Il apparut que Malefoy était vraiment drôle, et avec lui et Pansy qui s'envoyaient des blagues sans arrêt, Ron n'avait pas ri aussi fort depuis une éternité. Ou du moins, il n'avait pas ri si fort en étant sobre depuis une éternité. Zabini était toujours autant un mystère qu'à Poudlard. Il parlait peu, mais quand il ouvrait la bouche c'était pour dire quelque chose de brillant qui faisait taire les deux autres l'espace d'un instant. Ils avaient tendance à s'entraîner l'un l'autre et Zabini les laissait faire jusqu'à un certain point et les coupait avant que ça ne s'envenime.
Ron se leva pour débarrasser et fut surpris de trouver Malefoy juste derrière lui. Il ferma la porte de la cuisine après être entré.
« Je suis désolé, dit-il. Pour ton frère. »
Malefoy lui tendit la main. Ron en fut si stupéfait qu'il laissa tomber toutes les assiettes en équilibre sur son bras.
« Ron ? entendit-il Pansy glapir.
— C'est rien. J'ai juste fait tomber quelques assiettes, cria-t-il en retour. »
Bien. Se pardonner. Pardonner aux autres.
Il tendit son bras et ils échangèrent une poignée de mains. Malefoy jeta un Reparo, déposa les assiettes dans l'évier avant de jeter un sort de silence.
« Weasley, Pansy est comme une sœur pour moi. Je connais des sorts qui te feraient regretter de n'être pas mort durant la bataille de Poudlard. Si tu lui fais du mal, je te le ferai regretter. »
Si Ron avait toujours eu les assiettes en main, elles lui auraient échappé à nouveau.
« C'est quoi ton délire, Malefoy ?
— Elle a connu suffisamment de types qui voulaient juste un trou où fourrer leur queue. Tu lui fais ça, tu peux te préparer à vivre dans la paranoïa pour le reste de tes jours. »
Malefoy leva le sort de silence.
« Mainenant que ça c'est fait, j'aimerais qu'on parle de ce job pour les Canons. Je pense que tu serais parfait. »
***
Une routine s'installa les weekends. Ils se levaient tôt, allaient à une réunion, et puis pendant qu'il s'occupait de réparer les dégâts causés par l'incendie, Pansy passait la majeure partie de sa journée dans la serre ou le jardin avant de s'occuper du dîner. Quelquefois Harry venait donner un coup de main, quelquefois Percy (qui n'était pas fan de Pansy mais avait ses propres erreurs à rattraper). Son père venait l'aider tous les samedis et insistait pour tout faire avec des outils moldus. Au bout d'un mois, Ron était devenu le dieu des pistolets à clous.
Tout n'était pas rose. Pansy avait vraiment un caractère de merde, mais heureusement, elle n'était pas du genre à faire la gueule. Elle explosait et c'était fini. Et puis il y avait toujours des jours où il restait des heures au téléphone avec son nouveau tuteur. Mais il restait sobre, passait les jours un à un et commençait à comprendre, pour la première fois, qu'il serait toujours alcoolique mais qu'il n'avait pas besoin d'être alcoolo.
Ils ne sortaient pas, sauf pour les réunions et un repas de temps en temps chez ses parents. Vu que la grande-tante de Pansy était une Cracmol, il y avait une télévision dans la maison. Ils passaient la plupart de leurs soirées à regarder des films qu'ils louaient dans un village moldu pas loin. La premières fois qu'ils étaient parti chercher des DVD, Ron s'était attendu à souffrir en silence pendant le temps du film merdique que Pansy choisirait avant de pouvoir s'étourdir de deux heures de ce que l'Amérique pouvait offrir de plus violent. Hermione voulait regardait des conneries suédoises existentialistes où tout le monde voulait se tuer à la fin – ou au moins, Ron voulait les tuer pour abréger leurs souffrances – ou des comédies romantiques françaises peuplées d'actrices que Ron ne trouvait pas le moins du monde attirantes et qu'il ne comprenaient pas parce que, bordel, elles parlaient français, et s'il avait voulu lire un film il aurait loué un livre. Ron retrouva Pansy au comptoir, elle tenait « Pulp Fiction » d'une main et « Kill Bill » de l'autre.
Lorsque les vacances de printemps arrivèrent, il était revenu à une réunion par jour. Il avait repeint les chambres des gosses et Pansy s'était occupé d'accrocher de nouveaux rideaux pour que ce soit comme neuf pour les vacances. Il avait retapissé la cage d'escalier avec un papier à motif fleuri qui était trop féminin pour lui, mais ça plaisait à Pansy et c'était sa maison. Hugo ne lui parlait toujours pas. Fidèle à sa parole, il écrivait aux enfants chaque semaine. Rose lui répondait par des lettres enjouées ; Hugo ne répondait jamais. Il n'avait pas le courage de demander à Rose s'il les lisait ou s'il se contentait de les jeter dans la cheminée.
Il emmena Rose en vacances à New York. C'était la fille de sa mère. Il la suivit de bonne grâce à travers le Metropolitan, le Cloisters et même un endroit affreux appelé le Guggenheim avec les tableaux les plus horribles qu'il ait jamais vu, à l'entendre pousser des ooh et des ahh. Elle ressemblait tellement à Hermione ado qu'il fut au bord des larmes pendant tout le voyage.
Il revint de New York pour trouver le jardin couvert de crocus, de tulipes et de jonquilles.
Un après-midi vers la fin du printemps, alors que les digitales se balançaient dans la douce brise et que les roses menaçaient d'éclore d'une seconde à l'autre, il sortit pour dire à Pansy que le thé était prêt et s'arrêta net en la voyant. Elle portait ses vieux vêtements de jardinage – son tee-shirt était tâché par une auréole de sueur sous les bras et dans la vallée entre ses seins, elle ne portait pas de soutif si bien que sa poitrine énorme tombait sur son ventre, ses cheveux étaient retenus par un foulard noué, il y avait une trace de terre sur sa joue – elle avait une dégaine abominable. Et absolument merveilleuse. Ron porta une main à sa poitrine pour contenir la chaleur, l'envie, le désir, la tendresse qui s'étaient emparés de lui tout à la fois.
Bon Dieu, il était en train de tomber amoureux de Pansy Parkinson.
« Pansy, il faut que je... Hermione. »
Il agita la main. Juste avant de transplaner il eut le temps d'apercevoir un éclair de désespoir profond sur son visage.
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Électrique
FanfictionVoici sous vos yeux ébahis par ce pairing incongru, un mini recueil de Ron/Pansy qui comptera, a priori, 2 fics assez courtes chacune.
