Chapitre 34

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L'air était lourd, saturé de l'odeur métallique du sang et de la terre humide qui remontait des racines des arbres. La cabane semblait respirer, comme un organisme vivant, chaque planche grinçant sous le poids des souvenirs qu'elle renfermait. Les murs, autrefois ternes et usés par le temps, se faisaient maintenant témoins silencieux des ombres qui hantaient cet endroit depuis trop longtemps. Jeff n'était plus qu'un spectre qui errait dans l'obscurité de la nuit, mais son esprit restait toujours aussi vif, toujours aussi obsédé par toi.

Tu te tenais là, les mains tremblantes, observant les ombres qui dansaient sur les murs de la pièce. Le silence était lourd, oppressant. Chaque souffle que tu prenais te semblait plus lourd, plus suffocant. Mais tu savais que tu n'étais plus seule, que même si tu voulais échapper à tout cela, il ne te laisserait jamais partir. Ses paroles résonnaient encore dans ta tête : "Tu ne peux pas partir. Pas sans moi."

Il était là, juste à quelques pas de toi, assis sur le vieux fauteuil en cuir déchiré, observant les flammes vacillantes dans la cheminée. La lumière dansait sur son visage, accentuant les lignes profondes de son sourire figé. Ses yeux brillaient dans l'obscurité, noirs comme la nuit, et tu savais qu'il était là, dans cette pièce, pour une seule raison : te posséder.

Un frisson parcourut ton échine, te rappelant à quel point il était devenu un homme que tu ne pouvais plus comprendre, un monstre façonné par ses propres démons. Et pourtant... tu n'arrivais pas à te détacher de lui. Une partie de toi, une petite partie, le désirait encore, malgré tout ce qu'il t'avait fait. Les chaînes invisibles de la dépendance, du syndrome de Stockholm, te maintenaient prisonnière.

Tu baissas les yeux, les bras croisés sur ta poitrine, dans une tentative maladroite de te protéger, de t'isoler de ce qu'il était devenu. Mais il n'était pas du genre à te laisser partir aussi facilement. Ses pas lourds résonnèrent dans la pièce tandis qu'il se levait lentement, chaque mouvement parfaitement calculé, comme s'il savait qu'il avait tout le contrôle sur toi.

Il s'arrêta devant toi, trop proche, et tu sentis son souffle tiède effleurer ta peau. Un frisson d'angoisse parcourut ton corps, mais tu ne bougeas pas, t'empêchant de reculer. Si tu bougeais, si tu tentais de fuir, il te rattraperait. Il avait ce regard, celui de l'homme qui savait que sa proie ne pouvait s'échapper. Et tu étais sa proie.

"Tu ne comprends pas, n'est-ce pas?" murmura-t-il, sa voix basse, presque douce. "Tout ce que je fais, je le fais pour toi. Parce que je t'aime. Parce que... tu m'appartiens."

Ses mots résonnèrent dans ta tête comme un écho. Tu avais du mal à saisir la réalité. À quel point il avait tort, à quel point il était malade. Mais d'un autre côté, une petite voix, faible, te soufflait que ce qu'il disait était peut-être vrai. Il t'aimait. D'une manière déformée, mais il t'aimait. Tu n'avais jamais été aussi perdu.

Il sourit, ses lèvres se tordant dans une grimace malsaine alors qu'il effleurait une mèche de tes cheveux. "Je sais ce que tu penses. Tu penses que tu veux t'échapper, mais tu n'en as pas la force. Regarde-toi... Tu es déjà mienne."

Tu baissas les yeux, honteuse. Une partie de toi voulait le repousser, crier, tout briser. Mais une autre partie de toi, plus profonde, plus secrète, te poussait à l'accepter. Comme si tu ne pouvais pas lui échapper, comme si tu n'avais nulle part où aller. Et cette pensée, cette réalité déformée, te brisait un peu plus à chaque instant.

Il attrapa doucement ton menton, forçant ton regard à se fixer sur lui. Ses yeux brillaient d'une lueur fiévreuse. "Tu sais... je suis fatigué de tout ça. De t'attendre. De te regarder te débattre. Mais... je ne peux pas te laisser partir. Je t'ai fait une promesse."

Les souvenirs du passé affluent dans ton esprit. Les moments où tu avais cru pouvoir t'échapper, où tu avais cru qu'il y avait encore une chance. Mais chaque tentative s'était soldée par un échec, et à chaque échec, il devenait plus fort. Plus présent. Et toi, plus faible. Comme si tout ce qui te restait était de t'abandonner à cette folie.

Jeff yandere x reader Où les histoires vivent. Découvrez maintenant