J'ai fait un rêve cette nuit. Un rêve tellement étrange. Il semblait vraiment... réel.
Le plus déconcertant, c'était cette sensation que je n'ai encore jamais goûtée. La sensation que tout était familier.
La maison dans laquelle je me trouvais, l'homme au crâne chauve, aux traits froids et aux yeux reptiliens, les paroles qu'il me glissait, absolument tout était familier. "Ressaisis-toi, ma petite. Les Dahks ne laissent jamais transparaître leurs émotions". Les émotions... même elles, semblaient réelles. Le dégoût que j'éprouvais pour cet homme, c'était réel.
Une émotion prédominait sur toutes les autres. La peur. J'avais cette impression, que c'était une habitude pour moi de ressentir la peur. Que j'avais été effrayé tout au long de ma vie. Au fond de moi, je suis convaincu qu'il s'agissait d'un souvenir. Cet homme était-il mon père ? Dahks, est-ce mon nom de famille ? Je suppose que je ne le saurais jamais.
Je m'extirpe de mon lit avec grand regret. Aujourd'hui, je passe à la phase deux des entraînements. J'ignore en quoi cela consiste, je sais uniquement que j'ai rendez-vous avec Le Pitbull.
Lorsque je sors de ma chambre, je croise Will. Gênée, j'évite le contact visuel.
- Merci d'être resté. Dit-il avec empressement.
Je me décide enfin à lui accorder un regard. Il se gratte la nuque, visiblement tout autant mal à l'aise que moi. Je lui adresse un petit sourire crispé, et m'esquive rapidement.
Je déambule à travers la base, à la recherche de l'endroit où l'entraînement est censé se dérouler. Au bout d'un quart d'heure d'exploration, j'aperçois au fond d'un couloir, adossé nonchalamment contre une porte, la silhouette tassée du Pitbull.
Celui-ci me fait une petite remarque sur mon retard -que j'ignore- avant de passer autour de ma taille une épaisse ceinture en cuir. Il y glisse deux couteaux et se décale ensuite vers la gauche. Il m'indique du regard la porte derrière lui. Je la pousse et m'y engouffre.
La phase deux se déroule dans un endroit différent que le premier entraînement. Cette fois-ci, ça correspond plus à ce que j'imaginais.
La salle est immense. Chacun des quatre coins de la pièce semble dédier à une arme. À ma gauche, trois armes à feu sont disposées en face de trois cibles. Même schéma à ma droite, mais avec des arcs et des flèches. En face de moi, ce sont des puching-ball qui occupent l'espace. Juste à côté, une dizaine de lances sont exposées.
Nous nous entrainons longuement, et essayons toutes les armes afin de déterminer celle avec laquelle je suis le plus douée. Finalement, le Pitbull a décidé que l'arme qui me convient le mieux, c'est la lance, que je manie avec une précision surprenante. Nous axons donc l'entraînement là-dessus.
En plein exercice, j'aperçois la longue chevelure blonde de Katherine passer le seuil de la porte. Elle nous interrompt, et me rapporte que les médecins désirent s'entretenir avec moi.
Je me rends toute seule à l'infirmerie avec une vive curiosité. Ayant perdu la notion du temps, j'ignore depuis combien de temps je suis dans cette base, mais je commence enfin à me repérer, à travers ce labyrinthe.
Lorsque je pénètre dans l'infirmerie, je jette un petit coup d'oeil furtif à travers la fenêtre de la chambre de Miles. Ce que je vois me pétrifie.
Alors que je pensais entrevoir son corps inerte, comme d'habitude, je l'observe se sustenter avec une lenteur exagérée d'un bol de soupe.
Terrifiée, je suis incapable de détourner le regard de son visage au teint terreux. Il a vraiment mauvaise mine. Ses pommettes saillantes sont rougit par des plaies, ses longs cheveux blonds sont tellement imbibés de sang et de boue qu'ils en sont presque bruns, et ses sourcils broussailleux accentuent son air renfrogné. Ses fines lèvres s'entrouvrent pour accueillir la cuillère dans sa bouche.
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Volcanic
Science FictionAprès l'éruption d'une douzaine de volcans dans une même journée, le ciel est assombri par les mystérieuse cendres des montagnes en fusion. Le soleil disparaît peu à peu, la nature perd ses droits, laissant place à un décor apocalyptique. Dans cet...
