Chapitre 20.2 : Sursis

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Mais comment fait-elle pour me couper autant la parole ? Je devrais très mal le prendre mais elle a un ton si impérial et autoritaire que je suis juste bouche bée et que je ne peux qu'accepter ses dires, en hochant simplement la tête, tel un pendule.

Récupérant mes affaires, me voilà derrière elle. Je ne peux pas faire l'affront d'être à ses côtés. Même moi, je sais qu'agir de la sorte, c'est me considérer comme son égal or, il en est tout simplement hors de question. Mais où est-ce qu'elle m'emmène ?

Je pensais vraiment aller avec les autres même s'il faut avouer que ça ne m'enchante guère mais finalement, nous prenons un chemin totalement différent. Je suis certain que ces nobliaux ont pris une autre route mais alors pourquoi m'emmener ailleurs ? Elle ne va pas me tuer hein ? Non. Pas après tout ce qu'elle a dit.

Depuis combien de temps marchons-nous ? Les minutes défilent et j'ai plus la sensation que nous tournons en rond ou que nous prenons des routes non nécessaires pour arriver à notre destination. Le souci, c'est que je n'ai aucune idée de la dite-destination. Et à partir de là, je ne vois pas vraiment quoi dire. Si j'ouvre la bouche, je vais avoir de gros ennuis donc autant me taire et juste suivre en silence.

C'est finalement au bout d'une bonne demi-heure de marche, au point où je me demande si nous n'avons pas quitté Midès que j'arrive devant une caserne militaire, totalement différente de celle d'auparavant. Il n'y a pas un seul soldat dehors, elle parait totalement vide et c'est à se demander si elle n'est pas abandonnée.

Mais en rentrant dans le bâtiment, mes craintes et appréhensions se transforment en étonnement. Non, malgré les apparences extérieures, le lieu est très bien entretenu, c'est propre et le tout a une valeur visuelle plus proche de celle qui m'attire. Je me sens mieux devant de tels murs, me rappelant le côté urbain que l'on peut avoir quotidiennement dans les rues des villages et petites villes, que tout cet aspect tape-à-l'œil de la précédente base.

—Tery Vanian, tu avances ? Je ne vais pas rester là à t'attendre.

La maréchale est vraiment une femme directe. Tout le contraire de l'Ombre. Pas que cela soit déplaisant. C'est juste qu'il faille s'y habituer car ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours. Et si je lui dis ça comme cela, je vais encore plus en pâtir, chose qui ne m'intéresse pas le moins du monde.

Être trop franc et sincère me causera du tort. Si je ne fais pas attention à mes paroles, certains les prendront très mal. Alors que nous pénétrons dans le bâtiment, c'est vraiment tranquille, trop tranquille. Il n'y a vraiment personne ou quoi ? Il est vrai qu'il est déjà assez tard, le temps est passé à toute allure mais bon...

—Voilà ta chambre individuelle. Dès demain, tu auras de plus amples informations sur ce qui va t'attendre. Et comme dit, s'il est nécessaire pour moi de devoir revenir pour voir tes progrès et avancées liées à ce livre, je le ferais. Mais il vaut mieux pour toi que je n'ai pas à revenir, Tery Vanian.

—Merci pour tout, maréchale Nali. D'une façon ou d'une autre, je me sens plus en paix qu'à mon arrivée. J'espère pouvoir vous...

Pas le temps de terminer ma phrase. Non, là, ce n'est pas une parole qui me coupe dans mes propos mais un coup de poing placé dans mon ventre, me faisant pouffer de douleur et m'écrouler au sol. Pourtant, je n'ai pas envie de vomir et de dégobiller mais ... argl !

—Tu parles trop, encore une fois. Cette place est simplement celle qui convient le mieux pour ce que tu es. Tu ne devrais pas remercier sans savoir. Maintenant ... Disparais.

Je me retrouve soulevé par le col, le bruit d'une porte qui s'ouvre et me voilà jeté dans une pièce qui sera la mienne. Quelques secondes plus tard, la porte est refermée, le bruit des solerets de métal qui s'éloigne ... et je suis seul. Seule la lueur de la lune éclaire la pièce par la fenêtre. Hmm ... Je n'ai pas vraiment l'occasion d'étudier l'endroit où je suis. Je peux apercevoir un lit et surtout, je suis plus que fatigué. J'ai juste envie de dormir.

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