Nue

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Le silence qui avait régné à l'Académie était lourd, seulement interrompu par le bruit de la pluie battante qui cognait contre les vitres. À l'intérieur, les voix de Jayce et Viktor s'élevaient une nouvelle fois dans les couloirs, un écho de frustration et de reproches.

Les deux hommes s'étaient disputés toute la journée, les voix montant et s'abattant, comme des vagues contre un rocher. Chacun avait ses raisons, mais ni l'un ni l'autre ne parvenait à comprendre l'autre. Et au milieu de tout cela, Némésis, inconsciente et immobile sur le canapé du labo principal avait été laissée à l'écart de cette bataille de volontés.

Plus tard, dans la soirée, les tensions avaient commencé à s'atténuer. Il était presque 23h, et l'atelier baigné dans une lumière tamisée avait un air presque irréel, comme si le monde extérieur n'existait plus. C'est dans ce calme étrange que Némésis commença à bouger. Ses doigts tremblaient légèrement, puis un petit gémissement s'échappa de ses lèvres. Ses yeux, à peine entrouverts, cherchaient à s'acclimater à la lumière.

Le réveil fut lent, comme si chaque mouvement nécessitait un effort considérable. Son esprit était embrouillé, sa tête lourde et sa bouche sèche. Mais, petit à petit, elle devint consciente de son environnement. Elle prit une profonde inspiration, comme pour évacuer les dernières brumes du sommeil, et ses yeux se posèrent lentement sur la pièce qui l'entourait. Une sensation de chaleur et de douleur persistait dans son corps, mais elle savait que c'était le moindre de ses soucis maintenant.

Némésis se redressa lentement, un gémissement s'échappant de ses lèvres alors que la douleur la saisissait à chaque mouvement. Son corps était lourd, comme si elle était passée sous une tonne de pierres. Elle leva les yeux, un effort titanesque qui sembla presque au-delà de ses forces. Les étoiles artificielles brillaient au-dessus d'elle, suspendues au plafond, émettant une lumière douce et familière, un écho de la nuit passée sur le canapé du laboratoire. Un souvenir qui la frappait alors qu'elle commençait à reprendre ses esprits.

Ses poumons se révoltaient, l'air devenait de plus en plus difficile à prendre, et chaque respiration se transformait en une lutte. Un gémissement de douleur s'échappa de sa gorge, mais elle se força à respirer profondément, tentant de reprendre le contrôle. La chaleur de son corps, la fièvre persistante, l'agonie de ses blessures, tout cela semblait l'envelopper dans une brume insupportable.

Elle ferma les yeux un instant, essayant de calmer sa respiration irrégulière, son esprit confus tentant de saisir l'endroit où elle se trouvait. Puis, elle réalisa. L'académie. La pièce qu'elle reconnaissait, l'odeur métallique, l'éclat froid des murs. Et ces étoiles... Ces étoiles au-dessus d'elle. Celles qu'elle avait tant aimées découvrir, qui brillaient là, comme une promesse de quelque chose de plus grand, de plus loin.

Mais la douleur ne la laissait pas en paix. Elle se leva légèrement, se soutenant du canapé, mais sa tête tourna. Elle se sentit vaciller, prête à sombrer à nouveau, mais la pensée des étoiles au plafond, cette lueur dans la noirceur, la fit se cramponner à la réalité. C'est là qu'elle se rendit compte de l'endroit où elle se trouvait, et de ce qu'elle avait vécu pour en arriver là. Elle n'avait plus de place pour la peur, il ne lui restait que la rage et la survie.

Elle ferma les yeux un moment, cherchant à retrouver son souffle, tout en essayant de faire taire les vagues de douleur qui semblaient déferler sur elle. La vision des étoiles au-dessus d'elle était un contraste étrange avec la souffrance qui s'était emparée de son corps, mais elle savait que tant qu'elle pouvait se battre, tant qu'elle pouvait respirer, il y avait encore une chance.

Némésis ferma les yeux un instant, se concentrant sur sa respiration pour tenter de calmer la douleur qui pulsait dans son corps. Elle compta lentement dans sa tête, essayant de retrouver le contrôle.

Les Arcanes VagabondesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant