"Au pire, on meurt" est un thriller sur fond de criminalité, où deux âmes perdues cherchent la vérité dans un monde impitoyable.
Dalibor, ancien militaire et fin stratège à l'allure de pirate, va faire la connaissance de Kristina, une traductrice à...
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23 Août 2030, banlieue parisienne
Dans courage il y a rage, je crois que les passagers du métro l'ont remarqué sur mon visage car ils me regardent un peu en biais par-dessus leurs téléphones.
Eux qui d'ordinaire ne remarquent jamais ce qui les entoure, sentent cette fureur qui m'habite.
Pourtant tout avait commencé normalement dans mon existence peu banale. Je me suis levée prête à faire semblant que tout allait bien et me dirigeais vers mon travail, le cœur cognant plus vite que les minutes qui détruisent ma ponctualité.
Mais une fois arrivée sur le quai, impossible de bouger.
J'ai pensé à Eduardo, qui est injoignable depuis hier, à la possibilité qu'il ait encore fini en garde à vue, et à mon irrépressible besoin de le voir malgré l'interdiction qui court depuis 99 jours.
Soudain, les mille et une nuits qui m'attendent m'ont semblé insurmontables. Sans jeu de mots, c'est le nombre de jours durant lesquels je devrais faire semblant d'être mariée à Sacha. Des flashes de ma vie d'avant sont revenus, et je me suis demandée comment j'ai pu me retrouvé à accepter que ma vie soit réduite à ça ?
Comme réveillée d'un long coma, j'ai réalisé que ma loyauté envers César est allée beaucoup trop loin.
De désespoir, j'ai traversé les rails vers le quai opposé pour retourner me coucher. Minable petite révolte qui m'a donné l'illusion de maîtriser quelque chose, alors que ça n'aurait rien changé. J'allais juste perdre mon emploi et continuer à vivre une vie dont je ne veux pas.
Ce constat m'a tiré de ma léthargie et tous les phares de la rébellion se sont allumés en moi. D'un coup, j'ai décidé que ça devait s'arrêter. Alors, au lieu de rejoindre mon lit, j'ai pris la direction d'Istok.
Résolue, je sors de la rame en serrant fort ma détermination, pour que mon courage ne se fasse pas la malle et que ma rage reste bien en place,car je vais en avoir besoin.
Il faut avouer qu'entre rater une journée de boulot et décider de confronter César sur un coup de tête, il y a deux mondes et des conséquences bien différentes. Mais le bulldozer est lancé alors je fonce tête baissée.
Je me dirige entre deux réflexions tortueuses, passe le poste de contrôle sans embûche, gauche, droite, encore une rue, j'y suis. Au loin, le grand portail apparaît entouré de colonnes au-dessus desquelles trônent deux aigles de granit.
Inutile de me présenter aux trois hommes qui se tiennent devant. Je n'ai même pas besoin de ralentir, à mon visage ils comprennent qu'il vaut mieux me laisser tranquille.
Je traverse sans un mot l'armée de Robocops munis d'armes de guerre qui protègent sa maison 24h/24, 7j/7.
C'est quel genre de vie d'avoir douze hommes armés devant sa maison ? Et eux, ils n'ont pas de vie, une femme, des enfants ? Non évidemment, eux le seul accomplissement de leur existence c'est d'avoir réussi à être au service de « Sa Majesté César ».