Les heures n'existent plus.
Pas vraiment.
Seulement la lumière qui filtre parfois à travers les lattes tordues de la fenêtre, et le noir qui revient ensuite. Encore et encore.
Tu ne sais plus si tu es restée attachée une journée ou dix.
Tes poignets sont brûlés par la corde.
Tes bras endoloris.
Ton esprit... vide.
Jeff vient. Parfois. Avec un bol. Avec un sourire. Avec ses mots sucrés, distillés comme du poison.
« Tu dois manger, T/P. T'as besoin de force. Je veux pas que tu tombes malade, hein. »
Il te nourrit lui-même. Il parle comme à une enfant. Il rit. Il pose sa main sur ta joue, essuie ce qu'il pense être une larme — mais c'est de la sueur. Ou peut-être du sang séché.
Tu ne réagis plus.
Mais à l'intérieur, tu hurles encore.
Le deuxième jour — ou le cinquième, qui sait — il te détache.
Juste un instant.
« Faut que tu marches un peu, princesse. Sinon tu vas te rouiller. »
Il t'attrape par la taille et te soulève comme une poupée de chiffon. Ton corps est faible. Tu chancelles. Tu veux courir, hurler, le frapper — mais rien ne vient.
Ton regard tombe sur la porte en métal, au fond du couloir.
Fermée. Silencieuse.
Mais elle vibre. Tu le sens. Quelque chose y vit, derrière.
Jeff te suit du regard.
« T'en approches pas, okay ? »
Tu hoches la tête. Tu mens.
Il t'amène dans la cuisine. Il a préparé des pâtes.
Des pâtes. Trop cuites. Collantes. Mais fumantes. Et il est... fier.
« Tu vois ? J'apprends. Pour toi. Tout pour toi. »
Il s'assoit en face de toi, les jambes croisées, le couteau posé près de son assiette comme une fourchette. Il te regarde manger. Chaque bouchée est une victoire pour lui. Chaque mastication, un "je t'aime" silencieux qu'il croit lire sur ton visage.
Tu baisses les yeux. Tu manges. Tu veux survivre.
Mais au fond de toi, quelque chose s'effrite.
Tu ne comprends pas pourquoi... quand il te sourit avec ses yeux blessés, tu sens ton cœur se serrer.
Plus tard, il te ramène dans la chambre.
Tu ne résistes pas. Pas ce soir.
Il ne t'attache pas.
« Tu vois ? Je te fais confiance. Parce que je sais que tu m'aimes déjà un peu. Tu veux juste pas te l'avouer. »
Tu ne réponds pas. Mais tu ne cries plus.
Et il semble s'en contenter.
Il s'allonge près de toi, sans te toucher. Il t'observe dans le noir.
« C'est bien, comme ça, hein ? Juste nous deux. Loin du monde. Personne pour t'abîmer. »
« Personne sauf toi », penses-tu.
Mais tu ne le dis pas. Parce qu'il pourrait redevenir ce monstre. Parce qu'il est ce monstre.
Et pourtant...
Tu te demandes, parfois, si ce n'est pas toi qui perds la tête.
Il t'offre une couverture. Il te raconte des histoires. Certaines sont vraies. D'autres, délirantes. Il parle de son frère, Liu, avec des sanglots dans la voix.
« Je l'ai pas tué, tu sais. Mais il m'a laissé. Comme tous les autres. »
« Et toi... tu restes. »
Tu as envie de hurler : « Parce que je ne peux pas partir ! »
Mais tu ne veux pas que ce doux ton disparaisse. Tu ne veux pas que son sourire se fende en deux.
Tu commences à avoir peur du silence entre vous.
Tu préfères l'entendre parler que le voir se taire.
Un matin — ou peut-être une nuit — il ouvre les rideaux. Un peu.
La lumière perce. Faiblement.
Tes yeux pleurent, agressés.
« T'as besoin de voir le soleil. Il faut que tu restes jolie. »
Il te coiffe. Lentement. Il tire parfois trop fort sur tes cheveux. Puis s'excuse.
Il glisse un ruban dans tes mèches. Un vieux ruban rouge. Tu ne sais pas d'où il vient.
« T'es parfaite. T'es ma perfection. »
Et toi... tu hoches la tête.
Un réflexe. Une soumission.
Ou un début d'acceptation ?
Ce soir-là, il t'offre un cadeau.
Un carnet. Relié. Un peu usé.
« Tu peux écrire dedans, si tu veux. Tes pensées. Des trucs à moi. Des choses que t'aimes. »
Tu l'ouvres. Il a déjà écrit une phrase.
"Je t'aime. Même quand tu me hais."
Tu relèves les yeux vers lui. Il semble si... sincère.
Et toi ?
Tu ne sais plus ce que tu ressens.
Tu écris, parfois. Des mots. Des choses confuses.
Parfois des "Je veux rentrer."
Parfois des "Pourquoi est-ce que je pleure quand il part ?"
Il t'emmène dehors. Juste devant la cabane.
Tu sens le vent. Tu entends les feuilles.
Tu respires enfin.
« Pas de conneries, hein ? Je peux te faire confiance. »
Tu hoches la tête. Et tu restes.
Tu ne fuis pas.
Pas ce jour-là.
Et ce soir-là, quand il referme la porte, tu sens ton cœur se briser un peu plus.
Parce qu'une partie de toi aurait pu courir. Hurler.
Et tu ne l'as pas fait.
Plus tard, dans la nuit, tu pleures. Silencieusement. Contre le mur.
Jeff dort près de toi. Pas collé. Pas menaçant. Juste là. Présent. Brisé. Comme un enfant.
Tu entends sa respiration.
Et, sans savoir pourquoi, tu tends la main.
Tu la poses sur son épaule. Juste un instant.
Il bouge. Murmure.
« T/P... »
Et son bras t'enlace dans son sommeil.
Tu ne bouges pas.
Et tu te demandes, les larmes coulant sur ta joue :
« Est-ce qu'il y a encore un humain là-dessous ? Ou est-ce que c'est moi qui me transforme ? »
Tu ne sais plus qui tu es.
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Jeff yandere x reader
Fiksi RemajaBonjour tout le monde, tout d'abord la couverture viens de Pinterest puis je vais écrire cette 2eme ff sans prise de tête donc ( incohérences, fautes d'orthographe...) J'ai eu l'idée avec l'appli charactere.ai (C.Ai) Donc voili voilou, (T/p) = ton...
