"Au pire, on meurt" est un thriller sur fond de criminalité, où deux âmes perdues cherchent la vérité dans un monde impitoyable.
Dalibor, ancien militaire et fin stratège à l'allure de pirate, va faire la connaissance de Kristina, une traductrice à...
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Je me redresse d'un bond. Cheveux collés au front, gorge sèche et le cœur au triple galop. On n'a pas eu d'accident. Je ne suis ni à l'hôpital ni en enfer, mais je suis... en sous-vêtements.
Bordel, qu'est-ce qui s'est passé ? Où suis-je ?
Il n'y a pas un bruit. Les volets sont fermés. Dans l'air flotte une odeur de cire et de bois, comme les chalets perdus au milieu de nulle part. Mes yeux scrutent la chambre grâce à la lumière qui filtre de la porte entrouverte. Mais je ne vois rien qui puisse me servir d'indice pour comprendre où je suis.
Je saisis une lampe posée sur un chevet et enroule le câble autour de mon poignet, prête à étrangler celui qui m'a ramené ici. Dans le couloir, j'avance sur la pointe des pieds. À chaque pas, je retiens ma respiration et anticipe le danger. Soudain, je tombe sur un vaste salon éclairé d'une lumière tamisée.
La première chose que je vois en pénétrant dans la pièce, c'est Cardini. Et je ne peux m'empêcher de ressentir un grand soulagement.
Il dort, allongé sur un canapé en cuir. Torse nu, une jambe par terre et un bras en travers des yeux. Mon cerveau cale devant cette vision. Il y a quelque chose de sublime dans sa silhouette aux contours parfaits.
J'étais censée l'oublier. Je pensais que je ne lui pardonnerai jamais. Pourtant, à l'intérieur de moi, rien ne change. Il suffit que je l'observe respirer pour sentir mes veines se réchauffer.
Furieuse contre ce cœur de traîtresse, j'abandonne la lampe et enfile un tee-shirt posé sur le dossier d'une chaise. Mes yeux découvrent le décor fait de briques rouges. Il y a une cheminée, une cuisine ouverte, une bibliothèque qui abrite une collection de vinyles et un tourne-disque diffuse tout bas du Stevie Wonder.
Le parquet est soigneusement ciré, tout est propre et bien rangé. Sauf la table à manger qui croule sous les papiers. Mon regard se pose sur ma photo. J'ignorais qu'il l'avait récupérée. À côté, il y a le registre de Sacha et des documents concernant "Les Rails".
Mes doigts soulèvent quelques pages par curiosité, à la recherche d'un souvenir, d'une date du passé. Toute absorbée, je ne prête pas attention au Zippo qui s'approche du vide. En tombant, il émet un bruit métallique, immédiatement suivi d'un autre bruit métallique derrière moi. Très distinctif celui-là.
Je fais aussitôt volte-face et me fige sur place.
En une fraction de seconde, Cardini s'est redressé. Bras tendu, arme à la main, le canon braqué sur moi. Son regard sombre me glace le sang. Quand il réalise qui est face à lui, il se trouble et le flingue disparaît aussi vite qu'il est apparu.
J'ai eu la trouille, mais il a eu beaucoup plus peur que moi. J'en connais d'autres qui vivent à l'affût du moindre bruit. C'est typique chez ceux qui marchent au bord d'une falaise et qui savent que d'un instant à l'autre tout peut basculer. Une vie où dormir sur ses deux oreilles n'existe plus. Une vie de merde...