Chapitre 47

140 10 0
                                        

Maddy

Les fleurs sentent divinement bon. Depuis le vase dans lequel nous les avons déposées pour ne pas qu'elles se fanent, leur odeur nous parvient. Dior avait tout prévu pour ce soir : le chauffeur, les pétales de rose, les bougies, le bouquet de fleurs et même le repas. Je le soupçonne de ne pas avoir fait tout ça seul. Je sais qu'il est très ami avec Edlyenne, qui est un vrai cordon bleu.

— Alors, c'est pour quelle occasion tout ça ?

— Aucune. Je voulais juste qu'on passe une soirée ensemble.

Ça me fait sourire malgré moi. Je voudrais jouer la fille insensible à son intention, la fille mystérieuse et difficile à cerner, mais c'est impossible. Je me sens tellement bien que je ne peux le cacher. J'ai toujours rêvé d'un grand amour. Depuis que je suis en âge de lire des romans, je rêve de connaître le véritable amour, comme ces personnages de conte.

Et je pensais l'avoir trouvé lorsque j'ai commencé à fréquenter Viktor. Sur le moment, tout paraissait si réel, mais aujourd'hui, je sais que ça n'avait rien à voir avec de l'amour. Contrairement à ce que je ressens aujourd'hui. C'est évident à présent, tellement que je me demande comment j'ai pu un jour croire que mon histoire avec Viktor avait un quelconque lien avec de l'amour.

Tout n'était que peur, manipulation et violence avec lui. Certes, Dior est très loin d'être l'homme parfait ; il a un tas de défauts. Mais il est réel, ce que nous ressentons est réel. Tout avec lui l'est. Je me sens vivre lorsque je suis avec lui.

Dieux, que je l'aime...

— Ton repas est dans ton assiette au cas où tu me confondrais avec, taquine-t-il.

Je lève les yeux au ciel sans que mon sourire ne me quitte.

— Ne t'en fais pas pour ça, je ne vais pas te sauter dessus.

— C'est grave si je ne peux pas te promettre la même chose ?

Je mets ma fourchette dans ma bouche et m'arrête un instant, faisant mine de réfléchir.

— Ça ne devrait pas être un très gros problème.

Ses lèvres s'étirent en un sourire en coin que j'ai appris à aimer. Un sourire qui trahit un tas de pensées que je devine obscènes. Dior est très loin d'être un saint et il ne s'en est jamais caché. Je change de sujet avant que mon visage ne tourne au cramoisi.

— Edlyenne a mis du temps à préparer tout ça ?

Il relève les yeux de son assiette comme un enfant surpris en train de mentir. Je ne connais pas l'étendue des talents culinaires de Dior, mais je connais par cœur ceux d'Edlyenne.

— Eh, ne diminue pas mes efforts comme ça, j'ai fait plus de la moitié de tout ça !

Je ricane.

— Excuse-moi, je ne savais pas que tu étais un chef cuisinier.

— Ce n'est pas le domaine dans lequel j'excelle le plus, oui, je ne suis pas parfait en tout. Je sais, c'est dur à avaler...

Parfois, je me demande si cette arrogance est réelle, ou si c'est seulement un rôle qu'il joue, juste pour rire. Je suppose que c'est un peu des deux. Dior est définitivement quelqu'un de présomptueux, mais quelquefois, il se caricature lui-même.

ARCADIA : Ominous (TOME 2) (Premier jet)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant