• Chapitre 15

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- À gauche, ce sont les laboratoires. C'est ici que tu vas passer le plus clair de ton temps, désormais.

La jolie jeune femme qui nous a accueillis -si on peut dire ça- nous fait désormais une visite guidée des locaux de l'OPAKD, que j'écoute d'une seule oreille. Elle marche devant nous, d'un pas décidé et sûr, tandis que notre groupe traîne les pieds derrière elle en jetant des coups d'œil de tous les côtés, partagé entre la peur et la fascination.

Le bâtiment est coupé en quatre secteurs, qui sont immenses. Pour l'instant, nous n'avons visité que le Secteur des Recherches, qui abrite principalement des labos, et le Secteur Dortoir. Je me demande pourquoi il prenne la peine de me traiter comme une invitée, alors que je sais pertinemment que c'est loin d'être le cas.

Dans chaque secteur, c'est le même décor. Il est à leur image : fade et mystérieux. Chaque pièce est d'une propreté immaculée, éclairée par une lumière tellement forte qu'elle en brûle nos rétines, et avec du matériel et de la technologie que je n'ai encore jamais vu.

Il y a beaucoup de personnes ici, sûrement tous des scientifiques, à en juger par leurs blouses blanches et leur air supérieur. Toutes ces personnes me dévisagent, se retournent sur mon passage, échangent des messes-basses. Je me sens horriblement mal à l'aise.

- Ne leur prête pas attention, me dit la jeune femme. Tu es un peu une légende ici Esmelana.

- Je m'appelle Allison, répondis-je sèchement.

Elle ne réplique pas, et tourne à droite au bout du couloir, nous faisant entrer dans un autre secteur.

C'est tellement bizarre, c'est comme si je n'avais pas besoin de ses précisions ou de son aide pour retrouver mon chemin. J'ai l'impression que je suis déjà venu ici, ou plutôt, que j'ai vécu ici. N'en pouvant plus de tous ces rébus, je me hasarde à interroger notre hôte.

- Ce n'est pas la première fois que je me trouve ici, pas vrai ?

Un instant de silence flotte dans l'air, avant qu'elle ne reprenne la parole. Mais pas pour répondre à ma question, uniquement pour continuer sa visite guidé.

- Hé, pétasse ! La provoquais-je. Si tu ne veux pas répondre à mes questions, alors au moins, dit moi ton nom.

Je dois être vraiment dérangée de l'insulter ainsi alors qu'elle est visiblement capable de m'étriper en moins de deux secondes, mais je voulais la faire réagir. Ça ne loupe pas, j'ai déjà le couteau sous la gorge avant même de réaliser ce qu'il m'arrive. Décidément, sa vitesse m'impressionne.

- C'est moi qui pose les questions ici, dit-elle d'un ton massacrant.

Elle retire sa lame et me pousse vers le groupe, avant de nous pointer à tour de rôle avec.

- N'oubliez pas que vous êtes ici et pas dans un sac mortuaire car je vous le permets.

Elle nous tourne le dos et reprend sa marche, nous la suivons.

- Azaella, reprend-elle. Je m'appelle Azaella. Je suis la seule personne sur Terre à avoir conservé ma mémoire. Grâce à toi, ajoute-t-elle en retournant sa tête pour porter son regard sur moi.

- À moi ? Demandais-je, incrédule.

Pas de réponse, une fois de plus. Elle se contente de continuer sa visite comme si de rien était. Je doute de la véracité de ses propos. Personne sur Terre n'a pu échapper aux éruptions. C'est impossible. Elle raconte forcément des mensonges.
Non ?

***

Je reconnais la zone dans laquelle nous entrons, mais je ne saurais précisément la nommer. Azaella n'a pas confirmé le fait que je sois déjà venu ici auparavant mais le regard sur son visage en disait long. De même que cette impression de déjà-vu, de passer progressivement du blanc pur des murs et des couloirs vides à la lumière chatoyante à ces murs de pierre froid et ces sols tâchées par l'urine. Soudain je sais où nous nous dirigeons. Le Secteur Prison.

VolcanicOù les histoires vivent. Découvrez maintenant