Chapitre 15 : Compassion (partie 2)

1 0 0
                                        

Au petit matin, je me retrouve seule dans le lit et je commence une nouvelle fois à paniquer. Je me redresse pour analyser ma chambre dans l'espoir de voir mon petit-ami mais en vain. Je me dégage des draps et pose les pieds au sol en m'enveloppant dans une robe de chambre pour avoir un peu plus chaud. Alors que je vais ouvrir la porte, cette dernière me revient en pleine face et je ne parviens pas à l'éviter. Sora se présente dans l'encadrement avec un beau sourire jusqu'à ce qu'il me voit par terre avec une plaie au niveau du front. Il dépose son plateau qu'il tenait en main avant de s'accroupir et de me tendre la main pour m'aider à me relever. Une fois sur mes jambes, il analyse la plaie pour s'assurer que tout vas bien.

- Je suis désolé, je n'ai pas fait exprès. Je pensais que tu dormirais encore.

- Non, c'est moi, je ne t'ai pas entendu arriver. Je vais bien ce n'est qu'une égratignure. Je vais guérir rapidement.

- J'aurai également pu entendre que tu étais réveillée et donc faire un peu plus attention.

- Ce n'est rien Sora, vraiment. C'est pour moi toutes ces bonnes choses sur ton plateau ?

- Heu... Oui, les soldats ont tenu à te faire un festin pour te remercier pour l'hébergement. Alors, heu... bah... voilà. Pour toi.

- Hahaha, merci. Je leur ferai un bisou à chacun pour leur montrer ma gratitude.

- Hors de question, il n'y a qu'à moi que tu as le droit de faire des bisous. C'est déjà sympa de ta part de les avoir autorisés à dormir sous le même toit que nous. N'en demandons pas trop non plus, ils pourraient finir par s'habituer.

Je repars à rire de plus belle et m'approche de lui pour l'embrasser tendrement avant de lui prendre le plateau du petit-déjeuner des mains. Pendant que je suis en train de manger -un vrai festin comme promis- il s'approche de moi et dépose une jolie rose sur le coin du plateau. Elle est d'un rouge hypnotisant et ses pétales sont très bien ouverts. Elle a accueilli le soleil de bon matin et s'est épanouie sous sa douce chaleur. Je la prends en main et respire son doux parfum. Je ne sais pas ce qu'a Sora en ce moment, mais il m'offre trop de fleurs. C'est une attention très particulière que j'affectionne certes, mais je pense qu'elle serait bien mieux les pieds dans la terre à profiter des rayons du soleil et de pouvoir s'ouvrir tous les jours. Je termine rapidement mon repas avant d'aller me changer et de réunir tous les soldats au niveau du hall d'entrée. Ce moment de magie doit se terminer et nous devons retourner au palais avant de se préparer à la prochaine mission. De plus, j'ai bien envie de m'entraîner avec Neah et de mieux contrôler ma magie. On ne sait jamais ce qu'il pourrait se passer, et surtout je n'ai pas oublié le comportement étrange de ma sœur ainsi que sa volonté de me tuer -ou de me faire souffrir je ne sait pas trop encore.

La route du retour devrait être beaucoup plus rapide, car Falender n'est plus là pour nous interdire d'utiliser les téléporteurs de ce fait, nous sommes à une journée de celui le plus proche. Il n'y en a pas avant, car la terre des élémentalistes ne veut pas avoir à communiquer avec les autres territoires. Bien décidé à rentrer au plus vite nous ne faisons pas de pause ce qui semble contrarier un peu mon père adoptif qui tire la langue sous l'effort de la marche considérable demandé par le reste du groupe. Il est attendrissant à vouloir paraître toujours plus jeune, mais la cinquantaine se fait sentir et il serait plus que temps qu'il demande à changer ou à faire un arrêt. Je suis sur Artémis juste à côté de lui et voilà une heure que je marche sans jamais le doubler dans l'espoir qu'il comprenne qu'il a le droit de me demander de prendre ma monture. Je n'ai pas envie de lui proposer, car je sais très bien comment cela va finir et je n'ai pas envie qu'il fasse la tête tout le reste du trajet, car il se sentirait offusqué de mon offre.

Finalement, c'est Sora qui a pris la relève et qui l'a forcé à monter sur son cheval. Une longue discussion à d'abord été de mise dans laquelle Shô soutenant qu'il ne devait pas monter sur le cheval royal et que ses jambes devaient le porter jusqu'au bout. Ce sur quoi Sora à simplement répondu que c'était un ordre formel dont il ne pouvait se soustraire. C'est quand même bien pratique d'être une personnalité. Personne ne remet en question tes demandes et tes choix, si tu dis quelque chose alors tout le monde se plie à ta volonté. Finalement, nous avons atteint le point de téléportation -un peu avant la fin de la journée. Je propose une nuit de sommeil avant de finir la route vers le château. Sachant que la nuit est déjà bien avancée, c'est à l'unanimité que nous montons le campement pour la nuit. J'allume le feu et certains soldats mettent un peu de viande à cuire ainsi que quelques patates pour faire le repas du soir. Sora ne me lâche pas d'une semelle et me suit partout en guettant mes moindres faits et gestes. À croire qu'il a peur que j'embrasse chaque soldat comme je lui ai dit ce matin.

Devil of libertyDes histoires addictives. Découvrez maintenant