Parkinson lui passa un téléphone portable.
« Tu ne m'appelles pas, je transplane chez toi et je te fais bouffer ce putain de portable. Pigé ?
— Pourquoi j'ai besoin d'un téléphone ? C'est vachement moldu je trouve. Pourquoi pas des hiboux ? marmonna-t-il. »
Elle souffla, et ses épaules se soulevèrent pour retomber brusquement, ce qui sous-entendait clairement qu'il était totalement abruti.
« Donc, c'est moldu, juste comme le concept des étapes. L'alcoolisme, c'est pareil pour tout le monde, nom de Dieu, Weasley. On fait comme ça parce que ça marche. Parce que parfois, tu peux tenir juste une minute de plus, et le temps qu'il faut pour que ton hibou me parvienne ? Tu peux te descendre deux bières. »
Elle le regarda de haut en bas. Il avait une petite bedaine de buveur de bière.
« Toi ? Peut-être trois. Je me fous de ce qui se passe dans ta vie. Tu m'appelles. Après trois mois, si je pense que...
— Si tu penses.
— Tu n'es pas en position de décider de quoi que ce soit. Si je pense que tu fais des progrès, alors on descend à une fois tous les deux jours. Et tu viens aux réunions. Tous les jours. Je dis bien tous les jours. Tu t'assois et tu écoutes les autres dire « j'ai passé une journée de plus sans boire ». Tu profites de cette victoire en faisant partager ta propre victoire.
— Tous les jours ? Bon sang ! »
Ça ne marcherait pas. C'était comme une prison de la sobriété.
« Tu buvais tous les jours, non ?
— Pas tous les jours, protesta-t-il.
— Certaines personnes ne boivent pas tous les jours. Ils fonctionnent par périodes. Ok pendant deux semaines et ensuite raide-morts pour trois jours. Et puis le cycle recommence. Quel genre d'alcoolo tu es, Weasley ? »
Il se raidit. À cause de l'usage du présent. Parce qu'il n'était pas un alcoolo. Il aimait juste bien boire. Et ouais, dernièrement, il s'était retrouvé au pub un peu trop souvent, peut-être la plupart des soirs, mais il aimait jouer aux fléchettes et parler Quidditch...
En réponse à ses sourcils levés il marmonna :
« Tous les jours.
— Ok. Dis-toi que tu rembourses. Il est temps de déboire chaque jour. Je me tapais ma bouteille par jour. »
Elle posa sa main sur la sienne. Sa paume couvrait à peine ses phalanges. Elle avait été petite et menue à onze ans, et elle était restée petite et relativement menue. À la rentrée après leur cinquième année, elle n'était pas revenue plus grande, mais elle avait désormais des hanches, une taille formée, et ce qu'il fallait de nichons. Ron devait admettre que s'il ne l'avait pas connue, elle l'aurait physiquement attiré – mais même les seins les plus parfaits du monde ne pouvaient compenser cette personnalité.
L'âge avait ajouté un peu de poids, mais il aimait les femmes qui avaient des formes. Quand elle était à Poudlard, Parkinson s'était toujours baladée avec la moitié des boutons de sa chemise ouverts, exposant son décolleté comme si c'était jour moins un avant l'apocalypse. Maintenant elle était aussi conservatrice qu'Hermione dans son pull en laine et sa jupe en tweed. Même comme ça, tout le tweed du monde ne pouvait pas cacher chez elle quelque chose de sexy d'une façon solide, adulte. Si elle ne se privait pas de pudding, d'ici dix ans elle serait bien ronde et aurait encore plus de courbes. Un peu comme sa mère. Mais ses mains étaient toujours petites et délicates.
Elle enroula ses doigts autour de ses mains et serra fort. Qu'est-ce que... ? Il baissa les yeux et vit que le dos de sa main était recouvert d'une gigantesque cicatrice. Elle en traversait l'entière longueur et disparaissait sous la manche de son pull. Comment avait-il pu manquer ça ? Sa mâchoire se décrocha avant qu'il ne referme vivement la bouche.
« Je sais. Tu n'es pas un alcoolo. Tu aimes juste prendre un verre de temps en temps. Les gens ne comprennent rien. C'est juste histoire d'aller au pub et voir les potes. Cette cicatrice remonte tout le long de mon bras et couvre une partie de mon dos. J'ai touché le fond il y a cinq ans. Je me suis écroulée devant la télé avec une cigarette dans la main. Mon gosse de dix ans est arrivé en courant dans le salon quand il a entendu mes cris et il m'a vue en feu. Non, Weasley, j'étais pas une alcoolo. J'aimais juste prendre un verre de temps en temps. Genre toutes les nuits. Les gens comprenaient pas. J'aimais bien me boire une bouteille – ou trois – avec mon repas. Mon fils a été assez intelligent pour me frapper avec un oreiller et étouffer les flammes sur moi, mais le feu s'était déjà étendu aux meubles et avait presque détruit la moitié de la maison. Je nous ai fait sortir tous les trois, mais c'était pas loin. Je ne pouvais pas transplaner car la liche avait niqué ma magie. J'ai eu de la chance ; j'ai pas perdu mes gosses. Tu as eu de la chance ; Potter n'est pas mort. Certains réveils sont plus brutaux que d'autres. »
Ron ne trouva rien d'autre à faire que hocher la tête. Elle lâcha sa main, réclama davantage de café au serveur, et alluma une cigarette.
« J'aimerais pouvoir arrêter ça aussi. »
Elle tira une grande bouffée et expira la fumée dans un soupir satisfait. Il s'efforça avec beaucoup de détermination de ne pas regarder le dos de sa main quand elle la releva pour prendre une autre bouffée.
« Un vice à la fois. La sobriété me prend toute mon énergie. »
Ça ne s'améliorait pas ? Ça ne s'en allait pas ? Vous tiriez votre temps, vous alliez aux réunions, vous buviez du jus de citrouille et, apparemment, du café, jusqu'à carrément vous noyer dans tous les liquides sauf celui que vous vouliez ? Pour toujours ?
Son désespoir dut se voir sur son visage car elle lui fit un petit sourire.
« Tu seras toujours alcoolique, Weasley, mais tu peux arrêter d'être un alcoolo. Maintenant, si tu sens que tu ne peux pas tenir une seconde de plus sans un verre, tu m'appelles. J'arrête tout ce que je fais, et je transplane là où tu es. Tu ne prendras plus une goutte si j'ai mon mot à dire. »
Elle pointa sa cigarette dans sa direction.
« S'il le faut, je te balancerai un Stupéfix. »
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Électrique
FanfictionVoici sous vos yeux ébahis par ce pairing incongru, un mini recueil de Ron/Pansy qui comptera, a priori, 2 fics assez courtes chacune.
