Chapitre 31

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LE VENDREDI.
DEBORAH.

Je finissais tout juste de passer du gloss sur mes lèvres lorsque j'entends un klaxon par la fenêtre. C'est sûrement le Uber qu'a commandé Salomé. Comme sa grossesse est avancée, elle ne peut plus conduire. On est dans la même situation mais ça, elle ne le sait pas. Et je ne compte pas lui dire d'ailleurs. Trop de choses se sont passées depuis qu'on a prié avec Béni, le SEIGNEUR nous a révélé beaucoup de choses.

En tous cas, je rend seulement grâce et je prie qu'IL nous garde mon mari et moi.

Deborah - Bonjour bonjour, comment ça va ? Dis-je assez fort en approchant le véhicule.

Salomé - Tu es rayonnante ma soeur, waouh ! Me répond-elle par la fenêtre.

Je fais le tour de la voiture et m'y installe avant de refermer la portière.

Deborah - Merci beaucoup, et toi alors ? La grossesse te va trop bien. Je lui souris avant de regarder ses ongles, waouh j'aime beaucoup ta manucure. C'est qui ta prothésiste ?

Salomé - Tu te rappelles de ma cousine là à l'époque, elle avait lancé son business tout ça. Eh bah maintenant elle a grave percé, elle fait les ongles de beaucoup d'influenceuses. Moi tu connais elle me fait le prix de la famille, elle ricane, en tous cas je suis bénie ! Ma meilleure amie est maquilleuse, elle dit en cognant mon épaule avec la sienne, ma cousine prothésiste... Je suis à l'abri !

Je souris gentiment.

Deborah - Tant mieux pour toi Salomé, je m'étire, alors on va là où on avait décidé ? Où tu avais trouvé un autre coin ?

Salomé - Non même pas, c'est le même café. J'espère seulement que c'est halal sinon je vais me contenter d'un verre d'eau et ça s'arrêtera là. Elle tapote sur l'écran de son téléphone, faisant claquer ses ongles sur le petit appareil. Ya Rabbi*, c'est pas possible, mais c'est vrai un incapable celui-là. Excuse-moi ma belle je dois passer un appel.
(*Mon Dieu)

Deborah - Pas de problème, j'en profite pour envoyer un court message à mon mari.

Salomé - Hmar*, tu penses que j'rigole avec toi ? C'est la dernière fois que tu fais foirer mon marché. Tu crois que je te payes pour quoi, espèce d'incapable !
?? - [...]
Salomé - Eh je veux rien savoir, t'as cassé tu vas rembourser mon coco. Tu m'as très bien entendu, incompétent que tu es. C'est la dernière fois tu m'entends ?! Non mais je rêve ! Elle raccroche, mais il est malade la-c'ui, genre on a élevé les vaches ensemble *tship*. Il m'a grave vénère, ça y est.
(*Imbécile)

Quand c'est comme ça, je préfère ne rien dire durant les quelques minutes qui suivent. Généralement, elle finit par parler pour évacuer. Je n'ai pas forcément envie de l'écouter déverser sa colère sur autrui. Avant, cela ne m'aurait pas déranger mais aujourd'hui c'est différent.

Salomé - *long soupir* Ma belle je t'assure faire du commerce c'est pas des blagues, elle secoue la tête de gauche à droite, je te raconte quand on arrive. Désolée d'avoir crié mais ce qu'il m'a fait là, dinguerie.

Deborah - Ne t'excuse pas, ça arrive à tout le monde de se mettre en colère. Le plus important c'est de ne pas rester en colère, c'est ce que ma mère m'a toujours dit, j'esquisse un léger sourire en avisant la réponse de Béni.

« Qu'est-ce qu'il me rend heureuse cet homme »

Salomé - T'as raison wAllah*, elle range son téléphone dans son sac, on arrive bientôt Incha'Allah**.
(*Je te jure ; **si Dieu le veut)

RestaurationOù les histoires vivent. Découvrez maintenant