Chapitre 27

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Le soleil se couchait lentement, plongeant la petite cabane dans une lumière tamisée, presque irréelle. Les ombres se prolongeaient sur le plancher de bois, dansant au rythme du crépitement du feu. C'était une scène tranquille, mais elle n'était rien d'autre qu'un mirage. La paix qui semblait régner dans l'air n'était qu'un masque fragile, prêt à se briser sous la moindre pression.

Elle était là, assise dans un coin sombre de la pièce, les bras serrés autour de ses genoux repliés contre elle. Elle n'avait pas bougé depuis des heures. Ses yeux, fixés sur le feu, semblaient vides. Une lassitude profonde l'envahissait, mais elle ne parvenait pas à la combattre. Elle ne savait plus comment en sortir.

Chaque jour, la situation semblait se tordre un peu plus, comme un cauchemar dans lequel elle se retrouvait piégée sans issue. Ses pensées tournaient sans cesse en boucle, oscillant entre la culpabilité et l'impuissance. Chaque mot de Jeff, chaque geste, tout était pesé, calculé. Mais ce qui l'effrayait le plus, c'était qu'elle ne savait plus où s'arrêtaient ses propres pensées et où commençaient les siennes.

Était-elle victime ou complice ?

Elle se sentit brusquement prise de vertige. Avait-elle choisi d'être là, ou était-ce une décision qu'on lui avait imposée ? Ces questions tourbillonnaient dans sa tête, mais elle n'avait aucune réponse. Elle se sentait vide, une coquille, un spectre de ce qu'elle avait été avant qu'il ne la trouve. Avant qu'il ne l'entraîne dans cette danse macabre, où il était à la fois l'orchestre et la seule note qu'elle entendait.

Les bruits de pas lourds sur le plancher la firent sursauter. Elle leva les yeux. Il était là, dans l'encadrement de la porte, son visage impassible à la lumière du crépuscule. Jeff. Toujours aussi énigmatique, toujours aussi déstabilisant. Son regard, vide de toute compassion, la transperçait comme une lame.

Il s'avança, sa silhouette se découpant dans la pénombre. Ses yeux brillaient d'une lueur inquiétante, un éclat sombre qui ne présageait rien de bon. Elle tenta de détourner le regard, mais il la fixait toujours, comme si rien d'autre n'existait.

Jeff : « Tu sais... il n'y a pas de sortie. Pas pour toi. »

Les mots, simples et froids, s'échappèrent de ses lèvres avec une telle aisance qu'ils en devenaient encore plus terrifiants. Comme s'il connaissait la vérité avant même qu'elle ne la comprenne. Comme s'il savait ce qu'il allait devenir de sa vie, bien plus que ce qu'elle-même en savait.

Il s'approcha encore, son regard ne quittant pas le sien. Il était comme un prédateur qui, lentement, savourait sa prise.

Il : « Tout ce que tu as à faire, c'est accepter. Accepter ce que je t'offre. »

Elle serra les poings. Elle n'avait jamais eu de liberté ici. Il avait fait d'elle une prisonnière de son propre esprit. Chaque moment passé avec lui était un pas de plus vers la perte de son identité, de son humanité. Mais cette sensation, ce sentiment qui la faisait hésiter... est-ce qu'il avait raison, en fin de compte ? Peut-être que la véritable souffrance venait de sa résistance. Peut-être qu'elle aurait dû se soumettre plus tôt.

Mais non. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle savait que ça ne pouvait pas durer.

Elle se leva brusquement, comme si le simple fait de rester immobile allait la briser. Mais elle savait qu'il était déjà là, qu'il avait déjà tout vu. Elle n'échappait à rien. Il savait tout.

Les yeux de Jeff suivaient chacun de ses mouvements, un sourire imperceptible naissant sur ses lèvres. Il se déplaça lentement, se rapprochant d'elle, mais sans la toucher. Pas encore. Il voulait observer sa lutte. Il voulait voir jusqu'où elle irait, jusqu'où elle allait se perdre.

Elle se recula de quelques pas, sans vraiment savoir où aller. Elle n'avait nulle part où fuir.

Elle : « Je... je ne veux pas de ça. »

Sa voix tremblait, mais elle faisait de son mieux pour la maintenir ferme, pour ne pas céder à la terreur qui la saisissait de plus en plus. Mais chaque mot qu'elle prononçait semblait se dissoudre dans l'air. Rien n'avait de sens. Elle était prisonnière d'un jeu cruel.

Jeff : « Tu sais très bien que tu n'as pas le choix. »

Il s'arrêta devant elle, son regard perçant se posant sur elle comme un fauve qui scrute sa proie avant de se jeter dessus. Il avait ce pouvoir sur elle, ce pouvoir qu'elle détestait mais qui la rendait si vulnérable. Son regard était un abîme, et elle y tombait sans fin.

Elle recula une nouvelle fois, mais cette fois, Jeff n'eut pas l'air de la suivre. Il resta là, observant. Il voulait qu'elle choisisse, qu'elle fasse ce geste qu'il attendait. Mais il savait qu'elle se mentait à elle-même. Elle avait déjà fait son choix. Elle était là, avec lui, et elle y restait.

Les murs de la cabane semblaient se rapprocher lentement. Chaque souffle, chaque battement de cœur semblait résonner de manière déformée, comme si tout ce qu'elle vivait était amplifié, distordu. Elle sentait la folie l'envahir, mais elle ne savait plus comment s'en échapper.

Elle : « Tu m'as brisée. »

Elle prononça ces mots presque sans y penser, mais en les disant, elle ressentit un poids immense s'abattre sur ses épaules. Les larmes montaient, mais elle se força à les retenir. Il n'avait pas besoin de voir sa faiblesse. Pas encore.

Jeff : « Non, tu ne m'as pas été brisée. Tu as accepté de l'être. »

Sa voix était douce, presque caressante, mais elle savait que c'était une illusion. Il savait exactement ce qu'il faisait, et chaque mot qu'il prononçait la maintenait dans ce piège mental. Elle était déjà là, dans la brume de la folie, et il n'y avait pas de chemin pour en sortir.

Il s'avança enfin, son corps se collant au sien, mais d'une manière presque théâtrale, comme si ce rapprochement était une étape dans un rituel qu'il voulait mener à bien. Il la força à le regarder dans les yeux, à affronter ce qu'il était, ce qu'il lui avait fait. Elle se sentit prise dans un tourbillon d'émotions contradictoires. Il la poussait dans cette folie, mais... elle ne savait pas si elle le haïssait ou si elle en était amoureuse.

Jeff : « Tu vois... tu n'es plus la même. » Il s'arrêta un instant, son regard s'adoucissant, mais d'une manière terrifiante. « Mais c'est ça que j'aime chez toi. Tu es mienne. »

Elle se retrouva incapable de répondre. C'était plus qu'une simple soumission, plus qu'une dépendance. C'était une certitude. Elle était mienne. Les mots résonnaient dans sa tête comme une phrase hypnotique.

Elle ne savait plus quoi penser, mais une chose était sûre : elle avait franchi un point de non-retour. Il l'avait fait entrer dans son monde, et à présent, elle ne pouvait plus en sortir. Elle n'avait nulle part où aller.


Jeff yandere x reader Où les histoires vivent. Découvrez maintenant