CH.21

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[ ÉCLIPSE D'UN MOIS ]

Nous sommes rentrés il y a un mois maintenant.

J'ai obtenu mon permis le lendemain de notre retour. Ma famille m'a offert ma première voiture : une MINI COOPER.

Depuis mon retour et l'annonce de Marwane, j'avais perdu énormément de poids et je ne sortais plus de chez moi. J'étais constamment cloîtrée dans ma chambre. Sur les réseaux sociaux, j'ai vu en 4K Le hlel de Marwane qui a eu lieu quelques jours à peine après notre retour. Al hamdoullilah, j'étais très bien entourée. Mes proches étaient présents pour moi, pour me remonter le moral, tenter de me faire rire, de me faire sortir. En vain. Il hante mes pensées.

Aujourd'hui, j'étais réveillée tôt. À vrai dire, je n'ai pas dormi ... Comme les autres fois d'ailleurs. Je me lève et me dirige tel un zombie à la douche. Ma toilette fini, je me remets en pyjama et retourne aussitôt dans mon lit sans prendre la peine d'ouvrir les volets. Mon quotidien depuis maintenant un mois. La porte de ma chambre s'ouvre. Ma mère est dans l'encadrement de la porte.

- Yemma: Benthi, haji (viens) tu vas manger.
- Maman, j'ai pas faim.
- Yemma: Tu veux finir anorexique?!
- ...
- Yemma: Allez viens manger s'il te plaît.
- J'arrive Yemma.

Je cède parce que je savais qu'elle ne me lâcherait pas aussi facilement. Je traîne un peu au lit avant de me lever et de me diriger à la cuisine où ma mère m'attendait de pied ferme. Elle avait préparé un petit-déjeuner RO-YAL. Tout ce que j'aimais était sur cette table. Je sais qu'elle a mis du cœur à l'ouvrage dans la préparation mais la simple vue de toute cette nourriture me donnait la nausée. Pour lui faire plaisir, je m'attable et picore tout de même quelques petits trucs par-ci par-là. Une envie subite de vomir me prit. Je me leva de table.

- Yemma: Tu vas où? 
- Dans ma chambre.
- Yemma: Reviens ici de suite tu as rien mangé.
- Je peux pas, j'ai vraiment envie de vomir.

Elle n'épilogue pas. Elle devait ressentir que c'était une cause perdue. Je retourne dans ma chambre où je finis par m'enfermer à nouveau. Je m'allonge sur le dos dans mon lit en contemplant le plafond.  Mon téléphone sonne. C'était Jalila.

- Allô? 
- Jalila: Ça va la famille?
-  Al hamdoullilah et toi?
- Jalila: Al hamdoullilah.
- Jalila?
- Jalila: Non c'est Zoubida à l'appareil.
- Ptdddddr j'en ai marre de toi.
- Jalila: ATTENDS STOP PAUSE!
- Qu'est ce que tu as?
- Jalila: T'as rigolé?
- C'est pour ça que tu me fais khaf (peur)?
- Jalila: En même temps ça fait longtemps je n'ai pas entendu ton rire.

Bon, elle n'avait pas tort. Cela faisait un moment que je n'avais pas ri, ne serait-ce que sourit ... Je n'avais plus goût à la vie. Et tout ça, pour un mec! Je m'étais promis de ne jamais me rendre malade pour n'importe quel homme si ce n'est mon père et mes frères. Je me fais de la peine à moi-même.

Je dois me reprendre en mains. Et rapidement! Je ne peux continuer ainsi, je risquerai de mal finir ...

- Jalila: Ilhem tu es toujours là?
- Oui. J'ai pris une décision.
- Jalila: Laquelle?
- Je vais me reprendre en main.
- Jalila: Enfin tu te réveilles.
- Oui. On se rejoint à 14h.
- Jalila: Je suis au boulot. On se rejoint aux *****?
- Ça marche à tout à l'heure ma vie.
- Jalila: Bisous omri.

« 𝐋𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐞𝐧 𝐚 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐝𝐞́ 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 »Où les histoires vivent. Découvrez maintenant