Chapitre 35.2 : Petit monstre

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— Désolé... Je suis juste... désolé.

Mes excuses ne pourront jamais arriver jusqu'aux oreilles de l'enfant que je vais assassiner. Quittant ma demeure, je retourne en direction de l'orphelinat. Il n'y a que peu de torches allumées durant la nuit, pour venir éclairer les chemins mais ce n'est pas un problème. D'ailleurs, pendant que j'étais avec Tery, on entendait souvent des rumeurs chez les Mékalarmiens qui grâce à leurs capacités élémentaires, arrivaient à capturer les flammes ou même l'électricité pour les mettre dans des sphères capables d'éclairer pendant des heures durant. Il suffit juste de diffuser une bonne quantité dans la sphère et... ensuite, je n'arrive plus à m'en rappeler.

Bon... Ma main gantée se pose sur la dague accrochée à ma ceinture. Je suis devant le bâtiment où je vais accomplir mes méfaits. Il me faut faire le tour pour arriver dans le coin réservé aux dortoirs. Il ne me faut pas rentrer par la voie officielle mais par une fenêtre à l'étage, ouverte pour me permettre d'y aller en toute discrétion. Du moins, presque toute discrétion. Car dès l'instant où je pose le pied sur le plancher en bois, une voix masculine m'interpelle, la lueur d'une lanterne éclairant mon visage masqué de blanc :

— Vous voilà ? Les enfants sont tous au lit. Le reste du personnel ... est encore réveillé au cas où ... il nous faut vous aider. Je vais vous conduire jusqu'à la chambre d'Hino.

— Comment ... s'est passé le reste de la journée pour Hino ?

— ... ... ... Mal. Nous avons voulu lui faire plaisir mais les autres enfants ont cru qu'il était privilégié et ça n'a fait qu'empirer les choses. Nous avons cherché à calmer tout le monde mais c'était déjà trop tard. Nous avons essayé de le consoler malgré les pleurs mais ... ils ont cassé ses lunettes et...

— Merci, j'en ai assez entendu. Emmenez-moi jusqu'à sa chambre. Ils dorment toujours par groupe de quatre, c'est ça ?

— C'est exact. Les autres enfants dans sa chambre sont les rares qui ne lui causent pas de souci mais... eux aussi ont commencé à arrêter de lui parler ... depuis vous savez quoi.

Je n'ai pas besoin de plus de détails. Nous marchons lentement, très lentement, comme le ferait un surveillant de dortoir qui ne fait qu'inspecter les couloirs pour être certain que tout le monde dorme. Les chambres sont séparées, non-jumelées avec les autres. Il y a des pièces entre deux chambres d'enfants. Ce sont celles où les employés dorment. Cela permet d'éviter que certains petits malins quittent leur chambre durant la nuit de façon discrète ou non pour aller venir embêter leurs amis.

— Nous y sommes. C'est celle-ci. Merci pour tout.

— Ne me remerciez pas pour une chose que je n'ai pas encore commise et ... surtout pour une exécution de la sorte. Attendez un peu ?

C'est étrange. Très étrange. Non, le silence n'est pas le problème mais sous mon masque, je peux sentir une odeur singulière. Le surveillant à côté de moi s'arrête dans ses mouvements de départ, clignant des yeux avec interrogation.

— Que se passe-t-il ? C'est bien ici qu'il...

— Pouvez-vous vous... taire ? S'il vous plaît ? Et au cas où ... Prévenez les autres employés, je crois que c'est trop tard.

Je reconnais cette odeur. Une odeur métallique, caractéristique, que j'ai souvent rencontrée durant mes missions. Une odeur de sang ! Je fais apparaître mon arc dans mes mains, le surveillant exprimant sa surprise :

— Mais qu'est-ce que...

— Prévenez les autres employés. Je ne veux pas me répéter. Et... préparez-vous à mettre les autres enfants en sécurité.

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