Chapitre 30

37 2 0
                                        

- En avant !

Caspian marchait devant, suivit de Lucy et Edmund.

Alayne ressentit un pincement au cœur en le regardant. Il n'avait pas l'air dans sa meilleure forme. Ses cheveux étaient emmêlés, et en sortant de sa tente se matin elle avait pu voir des cernes sous ses yeux. Il n'avait pas beaucoup dormi.

Quelque part, elle était rassurée qu'elle n'était pas là seule à le vivre mal. Mais bien sûr, elle se sentait coupable de pouvoir penser une telle chose.

A côté d'elle, à l'arrière des troupes, Nyx percut son agitation mentale.

- Tu la envoyé baladé, hier ? Demanda-t-elle.

Alayne hocha lentement la tête. Une partie d'elle était satisfaite par son acte, mais une autre souffrait en silence.

- Le temps fait beaucoup de choses, tu sais. Nyx continua d'une voix douce.

- Je ne veux pas de ce temps, justement. Je- Je ne veux pas l'oublier. Contredit l'adolescente.

Nyx sourit.

- Tant mieux, car la prophétie doit se réaliser. Et Narnia a besoin de vous deux.

La prophétie.

Depuis quelques temps ils avaient réussi à la décortiquer. Seulement, plusieurs problèmes s'ouvraient à eux.

La ficelle avait disparu de sa boîte.

Et son cas avec Edmund était compliqué.

La question qu'elle se pose depuis qu'elle a comprit la dernière partie est toujours là même. Pourquoi. Mais il y a trop de pourquoi que pour les lister mentalement.

Les troupes devant s'arrêtaient. Curieuses, les deux guerrières longèrent les hommes pour rejoindre les deux rois et la reine devant.

- Que ce passe-t-il ? S'enquit la jeune fille.

La tête d'Edmund pivota vers elle, et elle put apercevoir ce qui ressemblait à du désespoir dans ses yeux bruns. Son cœur se tordit douloureusement mais elle décida de l'ignorer.

Ce fut Caspian qui lui répondit.

- Jadis. Lâcha-t-il entre ses dents.

Son regard suivit le sien, et un sifflement impressioné se glissa entre ses lèvres.

Devant eux, une plaine regorgeait d'une armée.

Pas la leur.

Des centaines de soldats, nains, minotaures, monstres de toutes sortes attendaient patiemment. En les voyant, ils se mirent a crier, agiter leur armes et a piétiner l'herbe autour d'eux.

Mais ce n'était pas tout.

Plus loin, sur un traîneau gigantesque tiré par deux ourses tout aussi immense, tronait Jadis. Alayne ne l'avait jamais vu de ses propres yeux. Elle l'avait imaginé, se basant sur les récits qu'Edmund ou Lucy avait bien voulu lui raconter.

Ses cheveux blancs étaient tressés dans son dos, son regard d'un bleu glacial. Calculateur, mauvais. Elle était vêtue d'une cape en peau de loup, qui s'étendait jusqu'à ses jambes.

- Alayne. Souffla Lucy.

Alayne fronça les sourcils avant de suivre du regard le doigt qu'elle pointait.

Son sang se glaça dans ses veines.

Jadis avait été plus rapide que eux.

La boîte avait été retrouvé vide, parce que d'autres l'avaient trouvé avant eux.

Jadis.

Et son armée.

Son regard s'était arrêté sur son poignet gauche. Un éclat doré scintillait, laissant deviner ce qu'elle portait.

La ficelle de vie.

Autrement dit, elle était immortelle.

- Par la crinière d'Aslan. Jura Edmund.

Je le sentit se raidir derrière moi a la vue de la sorcière. Ma main se tendit par réflexe vers lui mais je me retient juste a temps. Par chance, il n'eut pas l'air de le remarquer. Ou alors, il faisait tout comme. Dans les deux cas, ca l'énervait.

Alors, Alayne préféra ne pas lui donner de l'attention.

- Que fait-on maintenant ? Demanda-t-elle à Caspian.

Le roi ne répondit pas. A la place, son regard examina la sorcière avec froideur. Finalement, il leva son épée. Les troupes se mirent a hurler, brandissant leur armes avec impatience. De ce que la jeune fille comprenait, ils n'attendaient qu'une chose. Se battre et enfin se débarrasser de la sorcière. Au péril de leur vie. De ses yeux bleus, elle embrassa les narniens du regard. Qui sait, entre eux se trouvait quelqu'un qu'elle verra pour la dernière fois.

Quand les soldats se turent, Caspian abaissa légèrement son épée dans un axe précis avec son épaule.

- Pour Aslan, et pour Narnia ! Rugit-il.

Ce fut le signal. Dans sa foulée, Alayne vit les autres se ruer en avant. Au milieu de la foule, elle se relacha en voyant Nyx a son côté.

- Fais confiance à ton instinct, lui murmura la guerrière avant de fondre sur un ennemi à sa droite.

L'adolescente ne put s'empêcher d'admirer. Ses gestes étaient précis, vif. Nyx ressemblait à un chat qui bougeait. Rapide. Souple. Ses yeux verts brillent de plaisir à chaque être qu'elle égorga avec ses ombres. La femme n'a pas besoin d'arme. Elle est plus forte que ça.

Alayne se demanda comment c'était possible qu'elle l'ait presque battu.

Ce jour là, une puissance inconnue pulsait en elle avec la rage qu'elle éprouvait. Cette rage avait diminuée. Et elle ne pourrait pas se battre comme elle lavait fait avec Nyx. Parce que pour l'instant, elle se sentait faible.

Tout juste, elle évita une flèche lancée de devant. Il fallait qu'elle se concentre. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire.

- Attaquez la ! Hurla un orge au loin.

Levant la tête, la jeune fille comprit que c'était d'elle qu'il s'agissait. Nyx laissa tomber un nain au sol, mort et vint se placer derrière elle.

- Nyx, laisse moi gérer ca seule.

La guerrière baissa la tête vers Alayne et sembla hésiter un moment avant de hocher la tête.

- Bien, murmura-t-elle a contrecœur, faisant un pas en arrière.

Reconaissante, elle fit jouer la dague entre ses doigts avant de se lancer vers l'orge. A vrai dire, l'adolescente savait pourquoi c'était après elle qu'ils en avaient. Jadis avait décortiquer la prophétie.

Le mystère restait, comment avait-elle compris de qui il s'agissait ?

D'un geste vif, elle se glissa sous la lance que brandissait son ennemi pour réapparaître derrière lui. Sa dague s'ajusta dans ses mains pour être dans la bonne position pour l'attaquer dans la nuque.

- Pas si vite, grogna-t-il.

En pivotant, il lui donna un coup de pied au tibia. Avec un hoquet, elle réagit au quart de tour. Sa dague plongea dans sa jambe exposée, ce qui lui fallut un cri de douleur.

Haletante, la jeune fille retira quelques de ses mèches ondulées qui lui tombèrent devant les yeux le temps qu'il se retourne.

- Alayne ! Hurla Edmund.

Le temps qu'elle se retourne, un coup lui atterit sur la nuque.

Ma ForceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant