Chapitre 18 : Nouvelle terre

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Point de vue de Hivernelle.

Voilà bientôt trois mois que nous sommes recherchés par le royaume tout entier. Nous n'avons pas pu rester au village, car les patrouilles se faisaient de plus en plus régulières et le risque que prenaient les habitants pour nous couvrir devenait trop grand. Sora a accepté de partir sans faire trop d'histoire et nous voilà sur un bateau à voguer sur les mers paisibles de l'Est. Le soleil est haut dans le ciel et il se reflète sur l'immensité de l'eau. Avant de quitter notre maison, les villageois sont venus nous apporter des provisions au cas où nous mettrions plus de temps que prévu à attendre le grand continent. Ah mon plus grand bonheur, j'ai récupéré toutes mes capacités magiques de ce fait, je peux les utiliser pour que nous avancions plus vite. Mais aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Sora et ce dernier est un peu triste d'être aussi loin de son entourage pour la première fois depuis sa naissance. Je tente de lui changer les idées en lui proposant des jeux, mais rien ne semble le satisfaire.

Alors que je suis assise sur le bord à pêcher silencieusement afin que nous puissions manger quelque chose ce soir, je sens qu'il s'agite de mon dos. Il ne tient plus en place et je finis par perdre patience. Je me retourne pour lui faire face et lui attraper les mains.

- Bon maintenant jeune homme, tu vas me dire qu'est-ce qu'il t'arrive. Tu es comme une anguille depuis ce matin.

- Je tourne en rond sur ce bateau. J'ai envie de toucher la terre ferme.

- Au vu des oiseaux, nous ne devrions plus être très loin, nous mangerons encore ici ce midi, mais ce soir, nous devrions arriver sur une plage. Si je me souviens de ce que j'ai pu apprendre en voyageant avec Shô et dans les livres que j'ai pu lire au manoir, ses oiseaux blancs ne s'éloignent pas trop de la côte.

- Hivernelle ça fait des mois que nous fuyons notre terre, j'aimerais avoir un vrai toit pour ce soir. J'ai envie de me poser pour une fois, de ne pas craindre de me faire attraper par les gardes ou par les créatures du néant.

- Sora, s'il te plaît encore un peu de patience, je te promets qu'une fois que nous serons sur la terre ferme, je ferai en sorte de nous trouver un endroit pour dormir convenablement avant que nous ne cherchions un endroit où habiter pendant un temps. Et puis tu sais très bien que tes parents ne vont pas lâcher, tu es leur seul fils alors ils mettront tout en œuvre pour te retrouver. Quant à moi, ils ont peur de mon pouvoir et s'ils pouvaient me retirer de cette planète, ils n'hésiteraient pas une seule seconde.

- En fait, j'avais pensé à un plan B si jamais ils parvenaient, par un quelconque miracle, à nous retrouver.

- Je t'écoute.

- Mes parents sont très attachés aux traditions et au mariage. Pour eux, une fois que les liens sont établis, personne n'a le pouvoir de les défaire. Alors peut-être que l'idée, enfin la réflexion de...

- Tu veux qu'on se marie pour avoir la paix et pouvoir reprendre une vie normale ?

- Dis comme ça, c'est un peu nul, je n'ai même pas fait de vrai demande... Mais oui, l'idée est là...

- Sora... Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Je veux dire, c'est une décision très importante pour toi, pour moi aussi bien sûr, mais tu as bien plus à perdre que moi... Et puis, tu dis peut-être ça sur le coup de la colère, de l'ennui et de l'angoisse.

- Hivy, cela fait maintenant trois mois que je vis comme un fugitif pour être avec toi, j'ai attendu si longtemps avant d'accepter mes sentiments et de t'en faire part, je n'ai jamais été aussi sûr de ce que j'avance que maintenant. Tu es devenue la personne la plus importante de ma vie depuis que je t'ai rencontrée.

Je reste silencieuse pendant un moment, ne sachant pas quoi répondre. Sora, m'a souvent montré qu'il tenait à moi, certes, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur qu'il fasse une grave erreur. Je connais mon pouvoir et la réputation morbide des élémentalistes n'est plus à faire, par conséquent je suis relativement étonnée qu'il se permette de mettre tant en jeu alors qu'il pourrait finir sans rien -et ce par ma faute... Je finis par baisser la tête et des larmes perlent au coin de mes yeux. Effectivement, on fuit ensemble depuis un moment et maintenant, mais ça m'a permis aussi de voir que je risque de l'entraîner dans sa perte, qu'il n'aura plus rien pour lui et qu'il détruira tout ce pourquoi sa famille s'est toujours battue... Je l'aime, c'est indéniable, il y a toujours cette attirance entre nous, qui parfois à bien faillit faire que nous franchissons le cap, mais finalement, nous avons réussi jusque-là à contenir nos pulsions.

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