Flashback

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La douleur l'avait envahi, une brûlure vive et profonde qui irradiait dans tout son corps. Arès courait, son flanc en feu, le goût du sang dans sa bouche. Il entendait encore les tirs, les cris. La mission avec Nyx avait échoué. Il s'était fait tirer dessus. Il n'avait eu d'autre choix que de se faire passer pour mort, de la laisser croire à sa disparition. C'était la seule manière de la sauver.

Mais il n'avait pas réussi à fuir assez loin. Ils l'avaient trouvé. Les hommes d'Apollon l'avaient attrapé, tiré hors de l'ombre où il tentait de se cacher. Il n'avait plus la force de se battre. Ses jambes ne le portaient plus, son corps brisé par la douleur, la balle logée dans sa chair. Ils l'avaient traîné comme un animal blessé, ses genoux raclant le sol, jusqu'à la base d'Apollon.

La cellule où ils l'avaient jeté était glaciale, humide, et l'air empestait le moisi et la sueur. Arès n'avait plus de force. Le sang coulait lentement de sa blessure, poisseux, laissant des traînées écarlates sur le sol. Mais ce n'était que le début.

Apollon n'avait aucune pitié pour ceux qui échouaient, et Arès avait échoué. Il n'y aurait pas de répit.

La première fois qu'Apollon était entré dans la cellule, le regard d'Arès avait croisé le sien. Ses yeux étaient durs, froids, et une sorte de satisfaction sadique flottait dans son sourire.

"Tu pensais pouvoir m'échapper ?" avait-il murmuré, sa voix aussi douce que glaciale. "Tu n'es rien, Arès. Juste un pion. Un pion qui a échoué."

Le coup était venu sans avertissement, un poing sec et rapide qui avait frappé Arès au visage. Le bruit de l'impact avait résonné dans la cellule, et Arès s'était effondré. Le goût du sang emplissait à nouveau sa bouche, son souffle saccadé.

Il n'avait pas eu le temps de se relever qu'Apollon avait déjà donné un nouveau coup, cette fois dans les côtes. La douleur était insupportable, brutale, mais ce n'était que le début.

Les jours suivants étaient devenus un cauchemar sans fin. Chaque matin, ils le sortaient de sa cellule, le forçant à se tenir debout, malgré la douleur, malgré la faiblesse qui envahissait chaque muscle de son corps. Il n'y avait aucune lumière dans la pièce, seulement des ombres, et le bruit des chaînes qui cliquetaient à chaque fois qu'il essayait de bouger.

Les tortures étaient systématiques, calculées. Apollon avait appris l'art de briser les hommes. Il savait exactement où frapper, physiquement et mentalement, pour faire craquer les âmes les plus solides. Arès avait résisté au début, se raccrochant à l'image de Nyx, à la promesse de la protéger, même dans la mort.

Mais les tortures ne s'arrêtaient jamais. Apollon ne voulait pas de simples réponses, il voulait briser son esprit, effacer ce qui restait d'Arès. Chaque session était pire que la précédente. Ils avaient commencé avec des coups, des frappes brutales et répétées qui laissaient son corps couvert d'ecchymoses et de coupures. Mais ensuite, ils avaient sorti les outils.

Le métal froid des pinces et des couteaux était devenu un ennemi quotidien. Ils coupaient sa peau, lentement, à chaque endroit stratégique, des coupures nettes qui ne tuaient pas mais provoquaient une souffrance insupportable. Ils enfonçaient des aiguilles sous ses ongles, arrachant des hurlements qu'il n'arrivait plus à contenir. Et lorsqu'il s'évanouissait sous la douleur, ils le réveillaient d'un jet d'eau glacée pour recommencer.

Apollon venait souvent assister à ces séances, un sourire satisfait sur le visage. Il restait assis dans un coin de la pièce, les bras croisés, observant Arès comme un animal qu'on soumettrait à un jeu cruel.

"Tu pensais que tu pouvais la sauver, n'est-ce pas ?" demandait-il d'une voix traînante.

Arès fermait les yeux, essayant de se détacher de la réalité. Il savait que Nyx était en vie. Il le sentait, dans chaque fibre de son être. Mais Apollon jouait avec son esprit, insidieusement, essayant de lui faire croire qu'il avait échoué non seulement à la mission, mais à sa promesse de la protéger.

Un jour, après une session particulièrement brutale où ils avaient brûlé sa peau avec des fers chauffés au rouge, Arès était resté prostré dans un coin de sa cellule, ses muscles tremblants, ses pensées brouillées. Il ne savait plus combien de temps avait passé. Des jours, des semaines ? Peut-être des mois. Chaque jour se confondait avec le suivant dans une souffrance sans fin.

Apollon était entré, comme à son habitude, mais cette fois, il s'était accroupi devant lui.

"Regarde-toi, Arès," avait-il murmuré avec un dégoût feint. "Tu n'es plus rien. Juste un cadavre ambulant. "

Il s'était redressé, et Arès avait levé la tête avec difficulté, sentant ses côtes meurtries protester à chaque mouvement.

"Tout ce que tu as à faire, c'est de m'obéir" avait dit Apollon en souriant, un sourire cruel.

Ces mots avaient été le coup final. Arès avait senti une partie de son esprit se briser à cet instant. Il avait voulu mourir. Mourir plutôt que de continuer à vivre dans ce cauchemar. Mais il n'avait pas cédé. Parce que même dans cet enfer, il gardait en lui un seul espoir : Nyx.

Elle vivait. Il le savait. Peut-être qu'elle pensait qu'il était mort, mais il savait qu'un jour, ils se retrouveraient. Dans ce monde ou dans un autre. C'était cette pensée qui le maintenait en vie, malgré tout.

Les mois suivants, Arès avait fini par se soumettre, du moins en apparence. Il avait accepté les ordres d'Apollon, non parce qu'il croyait en lui, mais parce qu'il savait que c'était la seule manière de survivre. Il devait attendre son moment, le moment où il pourrait se libérer, où il pourrait retourner auprès de sa sœur.

Mais chaque jour passé sous la coupe d'Apollon, chaque coup, chaque torture, le détruisait un peu plus. Il n'était plus le même homme.

Il avait été brisé, mais il restait assez de lui pour se raccrocher à cette vérité ultime : Nyx vivait, et un jour, ils se retrouveraient.


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