Chapitre 19

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La lumière du jour caressait doucement les rideaux entrouverts, illuminant la pièce où Layla s'était réfugiée pour travailler. Son bureau était un chaos organisé, rempli de documents, de listes de tâches, et d'échantillons de tissus colorés. Malgré l'apparente désorganisation, chaque élément avait son importance dans l'immense entreprise qu'était l'organisation de la fête nationale d'Al-Kamil.

Layla, elle, était en pleine ébullition. Depuis trois jours, elle menait une course contre la montre pour que tout soit parfait. Le moindre détail comptait : des décorations des rues aux festivités au palais, rien ne devait être laissé au hasard. Mais cette détermination avait un prix. Ses yeux fatigués trahissaient des nuits blanches consécutives, et ses gestes manquaient parfois de précision.

Elle passa une main tremblante sur son visage, tentant de se concentrer sur la liste qu'elle avait devant elle.

— Le feu d'artifice... il faut vérifier les autorisations. Et les musiciens... ils doivent arriver à quelle heure ?

Sa voix s'éteignit dans le silence de la pièce, où seules les pages froissées et le grincement de sa chaise répondaient.

Quelques minutes plus tard, Samir fit irruption dans la pièce, son visage reflétant autant l'admiration que l'inquiétude.

— Votre Altesse, dit-il doucement en posant un plateau de thé sur une table voisine.

Layla releva la tête, ses traits tirés et ses yeux légèrement cernés.

— Samir, que se passe-t-il ? demanda-t-elle, bien qu'elle sache que sa propre apparence devait suffire à lui fournir une réponse.

Samir hésita un instant, son regard parcourant la pièce avant de revenir sur elle.

— Ce n'est pas une question de "ce qui se passe". C'est une question de ce que vous vous infligez. Regardez-vous, votre altesse. Vous n'avez pas dormi depuis des jours.

Elle soupira, secouant légèrement la tête.

— Je vais bien, Samir. Je n'ai pas le temps de me reposer. Khalid revient bientôt, et je veux qu'il trouve les préparatifs bien avancés.

— sa majesté serait plus préoccupé par votre santé que par la décoration des rues, répondit-il d'un ton ferme mais respectueux.

Layla esquissa un sourire fatigué, mais elle ne répondit rien. Elle savait que Samir avait raison, mais sa volonté de perfection l'empêchait de lâcher prise.

— Je suis presque à la fin, insista-t-elle. Je promets que je me reposerai ensuite.

Samir, bien qu'il ne fût pas convaincu, décida de ne pas insister davantage.

— Très bien, Votre Altesse. Mais sachez que vous n'avez pas à tout faire seule.

Il se retira doucement, laissant Layla seule dans le silence de son bureau.

Elle resta immobile un instant, fixant les papiers devant elle, mais son esprit fatigué refusait de se concentrer. Finalement, elle se leva et se dirigea vers le canapé situé au fond de la pièce.

— Juste quelques minutes, murmura-t-elle en s'allongeant.

Elle ferma les yeux, ses pensées encore envahies par les responsabilités et les attentes. Mais peu à peu, la fatigue triompha, et elle s'endormit, un bras couvrant son visage pour bloquer la lumière.

——————

Le sable du désert semblait encore s'accrocher à ses vêtements alors qu'il descendait de la voiture noire, l'air lourd d'une chaleur qui ne voulait jamais se dissiper. Les portails massifs du palais s'ouvrirent dans un bruit sourd, et le regard des gardes se fit plus perçant, un respect évident dans leurs gestes et leurs regards. La silhouette de Khalid, grande et imposante, s'élança vers l'intérieur du domaine royal, ses pas résonnant contre le sol pavé. Rien ne pouvait éclipser l'ampleur de son autorité, ni la brise chaude du désert, ni le vacarme du monde extérieur. Sa présence seule suffisait à instaurer un climat de calme et de respect.

Le serment du désertOù les histoires vivent. Découvrez maintenant