18.Profiter

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Une semaine et demie plus tard, je reçois des nouvelles de Camille qui me dit qu'elle va mieux, et qu'on peut se voir. On parle tout les jours depuis sa sortie.

Mon téléphone vibre. C'est Camille qui m'écrit. J'ouvre son message :

"Polo ? Ma mère à dit oui ! J'y crois pas ! Elle me demande juste ton adresse pour venir me reprendre ce soir ! À toutes ".

Enfin! On va pouvoir se retrouver. Cette semaine m'a parue longue sans elle. Je ne vois plus son sourire au réveil, ses gribouillages, ses textes sur son carnet. Je ne la voyais plus, elle. Mais c'est fini, je vais la retrouver. Cet après-midi, je vais la chercher à vélo.

C'est trop bien ! Je regarde ma montre, qui affiche seize heure quarante. Je prends mon vélo, mon appareil photo et je communique mon adresse à Camille.
Je préviens ma mère, et je pars de chez moi.

Il suffit de dix minutes environ pour arriver chez elle à vélo. J'accroche mon vélo et sonne au portail de chez Camille. Elle m'attendait derrière la porte. À ce moment-là, mon cœur bat très vite.
Elle a couru vers moi et m'a pris dans ses bras. Elle sent bon. C'est comme si je la voyais pour la première fois.
C'était juste Camille et Paul, et pourtant, c'était tellement de choses à la fois.

Elle est montée à l'arrière de mon vélo, et je l'ai emmenée jusqu'au bord de la rivière. Il n'y avait que nous, juste au bord.

Aujourd'hui, il fait beau. Le soleil intensifie le blanc de la robe de Camille. Elle est belle, Camille. Elle est très belle.
Je la regarde enlever ses chaussures et courir dans l'herbe jusqu'au bord de l'eau. J'en déduis qu'elle va beaucoup mieux. Elle m'a dit qu'elle ne portait même plus de pansements. C'était cicatrisé, et elle n'a plus mal.

Je sors mon appareil photo, et me pose assis à côté du vélo. Elle me regarde, les pieds dans l'eau, en me souriant. Ce même sourire qu'elle me fait tout le temps. Elle passe sa main dans ses cheveux, et je la vois rire. Je me suis rapproché d'elle, et j'ai commencé à capturer ce moment.

On est bien. On est heureux. On prend des photos, et on profite.

Le temps passe vite. Il file, défile, limite, délimite, et sans pause, pose des souvenirs.

On parle sans cesse. Je continue de la découvrir, d'être émerveillé par la personne qu'elle est. Le chemin du retour s'est fait à pieds, histoire de gagner du temps. Histoire de se parler un peu plus.

On est rentrés chez moi vers 18h, et sa mère est arrivée quelques minutes plus tard.

Après le repas je me suis mis dans mon lit, sous la couette. J'ai éteint la lumière, et j'ai réfléchi. Tout simplement. Je suis bien. Je vais bien. Et je pense en fermant les yeux, en attendant le sommeil.

Je pense à Camille. Je pense à quand je pourrais la revoir. Je pense à elle et je pense aussi à toi, Mia.
Je pense à toi...

A Jamais Le BonheurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant