Chapitre 3

121 5 0
                                    

Andreï


Mes doigts bougent tout seuls, c'est plus fort que moi. Je suis incapable de me retenir d'agir. Ma nouvelle assistante se fige, sa respiration se ralentit, mes yeux sont fixés sur son dos. Si je ne parle pas, c'est qu'il y a une raison. Je n'aime pas particulièrement les gens passifs... j'ai besoin d'avoir des personnes qui n'hésiteront pas à me dire merde. Je veux de l'authenticité, pas de léchage de bottes et surtout j'avais besoin de voir si elle est toujours celle que je connais.

— Tu l'as bien choisi, annoncé-je à Quill.

Mon ami sourit avant d'acquiescer d'un signe de tête.

— Je me demandais combien de temps, elle allait tenir.

La jeune femme est sidérée, je peux le concevoir. Je souris franchement, parce que je suis heureux de voir que son petit caractère est là. Je cesse de jouer pour me mettre debout et les rejoindre et lui tendre la main.

— Enchanté, je suis Andreï Nowak et tu es la bienvenue maintenant que je sais que tu n'hésiteras pas à me voler dans les plumes. Tutoies-moi aussi.

Sa bouche s'ouvre en grand, mon sourire s'élargit. Elle pince les lèvres avant de saisir ma main.

— Prudence, répond-elle.

Ses magnifiques émeraudes m'observent, je lis l'espoir que je me souvienne d'elle. Je sais que je ne devrais pas prendre ce chemin pourtant je le fais.

— Je sais, soufflé-je.

Cette fois, elle me relâche avant de se reculer.

— Tu... tu... grommelle-t-elle. Je n'aime pas être prise pour une idiote.

Quill ne comprend pas, alors je le mets au parfum.

— Je suis sorti avec Agnès la mère de Prudence, il y a quelques années.

— Oh, souffle mon meilleur ami.

Mon attention se reporte sur la jeune femme.

— Ton nom de famille n'est pas le même que celui que tu portais, je savais que je te connaissais, mens-je, mais ton nom ne collait pas, ton coup d'éclat m'a confirmé que je n'étais pas fou.

— Oh ! Oui, j'ai pris le nom de famille de mon beau-père il y a trois ans.

J'acquiesce d'un signe de tête avant d'aller m'asseoir dans mon canapé. Quill glisse ses yeux de la jeune femme à moi, je vois bien son interrogation silencieuse, mais je soulève juste les épaules. Il n'a pas besoin de tout savoir maintenant.

— Donc c'était un test ?

— Oui, je n'aime pas les gens qui ne sont là que pour me cirer les bottes. Parfois je déconne et j'ai besoin d'être remis dans le droit chemin.

— Je comprends.

Elle retourne s'asseoir au niveau du plan de travail de la cuisine, puis elle prend les deux portables.

— Le trou dans le planning de deux semaines, c'est normal ? questionne-t-elle pour changer de sujet.

— Tu l'as fait ! m'exclamé-je à Quill.

Mon ami soupire avant de secouer la tête.

— Tu ne m'as demandé qu'une chose et moi j'ai besoin de ce temps pour m'assurer que tout est en ordre. Donc oui, tu as deux semaines de libre et ça va laisser le temps à Prudence de s'habituer à ton style de vie.

La jeune assistante nous regarde tour à tour.

— Je n'ai pas vraiment besoin d'un temps d'adaptation, je serai là à l'heure dite le matin.

Perdus entre les notes !Où les histoires vivent. Découvrez maintenant