Je me dirige d'un pas assuré vers la terrasse, où les filles sont réunies, échangeant leurs confidences sur leur plan cul et leur crush. Je m'installe sur les genoux de Mélissa, et d'un geste vif, je m'empare de son verre et le vide d'une traite. Un liquide âcre et amer traverse ma trachée, avec difficulté, pour venir se nicher dans mon estomac.
— Beurk, de la Kombucha ! Comment peux-tu boire ça sérieux. Craché-je, avec dégoût.
Un espiègle sourire se dessine sur son visage, illuminant ses traits, puis, d'une voix teintée de moquerie, elle rétorque.
— Déjà, je ne t'ai pas autorisé à boire dans mon verre, et puis je conduis moi. Madame à oublier ?
— Ah oui, c'est vrai. Mélissa, la sainte est de retour parmi nous, bienvenue à toi. Mais si tu pouvais retourner dans ton sanctuaire de sainte, je ne m'imposerais pas cette fois-ci, promis. Bref, il n'y a pas quelqu'un qui a quelque chose de plus fort, j'en ai besoin. Pitié.
— Elle est complètement torchée ou quoi ? Susurre une voix parmi les filles que je suis incapable de reconnaître. Sans doute l'effet de la kombucha qui m'arrache encore la langue.
— Qu'est-ce qui t'arrive, encore toi ? Souffle Mélissa. Tu ne bois plus depuis des mois et maintenant, madame veut un verre.
— J'ai enfin fait la rencontre de Lewis le crétin en personne. Tu sais, le nouveau qui t'émoustille depuis hier et que tu voulais ajouter à ta longue liste de crash tests. Eh bien, laisse-moi te dire qu'il incarne parfaitement sa réputation d'égocentrique !
— Quoi ?! Attends, j'ai bien compris ?! Quand est-ce arrivé ? Où ? Comment ? Je t'en prie, raconte-nous tous les détails ! S'esclaffe Giovanna, curieuse.
— Franchement, il n'y a pas grand-chose à dire, ce n'est vraiment qu'un crétin et un imbécile ! Il ne sait même pas s'excuser et il refuse complètement d'admettre ses torts. Il se prend pour le meilleur, comme s'il était au-dessus de tout le monde. Peut-être que si son médecin lui prescrivait un peu de Xanax, cela pourrait l'aider à se calmer un peu, quoi qu'il ait l'air d'être né avec un gros déficit mental irréversible.
Toutes les filles se mettent à rire.
— Tu ne changeras donc jamais, toi. Avoue Lydie.
— Pourquoi faire ? Avoir à supporter un pauvre garçon, avec un égo beaucoup trop fragile pour accepter qu'il ait tort ? Non, merci.
— Tu disais pareil des autres et finalement, tu les apprécies maintenant. Regarde Marco, vous êtes inséparables, en dirait des siamois ! Hilare Giovanna.
Je souffle, puis me lève en grognant.
— Bon, je vais me chercher un verre, moi. Vous êtes beaucoup trop calme et chiante pour moi ce soir.
Je m'avance d'un pas décidé vers le bar du salon, en quête d'un verre pour tenter d'oublier cette soirée qui m'a mentalement épuisée. J'avais sincèrement cru qu'il partageait ma propension à se dissimuler derrière une façade pour éloigner ses propres souffrances, mais hélas, il s'avère être tout aussi exaspérant.
Arrivé devant le comptoir, je m'accorde un pina colada savamment dosé, puis me rebrousse chemin afin de regagner la terrasse. C'est alors que ma tête heurte brutalement un torse solide et ferme. Le contenu de mon verre se déverse sur l'intrus, qui ne peut réprimer un grognement de mécontentement.
Je relève les yeux et aperçois un visage qui me semble familier, mais dont je ne parviens pas à me souvenir. Une stature imposante, une peau brunâtre, des yeux d'un vert perçant. Sa chemise noire est déboutonnée jusqu'au troisième bouton, les manches retroussées avec élégance. Il m'observe attentivement tout en secouant le surplus de liquide qui s'est répandu sur sa chemise, maintenant collée à ses muscles saillants. Une aura à la fois terrifiante et indifférente se dégage de lui.
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NB Love
Romance« M'aimer a été sa bouée de sauvetage, mais l'aimer provoquera mon naufrage... » Léa Miller et Mathieu Lewis partagent plus qu'une passion pour le basket : tous deux sont les enfants de légendes sportives rivales et hantés par la perte d'un parent...
