Le lendemain se fut plus triste car nous étions vendredi. Ce soir, j'allais rentrer à la maison, accompagnée de Jérôme. Malheureusement, la journée est passée trop vite, comme si elle savait et que plus j'essayais de la retenir plus elle s'efforçait de m'échapper.
Je sors de mon dernier cours lorsque j'aperçois au loin Mathieu sortant de la salle des professeurs, il semble décider par la direction qu'il prend et je me rends vite compte que c'est vers moi qu'il se dirige. Il s'arrête en face de moi et me tend sa main qu'il m'ouvre sur un morceau de papier.
- Prends-le !
Je lève un sourcil interrogateur, il me tend un peu plus sa main m'encourageant du regard. Je prends le bout de papier et l'ouvre devant lui. Il enchaine en regardant autour de lui, guettant les environ, baissant la voix dès qu'un élève passe près de nous.
-C'est mon numéro de portable. Je sais que je n'ai pas le droit, mais si jamais il t'arrive quoi que ce soit, je veux que tu m'appelles. Ok ?
Je suis surprise par son geste et puis je me souviens du mot « ami ». Je ne sais pas si c'est vraiment raisonnable...
-Je...je ne peux pas accepter, je ne veux pas que vous ayez des problèmes à cause de moi. Je fais trop d'erreur en ce moment, je n'ai pas envie de vous entrainer dans ma chute. Je me demande sérieusement s'il n'éprouve pas de la pitié à mon égard. Même s'il m'arrive quelque chose, ce n'est pas avec son numéro de téléphone que ça changera la donne.
- Ne t'inquiète pas pour moi, je suis le seul responsable de mes actes, alors accepte, s'il te plaît.
Je trifouille le papier et finis par hocher la tête. Au pire, je le jetterai ou le brûlerai.
-Je te dis au revoir et à lundi prochain Mailly. Il me sourit et me tapote la tête.
Il me tourne le dos et commence à s'éloigner, lorsque sans réfléchir je le rattrape par la main. Il se retourne et je le lâche d'un seul coup tous deux surpris de mon geste.
-Désolée,... je tenais juste à vous remercier pour hier. Je fixe ses yeux qui on reprit une couleur plus claire, il semble encore stupéfait par ma bêtise, ce qui me gêne encore plus.
-Ce n'est rien. Je n'aime pas te voir triste. Je préfère t'entendre rire à des kilomètres.
-Eh, ne vous moquez pas de moi.
C'est vrai que quand je rigole, j'ai dû mal à être discrète. Une ancienne partie de moi qui est resté.
-Tu vois je te préfère avec ce sourire.
Alors que nous avons l'impression d'être dans notre bulle, il commence à approcher ses doigts de mon visage, quand il se ravise, freiné par le cri de Jessy.
-Mailly, si tu ne te dépêche pas on va louper notre train !
-Il faut que j'y aille, à lundi !
Je pars en courant avec la main sur ma poitrine. Je ne suis pas folle, mon cœur c'est bien emballé à l'approche de sa main. Je secoue la tête pour me réveiller, au fond de moi je connais ce sentiment, je n'ai juste pas envie de l'accepter.
Je mets ma valise dans la soute à bagages et m'installe dans le bus qui nous amène à la gare. Je me m'installe du côté de la vitre qui se m'est à vibrer lorsque le bus démarre. Je regarde une dernière fois vers la cours quand je vois Mathieu planté au milieu, il n'a pas bougé de l'endroit d'où je l'ai quitté. Pendant, tout ce temps, il me regardait m'en aller. Son regard reste sérieux même au loin, alors sans réfléchir avant que je ne le vois plus, je lui fais au revoir de la main, avec la boule au ventre, mais qui s'en va lorsqu'il lève la main tout naturellement.
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L'interdit
RomansaMailly a dix-huit ans et vit seule avec sa mère. Elle va essayé de fuir son petit ami. Personne ne sait ce qu'il lui fait subir, pas même ses amies à qui elle n'a pas parlée depuis le début des vacances d'été. Elle va être entraînée dans une spirale...
