Chapitre 4 - L'enquête

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Liana n'avait pas pris le temps d'enfiler des chaussures avant de sortir sur son palier et d'arriver ici, et elle était à présent en chaussettes dans cet endroit inconnu. Cette brusque prise de conscience la fit se sentir encore plus vulnérable. Sautillant sur place à cause du sol froid sous ses pieds, elle promena son regard autour d'elle, perplexe. Des dizaines de portes identiques les unes aux autres se trouvaient autour d'elle. Liana se doutait qu'elles ne menaient pas à la sortie. Elle entreprit de les ouvrir une par une pour s'en assurer, mais il ne s'agissait que de simples chambres ou de petits salons.

Dans l'une des salles, elle trouva une tenue de domestique posée sur un lit. Elle hésita un instant, puis songea qu'elle passerait plus facilement inaperçue si elle troquait son jeans et son sweat à capuche pour une robe sobre. Elle se changea donc rapidement, mal à l'aise, et se retrouva vêtue d'une robe bleu nuit et d'un tablier blanc. Une paire d'escarpins était posée au pied du lit. Liana n'aimait pas porter des talons, mais elle était tellement mal à l'aise en chaussettes qu'elle choisit de les retirer et de se glisser dans les chaussures. Ces dernières étaient trop petites pour elle, et la jeune fille esquissa une légère grimace lorsqu'elle dut recroqueviller ses orteils pour parvenir à enfiler les escarpins.

Une fois habillée, elle prit soin d'attacher ses longs cheveux en un chignon serré, espérant ainsi se fondre dans le décor, puis elle sortit de la chambre en douce. Elle reprit ses recherches tout en tenant son sweat et son jeans sous son bras. Ses chaussures la faisaient souffrir, et elle devait faire attention à marcher sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit. Son cœur battait à tout rompre et ses mains tremblaient sous l'effet de l'adrénaline et de l'angoisse qui la tenaillaient. Les escarpins étaient si petits que ses orteils la brûlaient, alors elle se résolut à les retirer et à les glisser sous son bras.

Soudain, des éclats de voix résonnèrent derrière elle, et elle entendit des pas claquer sur le sol en marbre. Prise de panique, elle ouvrit la porte la plus proche et se glissa à l'intérieur. Elle se retrouva dans un bureau sobrement meublé et décoré avec goût. Elle posa ses vêtements sur une table basse et chercha des yeux une cachette, mais elle entendit les pas se rapprocher dangereusement. N'osant pas bouger de peur d'attirer l'attention, elle colla son oreille contre la porte, priant pour que les visiteurs n'entrent pas dans cette pièce.

Heureusement, les pas s'éloignèrent. Elle entrouvrit la porte et vit deux silhouettes disparaître au bout du couloir. La jeune fille poussa un long soupir de soulagement. Elle remit de l'ordre dans sa tenue, reprit ses vêtements sous son bras et s'apprêtait à quitter le bureau lorsque quelque chose attira son regard.

C'était un coffret, posé sur le bureau au milieu de nombreux papiers divers. Elle s'en approcha avec prudence, et sentit un frisson parcourir son dos. Le coffret lui semblait étonnamment familier. Elle fit glisser ses doigts sur le couvercle en métal doré, puis releva le loquet. Le coffret s'ouvrit avec un léger déclic. À l'intérieur, Liana ne trouva que des lettres rédigées avec soin. Elle les parcourut rapidement, espérant en apprendre davantage sur l'endroit où elle se trouvait. Elle vit défiler des noms qui lui étaient inconnus, dont un qui revenait sur toutes les lettres : comte de Jenkins. Liana haussa les épaules et renonça rapidement à sa lecture.

Elle promena ensuite son regard dans la pièce et devina qu'il s'agissait du bureau d'une personne importante. Elle fouilla les papiers, à la recherche d'un indice quelconque qui lui permettrait d'en savoir plus sur sa situation. Elle avait l'impression d'être dans un rêve, pourtant certains détails lui étaient familiers, comme le coffret ou l'étrange statuette en forme de hibou qui décorait le bureau.

L'angoisse lui tordait le ventre et le sang tambourinait dans ses tempes. L'adrénaline pulsait dans ses veines, faisant trembler ses mains. Elle ne devait pas s'attarder dans cette pièce, mais il fallait absolument qu'elle trouve des informations sur l'endroit où elle se trouvait.

Absorbées par ses recherches, elle n'entendit pas la porte s'ouvrir dans son dos et sursauta lorsqu'une voix de femme lui demanda d'un ton brutal :

« Mais ! Que faites-vous ici ? »

Pour Quelques Mots de Plus [Sous contrat d'édition]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant