"Au pire, on meurt" est un thriller sur fond de criminalité, où deux âmes perdues cherchent la vérité dans un monde impitoyable.
Dalibor, ancien militaire et fin stratège à l'allure de pirate, va faire la connaissance de Kristina, une traductrice à...
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J'appuie sur le bouton d'appel. Une sonnerie, deux, trois. Messagerie. Je raccroche et recommence. Même issue pour la dixième fois. Mon esprit tourne à toute vitesse pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer.
La crevette n'est pas du genre à rendre des comptes, encore moins à répondre au moindre appel. Je le sais. Je sais aussi que c'est une femme complexe qui n'assume pas de m'avoir embrassé, mais c'est autre chose qui m'inquiète.
Un mauvais pressentiment remonte lentement le long de ma nuque. Mon regard glisse vers le tableau de bord. J'hésite une seconde, puis appuie sur un autre numéro.
— Allô ? résonne la voix d'Axsel dans l'habitacle.
— Sacha est rentré chez lui ? demandai-je d'un ton direct.
— Oué, on l'a même aidé à monter les escaliers.
— Kristina était là ?
Il marmonne quelque chose à quelqu'un avant de répondre : — Non, y avait personne. Pourquoi ?
Le garde du corps que César a collé au cul de son fils n'a pas la réputation d'un type qui s'interroge, ce qui rend sa question d'autant plus inquiétante.
— Pour rien, juste vérifier son état.
Je raccroche et l'angoisse me remonte dans la gorge. Ce n'est plus un simple frisson mais une putain d'enclume qui me tombe dessus du cinquième étage.
Mon cœur s'emballe et brusquement mes mains tournent le volant pour changer de direction. En appuyant sur l'accélérateur je serai chez elle dans dix minutes.
Je redoute qu'il lui soit arrivé quelque chose. Pire : sa capacité à faire une connerie sous le coup de la colère. Vu l'état dans lequel elle était, il lui est peut-être venu l'idée d'aller casser la gueule à quelqu'un.
Et si ça avait mal tourné ? Rien que d'y penser, je déraille et enfonce la pédale au plancher.
C'est complètement con, Michel m'attend et je dois chopper Charly, mais j'ai besoin d'être rassuré. Je roule à toute allure, une main sur le volant, l'autre tentant désespérément de la joindre.
Le stress monte en flèche quand j'approche de son adresse. Je me gare à l'arrache devant l'immeuble et avise un type qui traîne sur le trottoir, capuche enfoncée jusqu'au nez.
— Hej, toi ! Garde un œil sur la caisse, j'en ai pour cinq minutes, s'il manque un pneu je t'empale sur le poteau !
Sa bouche s'ouvre prête à protester, j'ai déjà le dos tourné et la main sur l'interrupteur de l'immeuble. Ses volets sont fermés, je me raccroche à l'espoir qu'elle soit endormie. Les escaliers défilent quatre à quatre. Arrivé sur son palier, le souffle coupé, je marque un arrêt. La boîte de pizza que je lui ai commandée dimanche dernier est devant sa porte.