Chapitre 17 : Exposés

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Le repas touchait à sa fin. Jordan déposa sa serviette sur la table, son regard sombre fixé sur le reste de son verre de vin. Face à lui, son amoureux remarqua son expression préoccupée et posa sa main sur la sienne afin de le ramener vers lui.

-Mon amour, tu es pensif. Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda-t-il doucement.

Il soupira, détournant les yeux vers la terrasse vide autour d'eux.

-Je n'ai pas envie de retourner au travail, avoua-t-il enfin. Pas avec tout ce qu'il se passe en ce moment. Je suis fatigué qu'on me surveille constamment.

Gab fronça les sourcils, sa main serrant légèrement celle de son amant.

-Surveillé ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

Jo s'appuya contre le dossier de sa chaise, croisant les bras.

-Mon chauffeur. Ce type a balancé que je ne rentrais plus avec lui. Maintenant, tout mon parti parle de moi. Ils disent que je suis louche, que mon comportement a changé.

Il écarquilla les yeux, choqué.

-Alors il l'a vraiment fait, il t'a dénoncé ? Mais pourquoi fait-il ça ?

Jorys haussa les épaules, son expression amère.

-Parce qu'il est comme eux. Obsédé par ce que je fais, par où je vais, avec qui je suis. Il pense peut-être que c'est son devoir de protéger l'image du parti.

Attal se pencha légèrement en avant, son ton plus sérieux.

-Mais ça, c'est grave, Jordy. S'il commence à semer des doutes, ils pourraient chercher à en savoir plus. Ils pourraient même... découvrir la vérité sur nous.

Le Drancéen serra les dents, visiblement frustré.

-Chéri, tu crois que je ne le sais pas ? Je suis coincé. Si je m'énerve contre lui ou que je change de chauffeur, ça attirera encore plus l'attention. Mais si je ne fais rien, il continuera à parler.

Le premier ministre resta silencieux un moment, réfléchissant. Puis, il reprit la parole, sa voix calme mais ferme.

-Écoute-moi bien. Tu ne peux pas laisser ces gens contrôler ta vie, Jordy. S'ils te surveillent, c'est qu'ils sentent que tu changes. Et tu sais quoi ? C'est une bonne chose. Ça montre que tu es en train de devenir quelqu'un de meilleur, quelqu'un qui pense par lui-même.

Il le regarda, surpris par ses mots.

-Tu crois vraiment ça ?

Le vieux hocha la tête avec conviction.

-Oui, je le crois et si jamais ils te posent des questions, tu leur réponds ce que tu veux. Tu n'as rien à leur prouver mais en attendant, on doit être encore plus prudents, mon coeur. Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal... ou qu'ils essaient de te discréditer.

Il esquissa un sourire amer.

-Discréditer ? C'est leur passe-temps favori mais tu as raison Gaby, je dois rester calme. Je ne peux pas leur donner une excuse pour me tomber dessus.

Gabriely lui offrit un sourire rassurant.

-Quoi qu'il arrive, je suis là.

Jordanynou serra la main de son rival dans la sienne, une étincelle de gratitude dans son regard.

-Merci, chéri. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

Il sourit, son ton plus léger.

-Tu serais probablement en train de faire des débats ennuyeux au lieu de profiter d'un bon déjeuner avec ton petit ami.

Amour improbableOù les histoires vivent. Découvrez maintenant