêche.
J'essaye de la raisonner pour qu'elle aille voir un médecin, elle en a bien besoin. Mais têtue comme a l'air de le montrer, elle ne me répond pas et continu en direction du groupe que j'ai voulu approcher.
Toussant à s'en arracher les poumons et tenant à peine sur ses jambes, c'est sans surprise qu'elle s'écroule sur le sol. Je la rattrape et la prends dans mes bras pour l'approcher de sa famille.
Son contact m'apaise, pourtant tout aurait dû rendre ça repoussant et détestable. L'odeur du sang, dû brûler, la suie ou encore son sang chaud sortant de ses blessures qui s'étalent sur mes vêtements, mais rien de tout cela ne me fait moins plaisir.
Lorsque sa famille l'aperçoit dans mes bras je ne peux plus faire demi-tour, je la fais descendre et les laisse seuls.
J'aurais pu écouter d'une oreille discrète ce qu'ils se disent, mais rien de ce qu'ils discuteront ne m'est étranger. Je connais les noms de tous les blessés, le nombre de morts, et où est-ce qu'ils ont été envoyés. Et rien en l'état actuel des choses ne permet de savoir qui est responsable. Que les pompiers déclarent que c'est un incendie volontaire ou non, nous devrons mener l'enquête.
Alors je retourne à l'avant-poste et rejoins mes collègues qui brandissent les preuves qu'ils ont trouvées comme des lingots d'or. Nous répertorions ce que nous avons trouvé, et chacun commence à écrire ce qu'ils ont pu voir ou entendre cette nuit.
Tous les rapports vont être analysés à la loupe et décrypter, nous devons donc être les plus fidèles possible. Mais il est clair que lors d'événements comme celui-ci, nous ne sommes pas là à fixer notre montre pour noter précisément à quelle heure nous avons avancé d'un pas ou reculé.
Les ambulanciers passent le barrage et sortent du quartier, tandis que les journalistes essayent de prendre une photo du manoir, de leur point de vue très éloignés de la scène. Les pompiers de leur côté ont éteint les dernières flammes et rangent leurs matériels. Plusieurs de mes hommes sont encore dans le jardin, à la recherche d'indice supplémentaire.
Jusque-là je n'entends que le chuchotement des curieux ou les lamentations des journalistes qui attendent une info à dévoiler au monde. Mais le ton change, d'un coup les flashs des appareils photo se mirent à mitrailler les courageux qui sortent du portail.
On m'appelle pour les accueillir et c'est sans surprise que je me retrouve face à Elena. Mon seul étonnement est lorsque j'aperçois une ombre derrière elle. Le même homme qui a sauvé l'enfant se tient près d'elle, prêt à attaquer quiconque s'approche de trop.
Je veux rester sur le terrain et avoir la possibilité d'enquêter en toute liberté, mais comme je m'y attends ce n'est pas son souhait. Elle m'ordonne de nous retirer de chez elle si je ne veux pas avoir de soucis. Je suis son conseil et demande à mes hommes de quitter leur poste et de rentrer à l'agence.
Lorsqu'elle se lève pour repartir, je suis peiné de voir qu'elle souffre autant, même si elle ne laisse rien paraitre. Son protecteur ou ami l'aide du mieux qu'il peut, sans pour autant laisser croire qu'elle en a besoin. Ils ont tous deux un vrai talent pour cacher leurs émotions.
Pendant notre discussion, on aurait pu croire qu'elle a parlé avec difficulté ou encore que sa position laisse entendre qu'elle se trouve dans une situation délicate, qui nécessite douceur et négociation. Pourtant la seule sensation que j'ai eue lorsqu'elle parlait, c'est que je n'ai pas d'autre choix que de faire ce qu'elle me demande. Ou alors d'y laisser ma peau dans le cas contraire.
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Mafia la Rose des Vents
ActionDeux personnes, Elena, l'héritière d'une organisation secrète qui n'a d'autre choix que de suivre la voie de sa famille. Et William, membre éminent du FBI qui est autant impacté qu'elle par la tradition. Deux vies, séparées par le fossé de la loi. D...