Une chose pour laquelle il était reconnaissant, c'est qu'il n'avait pas à faire semblant avec Parkinson. Ce qui lui fit réaliser que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été honnête avec Hermione.
Il disait ce qu'il pensait, il se moquait bien de heurter ses sentiments. Non, ce n'était pas exactement ça. Il n'était pas en train d'essayer de heurter ses sentiments, c'est juste qu'il pouvait parler sans s'inquiéter de ne pas dire ce qu'il fallait.
Comme ce matin, quelques semaines auparavant, où il avait été en retard pour son coup de fil du matin. Elle avait appelé et commencé à lui gueuler dessus, y allant vraiment fort, jusqu'à ce qu'il se mette à hurler en retour :
« Espèce de vieille conne, tu vas la fermer ? J'ai cinq minutes de retard parce que je me suis coupé en me rasant. Je suis pas en train de m'en descendre un. J'essaie de me jeter un sort cicatrisant et je suis nul en sorts cicatrisants et on dirait que j'ai juste fait le contraire et je suis en train de pisser le sang dans la salle de bain. Okay ? »
Et au lieu d'être chiante, elle s'était mise à rire.
« Mon Dieu, être une petite souris et pouvoir voir ça... »
Et elle avait raccroché.
Elle le retrouvait chaque jour après le travail pour les réunions. Quand Hermione était absente, ils dînaient ensemble dans une quelconque brasserie moldue et s'asseyaient autour d'un déca jusqu'à ce qu'il soit tellement crevé que tout ce qu'il ait envie de faire soit de transplaner chez lui et s'écrouler dans son lit. Pour la première fois, il commença à être honnête avec lui-même sur son problème d'alcool parce que quand il lui disait quelque chose, elle avait toujours une histoire similaire ou, au moins, comprenait. Elle n'était pas dégoûtée ou horrifiée et ne l'appelait pas « Ronald » sur ce ton.
Il lui raconta comment quand il buvait il ne se sentait plus le dernier maillon de la chaîne. Il savait que ses parents l'aimaient, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander si sa mère l'aurait autant pleuré qu'elle avait pleuré – continuait à pleurer – Fred. Combien il aimait Harry ; qui n'aimait pas Harry ? Il était un ami génial, un patron équitable, et un mari formidable pour Ginny. Mais quand Harry était dans une pièce, c'était comme si Harry était la seule personne dans cette pièce. Et si Harry n'était pas dans la pièce, c'était Hermione. Il était soit le meilleur ami d'Harry Potter, soit le mari d'Hermione Granger. Quand il buvait, il se sentait être Ron Weasley.
Il se retrouvait à lui dire des choses qu'il n'avait jamais avouées, même à lui-même. Si quelqu'un lui avait dit, six mois auparavant, qu'il deviendrait ami avec Pansy Parkinson, il se serait écroulé de rire.
Amis ou pas, elle ne lui faisait pas de cadeaux. Jamais.
Trois semaines après le début de sa sobriété ils étaient assis dans un café, à finir une pizza pas terrible, et elle lui avait dit :
« Laisse tomber, Weasley. Arrête d'essayer de me faire du charme. Je suis ta tutrice et je compte le rester. Tu ne feras pas de moi ta pote de beuverie. »
Ce qui était exactement ce qu'il avait été en train de tenter car il devenait dingue. Compter les secondes jusqu'à la fin de la journée de boulot. Compter les secondes jusqu'à ce que Parkinson le rejoigne à l'extérieur du Ministère. Compter les secondes jusqu'à la fin de la réunion pour qu'il puisse soit transplaner chez lui soit aller manger un morceau dans un café. Sa vie maintenant c'était juste passer d'un bloc de temps à un autre, à se concentrer uniquement sur ce qu'il avait à faire, parce que s'il n'était pas obsédé par ce mémo à finir, mettre un pied devant l'autre, ou tailler cette haie carrément à ras, il serait en train de boire.
Il voulait un verre si fort que ses lèvres étaient gercées à force de passer sa langue dessus, sachant que c'était complètement stupide, mais se disant, espérant à mort qu'au prochain coup de langue il aurait juste un peu le goût de l'alcool.
Ron avait un charme brut sur lequel il avait travaillé ces derniers jours. Parkinson était une garce, pas de doute là-dessus, mais elle avait un mordant qu'il appréciait, et il aurait parié qu'elle était explosive une fois partie. Il y avait un pub qui avait l'air sympa pas loin de la salle de réunion. Peut-être qu'ils pourraient y prendre juste un verre. Quel mal ça ferait ?
« Ça nous mettrait minable à un point que tu aurais du mal à imaginer. Je sais que tu es dans une mauvaise passe. Les premiers mois sont vraiment durs. »
La sympathie dans sa voix le fit grimacer. Elle releva la manche de son pull.
« Ironique, non ? J'ai jamais eu la Marque, et pourtant, voilà que j'ai une marque à moi. Chaque fois que j'entends quelqu'un ouvrir une bouteille de vin, mes lèvres frémissent. Alors je remonte ma manche. Regarde, Weasley. C'est ça, la raison. Un verre deviendrait deux, et puis trois, et avant que tu t'en rendes compte on serait tellement faits qu'on se pisserait dessus parce qu'on serait trop bourrés pour atteindre les chiottes. »
Il hocha la tête et vida son café parce qu'il fallait qu'il boive quelque chose ou il deviendrait taré
« Pourquoi tu as envoyé tes gosses à Beauxbâtons ? »
C'est pas qu'il avait quelque chose contre les Français, Fleur s'était vraiment montrée très bien avec Bill après l'attaque de Fenrir. Mais il se rappelait que les filles de Beauxbâton avaient été plutôt hautaines.
« J'ai jamais eu de lettre de Poudlard pour eux. »
Une fois le choc passé, il insista :
« Tu blagues, hein ?
— Bon sang, vous les Gryffondor... Vous avez inventé le mot naïf ou quoi ? Comme si mes gosses allaient recevoir une lettre d'invitation. Etre prête à sacrifier votre Potter à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a un peu zigouillé cette possibilité. Si je prenais feu, McGonagall rajouterait probablement un Incendio pour que les flammes soient plus fortes. Pourquoi tu penses que je bosse dans cette boutique de merde ? La plupart des gens font comme si j'existais pas, Weasley. Mon ex est français et il est ravi que les gosses soient à Beauxbâton. Ça leur plaît et ça semble correct ; mais qu'est-ce que j'en sais ? Tu étais à l'école avec moi. J'ai à peine réussi à avoir mes BUSEs. »
Elle avait une façon de déclarer les choses. Elle ne demandait pas qu'on la plaigne ou qu'on la console, elle les disait juste. Il se demandait si c'était un truc de Serpentard ou un truc de Parkinson.
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Électrique
Fiksi PenggemarVoici sous vos yeux ébahis par ce pairing incongru, un mini recueil de Ron/Pansy qui comptera, a priori, 2 fics assez courtes chacune.
