(Nda : j'ai encore réussi à prendre de l'avance, je poste donc aujourd'hui en plus du chapitre qui sortira demain)
Louis sortit de la bibliothèque universitaire sur les coups de quatorze heures. Il tenta d'ignorer la fatigue plombante qui lestait ses membres et se dirigea vers la station de métro la plus proche pour se rendre au bar où il travaillait. Son service commençait tôt le lundi, ne lui laissant aucun répit.
Jusqu'à dix-sept heures environ, Louis servit des verres de bière et des salades césar de manière désintéressée. Entre les quelques rares moments où il entrait en interaction avec les clients, Louis songeait au temps qu'il lui faudrait pour se remettre d'un simple coup d'un soir. Il vint rapidement à la conclusion qu'il lui faudrait bien plus de temps qu'il n'était acceptable. Mais Harry n'était pas un simple coup d'un soir, n'est-ce pas ?
Non, il ne l'était pas, loin de là même.
Aux alentours de dix-sept heures, Louis entendit la clochette de l'entrée du bar tinter pour la énième fois de la journée. Il ne prit pas la peine de redresser la tête, concentré sur la pinte qu'il était en train de servir. En vérité, il ne savait même pas comment il avait fait pour entendre le son, certes aiguisé mais tout de même faiblard de la clochette.
« Lou ? », appela quelqu'un, et Louis releva brusquement la tête à l'entente du timbre doux et grave auquel il s'était drôlement vite habitué. Louis posa ses yeux sur la silhouette d'Harry, il prit rapidement en considération la manière presque insolente dont il était habillé, vêtu d'une chemise dont la plus grande partie des boutons étaient défaits. Harry souriait, il sourirait d'une façon qui laissait penser que lui n'avait pas passé son lundi à gamberger.
Louis ne se rendit compte qu'il était parti ailleurs que lorsqu'il sentit un liquide froid et pétillant couler sur son poignet. Il jura avant de s'occuper des dégâts causés par son manque d'attention. Il cru entendre Harry glousser dans le brouhaha ambiant, mais il ne pouvait pas en être sûr.
Quelques minutes plus tard, lorsque Louis eut fini de nettoyer et servit le client qui attendait, il releva son regard sur la figure éblouissante d'Harry, simplement assis sur l'un des tabourets du bar. « Ça va ? », demanda Harry pour engager la conversation. Louis soupira brièvement, sentant une vague diffuse de soulagement envahir son corps.
Harry était revenu.
Une part de lui avait envie de hurler que non, ça n'allait pas, qu'on ne disparaissait pas comme ça, qu'on prévenait. Mais il savait pertinemment qu'il n'avait pas son mot à dire sur la façon dont Harry avait de gérer ses relations. Il ne lui devait rien, littéralement.
« Ça va, et toi ? », répondit alors Louis en plantant ses yeux dans les deux émeraudes qui dansaient devant lui. Harry sourit un peu plus grand encore en hochant la tête. « Dis-moi Lou ? »
Louis fut alors interrompu par une cliente qui lui demandait une nouvelle bière. Il offrit un regard d'excuse à Harry avant de servir la jeune femme. Lorsqu'il revint vers Harry, celui-ci semblait explorer l'endroit avec ses yeux. Il devait le connaître par cœur à force d'y passer ses soirées. Et pourtant, il posait toujours un regard attentif, curieux, quasi-captivé sur les lieux. Louis le soupçonnait d'observer les gens plus que l'architecture peu élégante du bâtiment.
« Excuse-moi, tu disais ? », s'enquit Louis, tirant Harry de cet endroit dans sa tête où il semblait parfois s'en allait. « Ah, euh... oui ! Tu- tu as un truc prévu ce soir ? », proposa Harry, un éclat de timidité vibrant dans le fond de sa voix. « Pas encore », répondit Louis en levant un sourcil espiègle. Lui-même se demandait comment il faisait pour refouler le tumulte qui dansait dans ses viscères. Les joues d'Harry rosirent ô à peine, tandis qu'il regardait le visage de Louis avec une intensité telle que ce dernier cru qu'on lisait dans son âme. « Je peux t'emmener quelque part ? »
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Far Away.
FanfictionLouis connait New York, il y connait les rues et les stations de métro et la démarche des gens. Il y connait l'hiver, froid et gris et interminable. Infernal. Louis aimerait y mettre fin, à cet hiver qui frissonne jusque dans ses méninges, glaçant...
