Chapitre 29.2 : Le prix de la candeur

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— Depuis le début, maréchale.

— Tery Vanian. Que cela te serve de leçon : tu ne pourras pas sauver tout le monde comme tu n'auras pas toujours la possibilité de faire des compromis, est-ce que tu le comprends ?

— Vous pouvez dire tout ce que vous désirez, maréchale mais ... si je commence à ne plus croire en cette possibilité, qu'est-ce qu'il me restera ?

— Tu es libre de penser ce que tu veux. Mais tu dois le garder pour toi. Dans certains moments, tu n'auras pas le choix que d'avoir la sinistre vérité en face de toi et que qu'importe le choix que tu décideras, des pertes l'accompagneront.

Elle est à ma hauteur. Je peux voir l'armure de plaques noires qui la recouvre de la tête aux pieds. Impossible de deviner ce à quoi elle pense sous cette dernière. Dans cette position, je suis incapable d'ignorer aussi qu'elle ... enfin, l'armure semble retenir des formes généreuses et ... pourquoi ? Pourquoi est-ce que je pense à ça maintenant ? Pour ne pas avoir à lui répondre directement ? Mais à quoi ressemble la maréchale sans cette armure ?

— Tu as un regard très déplaisant, Tery Vanian. Je t'ai permis d'éviter de trop te ridiculiser devant les autres mais je peux aisément changer cela si tu ne te décides pas à te relever.

Aussitôt demandé, aussitôt fait ! Je me retrouve debout, face à elle alors que des murmures se font entendre autour de nous. Quelle piètre démonstration de ma part. Surtout mon golem. Moi qui pensais vraiment pouvoir tenir tête à la maréchale, autant dire que je suis redescendu sur terre bien plus rapidement que prévu.

— Tery. Nous aurons à parler, toi et moi, au sujet ... de tes lignes.

Hein ? Quoi ? Mes lignes noires ? Le ton est bien plus faible, presque comme un chuchotement. C'est vrai que grâce à la maréchale et à Jolyaine, j'arrive maintenant à camoufler mes lignes d'une manière ou d'une autre mais je n'ai pas eu le temps de m'attarder plus en détails sur elles.

— Quand est-ce que vous voulez en discuter, maréchale ?

— Plus tard, dans la journée ... voire la soirée. Tu dois t'interroger plus que nécessaire sur tes lignes. Il est temps que tu en saches plus.

Sincèrement ? Je voudrais bien lui répondre que non, ça ne me traverse plus autant l'esprit qu'avant. Les soldats de notre escouade ne me regardent pas avec dédain et même si j'arrive à cacher d'une manière ou d'une autre mes lignes noires, je m'en suis vraiment peu préoccupé ces dernières semaines.

— Tery Vanian. Tu n'es plus en combat, ce n'est pas une raison pour ignorer ta supérieure.

— Non non ! Ce n'est pas ça, maréchale. Je veux bien ! Je suis pressé d'en savoir plus mais... vous êtes sûre que vous devez en parler ici ? Je veux dire ... Là, nous ne sommes pas seuls et en parler de la sorte, ils vont s'interroger et se faire des idées.

— Et quelle idée tu penses qu'ils pourraient avoir à notre encontre ? Est-ce que tu imagines vraiment ces gens penser de la sorte par rapport à ma personne ?

— Pas vraiment s'ils espèrent pouvoir vivre un jour de plus.

Je ne suis pas ironique mais sincère. La maréchale n'a pas une seule once de féminité. Ce n'est pas un reproche mais la réalité ! Elle ne peut pas se le permettre, j'en suis certain. Elle incarne la puissance et pour avoir le respect de tout le monde, j'imagine qu'elle a été obligée de faire quelques sacrifices.

— Est-ce que tu es en train de m'insulter, Tery Vanina ?

— NON NON ! PAS DU TOUT ! Quand vous voulez ! Où vous voulez !

Comment elle peut faire ça ?! Elle est capable de lire dans mes pensées ou quoi ?! Une goutte de sueur s'écoule le long de mon front alors que je secoue la tête vivement avec négation. Non, je ne veux pas mourir, pas trop jeune ! Pas de la sorte ! Pas de cette manière ! Elle est définitivement effrayante, qu'elle le veuille ou non.

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