Chapitre 2

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Louis se réveilla tôt, trop tôt, alors que les premiers rayons du soleil perçaient tout juste entre les nuages amoncelés au dessus de la ville. Donc beaucoup trop tôt pour un samedi matin. Il tenta de se convaincre qu'il ne savait pas pourquoi il s'était réveillé si tôt. Mais Louis était un homme intelligent, et il savait ce que signifiait la drôle de sensation qui tremblotait dans son ventre. Et il savait que tout cela était la faute d'Harry. D'Harry et de cette foutue visite de New York.

Comment faisait-on seulement visiter New York à quelqu'un ? Pour bien faire, ça prendrait des années.

Après y avoir passé presque la moitié de sa vie, Louis n'était pas sûr de bien connaître la ville. Alors pour la faire visiter... En outre, Louis supposait — à juste titre — qu'Harry n'avait certainement pas besoin de lui pour se balader à Time Square, s'il ne l'avait pas déjà fait. A vrai dire, Louis était lui-même assez peu désireux de se balader à Time Square un samedi. Il tenta donc d'éliminer de son esprit tous les sites hautement touristiques auxquels il pensait lorsque l'on mettait visite et New York dans la même phrase. Il n'était toutefois pas contre l'idée de se promener à Central Park. Il farfouilla dans son esprit pour trouver un parcours de visite qui fasse sens sans y inclure les lieux qui attiraient les regards du monde entier, le genre d'endroit que l'on avait déjà vu mille fois en photo avant de les voir en vrai. Qui que l'on soit.

Louis ne trouva rien et cela ne fit qu'empirer la sensation curieuse qui démangeait ses entrailles. Il soupira en regardant son plafond dans le blanc des yeux. Peut-être que la statue de la liberté était une bonne idée finalement.

Il finit par se lever en se disant que les bonnes idées venaient en mangeant. Il ne savait plus bien qui lui avait dit cette connerie mais c'était sûrement Zayn ou Charlotte, sa sœur avait le don d'inventer des proverbes stupides de cet acabit.

Quoi qu'il en soit, Louis se leva et mis en marche la bouilloire pour émerger. Il observa la ville à travers sa fenêtre, attendant que l'eau chauffe. Tout était gris, les façades rougeâtres des immeubles ternies par les nuages sans reflet, la rue, le ciel. Louis avait froid rien qu'à l'idée de mettre le nez dehors. Et pourtant, les souvenirs tenaillants du sourire et des yeux d'Harry ne lui permettait pas un instant d'envisager d'annuler.

L'eau se mit a bouillir, la bouilloire sifflant avec force. Louis se servit une tasse et ne s'autorisa pas à penser aux conséquence de cette journée avant d'être devant le bar, deux heures plus tard.

Si Louis n'avait pas déjà compris qu'Harry lui plaisait irrévocablement, il l'aurait compris à cet instant. Harry portait une chemise à motifs qui comportait plus de boutons ouverts que de boutons fermés, un jean noir tellement serré qu'il laissait peu de place à l'imagination, des converses noires. Et pour couronner le tout, une paire de lunettes de soleil était posée sur le sommet de son nez. Son appareil photo était également pendu à son cou, lui donnant légèrement l'air d'un touriste, ce qui n'aurait pas dû être aussi adorable.

Louis savait que s'il avait eu trois ou quatre ans de moins, il aurait sûrement rougi rien qu'à la vision qu'Harry lui offrait. Le regard d'Harry vagabondaient entre les voitures qui défilaient devant ses yeux, sa posture était calme et confiante. Puis il posa ses yeux sur la silhouette de Louis qui s'approchait et un sourire fendit son visage en deux, chassant les nuages grisonnants qui menaçaient la ville. Louis sentit son cœur faire un bond en réaction au sourire aveuglant qui était tranquillement installé sur les traits doux d'Harry.

Louis parcouru les deux derniers mètres qui les séparaient et salua Harry poliment. Trop poliment. Trop froidement se blâma-t-il. Dans un effort pour ne pas paraître trop enjoué, il s'était comporté comme un homme mûr, brimé par les années, à deux doigts de lui serrer la main.

Far Away.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant