CH.18

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La voiture est à l'arrêt. Lorsque j'ouvre les yeux et émerge, j'aperçois que nous sommes entourés d'autres voitures, d'autres vacanciers qui partent eux aussi au Maroc. J'ouvre ma portière, prends ma trousse de toilette et une petite bouteille d'eau. Abi m'accompagne. Jalila dormait à poings fermés. Une vraie marmotte, elle a hiberné depuis notre départ. Je me demande si elle a pas une maladie ...

On se rend aux toilettes publiques, je me fais une petite toilette, me brosse les dents, arrange mes cheveux et hydrate ma peau. On retourne auprès des autres. Marwane était désormais côté passager. Ma place se situait juste derrière. Et comment vous dire ? Monsieur a pris ses aises et son siège était totalement reculé et allongé. Tchip.

- Relève ton siège.

Il se redresse et relève un chouïa son siège pour que je puisse avoir un minimum de place. Je remets ma trousse de toilette dans mon bagage. J'avais qu'une hâte : être dans le bateau et prendre une bonne douche. Je me sentais si sale.

Bilal apparaît.

- Bilal: Marwane, Ilhem vous devez aller récupérer vos billets et remplir le formulaire avec vos passeports.
- Pourquoi tu nous l'as pas fait en même temps que toi?
- Bilal: J'avais pas vos passeports. Marwane dormait et toi, tu étais je ne sais où.

Je suis un lapin de deux semaines en fait ? Encore l'un de ses plans farfelus pour que nous nous retrouvions seuls avec l'autre énergumène. On prend nos passeports et on se dirige à l'endroit qu'il nous avait indiqué. Une file d'attente jusqu'à l'extérieur! Le soleil tapait fort et je commençais à m'impatienter.

Vint ENFIN notre tour. C'est pas trop tôt.

- Marwane: C'est à nous.

Je sens sa main dans mon dos. Des frissons parcourent l'entièreté de mon corps.

- .. : He aquí sus billetes. Su barco es tiene a las 9 de la mañana. Usted llegará a Marruecos en los alrededores de las 14 horas.
- Marwane: Gracias.
- .. : Buen viaje!

Et là, cerise sur le gâteau : elle lui fait un petit clin d'oeil. Croyez-le (ou non) il l'a regardé si mal et a pris ma main dans la sienne. Je n'en revenais pas. Il venait de me prouver qu'il y avait réellement quelque chose qui avait changer. Il a l'air d'avoir pris en maturité mais cela n'empêche que je resterai tout de même sur mes gardes. Arrivé à l'extérieur, je m'empresse de me dégager de son étreinte. Je sens une odeur de nourriture qui venait de l'unique restaurant du port. Ni une, ni deux, je me dirige vers le comptoir afin de nous prendre un petit-déjeuner. Les incontournables napolitanas, ma passion! Je prends assez pour tout le monde ainsi que des boissons pour chacun. Au moment de payer, je me rends compte que mon portefeuille est resté dans mon sac. Je préviens la personne qui me sert au comptoir avant de m'éclipser alors que je sortais du restaurant Marwane, qui était assis à la terrasse extérieure, m'attrape par le bras.

- Marwane: Tu vas où?
- Récupérer mon portefeuille.

Si je fais une phrase de plus de trois mots je meurs ?

- Marwane:Viens, je paye.
- Non, je ...
- Marwane: Je paie!

On repart vers le comptoir. Marwane paie l'addition. Et on repart vers la voiture. Sur le chemin, je n'ai pu m'empêcher de déguster l'un des napolitanas.

« 𝐋𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐞𝐧 𝐚 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐝𝐞́ 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 »Où les histoires vivent. Découvrez maintenant