Chapitre 31

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La brume du matin avait envahi la cabane, se mêlant à l'obscurité persistante du soir, créant un espace où le temps semblait suspendu, presque irréel. Le vent soufflait encore, cette fois plus doucement, mais les murs de la petite cabane étaient comme des murs de béton, solides et oppressants, les murs d'une cage. La lumière de l'aube qui filtrait à travers les fissures de la cabane donnait à l'air une texture brumeuse et lourde. Les ombres dansaient, déformées par le faible éclairage, semblant bouger par une force invisible, exactement comme ses pensées qui se dérobaient sous ses doigts, incertaines et confuses.

Elle était là, assise sur le lit, les jambes repliées contre son corps. Le contact avec la froideur du matelas la maintenait ancrée à la réalité, ou du moins, c'est ce qu'elle se répétait. Les bras autour de ses genoux, elle fixait le sol, ses pensées noyées dans le tourbillon de la douleur. Chaque petite respiration qu'elle prenait lui paraissait une épreuve. L'air dans la cabane devenait plus épais à mesure qu'elle se noyait dans la mer de ses émotions.

Jeff n'était pas là. Il était sorti tôt ce matin, laissant derrière lui une impression étrange de calme avant la tempête. Mais cette tranquillité, elle la savait fragile. Il reviendrait, forcément. Et quand il reviendrait, ce serait pour raviver le brasier des flammes qui brûlaient déjà dans cette maison en ruine, dans son cœur.

Elle ferma les yeux. Elle avait peur. Peur de ses propres pensées. Peur de ce qu'elle ressentait. Elle n'arrivait plus à se concentrer sur autre chose que l'image de lui, de sa voix grave, de la douceur perverse de ses gestes. Elle savait qu'il jouait avec elle. Elle le savait depuis le début. Mais chaque jour passé avec lui faisait en sorte que ses propres barrières s'effritaient un peu plus. Il l'avait possédée.

Un bruit de porte qui grince la tira brusquement de ses pensées. Ses muscles se tendirent, son corps tout entier sursautant à l'idée de ce qui allait suivre. Elle savait qu'il était de retour.

Le bruit des pas se fit plus distinct, plus lourd. Chaque pas était un rappel de l'emprise qu'il exerçait sur elle. Il entra dans la pièce sans un mot, sans un regard, mais elle ressentit immédiatement sa présence envahir l'espace. Il se dirigea vers elle, et pourtant, elle ne bougea pas. Elle attendait. Attendre. Une posture qu'elle avait adoptée depuis trop longtemps.

Il s'arrêta devant elle, la fixant sans rien dire. Il avait ce regard, impénétrable, cette façon de scruter son âme, d'une manière qui la faisait se sentir nue, exposée, sans défense. Ses yeux sombres semblaient l'engloutir, et elle savait qu'elle ne pouvait pas échapper à son regard.

Jeff : « Tu as l'air perdue. »

Ses mots étaient à la fois doux et tranchants, comme des lames déguisées en caresses. Elle savait que ses intentions n'étaient jamais innocentes. Mais elle se contenta de répondre en silence, un faible sourire accrochée à ses lèvres. Elle n'avait plus la force de mentir. Elle n'avait plus la force de rien.

Il s'agenouilla lentement devant elle, la fixant toujours, scrutant chaque micro-expression de son visage. Ses doigts se posèrent doucement sur ses bras, comme une tendre menace. La froideur de sa peau contrastait avec la chaleur croissante qui s'emparait d'elle à chaque geste.

Jeff : « Tu veux savoir pourquoi je fais tout ça ? » Il marqua une pause, comme s'il la laissait digérer la question. « Parce que je t'aime. »

Le ton était tranquille, mais la manière dont il avait prononcé les mots, l'intensité dans son regard, fit naître une étrange sensation en elle. Ce n'était pas de l'amour. C'était autre chose. C'était le besoin, l'envie de dominer, d'asservir. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si elle l'avait fait, elle aussi, devenir ainsi. Si, d'une manière ou d'une autre, elle avait contribué à cette spirale infernale.

Elle baissa les yeux, incapable de soutenir le poids de son regard.

Elle : « Pourquoi m'enfermer ici ? Pourquoi ne pas simplement me laisser partir ? »

Sa question résonna dans la pièce, fragile, vacillante, comme un dernier cri d'espoir. Mais même en la posant, elle savait que la réponse ne viendrait jamais. Elle le savait. Il ne la laisserait jamais partir. Il ne pouvait pas la laisser partir.

Jeff se leva lentement, son mouvement fluide comme celui d'un serpent prêt à frapper. Il la surplombait de toute sa hauteur, une présence imposante, presque menaçante. Mais il ne répondait pas immédiatement. Il attendait.

Et puis il parla, sa voix plus basse, plus intime cette fois, comme s'il lui faisait une révélation qu'elle n'était pas prête à entendre.

Jeff : « Parce que tu m'as choisi. Depuis le début, tu m'as choisi. Tu as voulu cette relation, tu as voulu cette captivité. Chaque fois que tu me regardes, chaque fois que tu me laisses toucher ta peau, tu fais ce choix. » Il se pencha encore un peu plus près, son souffle caressant son visage. « Tu m'appartiens. »

Elle frissonna sous ses mots, une sensation d'horreur la traversant, mais en même temps, il y avait cette part de vérité qu'elle ne pouvait ignorer. Elle savait que c'était lui qui la guidait, mais elle ne pouvait plus savoir si elle le suivait par peur, par désir, ou par quelque chose d'encore plus insidieux. Elle avait voulu fuir au début, elle l'avait fait. Mais maintenant... Maintenant, elle ne savait plus.

Elle se leva lentement, repoussant ses jambes, les genoux tremblants. Elle se força à le regarder, à défier son regard, mais chaque fibre de son être lui criait de reculer, de se laisser emporter dans le tourbillon qu'il créait. Il se rapprocha encore, son corps élevant la tension de la pièce, le danger palpable.

Elle : « Et si je te disais que je ne voulais plus être ici ? Que je ne voulais plus être avec toi ? »

Le sourire qui s'étira sur ses lèvres la terrifia. Il s'approcha encore, l'air plus confiant que jamais, et sa voix, à nouveau douce, à la fois menaçante et terriblement séduisante, la fit frémir.

Jeff : « Tu ne veux pas partir, chérie. Tu ne veux pas vraiment partir. »

Il tendit la main, effleurant délicatement sa joue. Le contact le plus doux devenait un poison, chaque caresse une gifle mentale. Elle savait que ses mots étaient vrais. Elle ne voulait pas partir. Elle ne pouvait pas. Ce désir d'évasion s'éteignait à chaque tentative. Elle était prisonnière de ses propres contradictions.

Lentement, il la guida vers la porte, sans un mot, comme un marionnettiste contrôlant ses fils. Elle n'osait plus s'opposer, se contentant de suivre le mouvement, ses pensées se noyant dans l'abîme de son esprit. Lorsqu'ils arrivèrent au seuil de la porte, il se tourna vers elle, son regard fixe, plein de cette certitude qui la brisait chaque fois.

Jeff : « Tu vois, tout ça... c'est ton choix. »

Et il la poussa doucement à l'extérieur, là où la lumière du jour l'aveugla brièvement. La porte se referma derrière elle dans un bruit sourd. Elle se tenait là, dans l'air frais du matin, et pourtant, elle se sentait plus captive que jamais.

Jeff yandere x reader Où les histoires vivent. Découvrez maintenant