J'ai accepté l'interview d'un groupe de mecs plutôt cool avec qui le courant passe bien. Marcher dans le tiekar ça change des locaux, je me sens dans mon élément parmi les miens.
On marche le long de la rue Goubet, il caille mais pas trop. Julien sait tenir la conversation alors j'arrive à passer outre.
- Racontes les bails quand t'étais en club, dit-il. Askip t'étais gardien, c'est la loose nan ?
- Ça charie hein, je réponds le sourire au lèvres. Mais ouais c'est ça. Je t'avoue que je ne l'ai pas choisi, c'est les cages qui m'ont choisi.
On rigole.
- Mais je regrette ap', être gardien c'est pas que rester comme un piquet à attendre que ça se passe tu vois, y'a tout un jeu de stratégie derrière.
- J'vois, j'vois... Et donc c'est là que tu trainais à tes heures perdues ?
On arrive sur une esplanade face à un collège, occupé par quelques gosses habitant aux alentours. On s'y pose le temps de reposer nos jambes et on reprend notre route.
- J'étais un vagabond moi, j'étais ici et autre part.
- Tu viens d'ici et d'ailleurs.
- Voilà, j'étais ici physiquement mais mentalement j'étais ailleurs.
Il sourit derrière son reflex. Il doit me prendre pour un ouf.
Mais je suis serein, c'est tellement plus frais de se balader près de chez soi plutôt qu'être enfermé entre quatre mur face à quelques paires d'yeux qui nous étouffent.
- On va où, là ? Me demande-t-il.
- On va capter Jimmy et un autre pote, t'inquiète j'ferai les présentations.
Il me suit sans un mot tandis que je pense à ma prochaine destination. On ne s'est pas mis d'accord avec les gars sur le lieu de rencontre. J'appelle alors le premier dans ma liste d'appel quand on approche doucement de mon canal grisâtre.
Cet endroit n'a décidément pas le même aspect le jour. Moi qui aime tant me balader ici la nuit, j'suis tenté de faire demi-tour.
Et là, mon cœur devient lourd.
Je ne suis pas sûr de ce que je vois, mais elle lui ressemble. La cosmos auquel je l'associait s'est métamorphosée en belle-de-jour.
C'est elle, il n'y a pas de doute. Je reconnais ses longs cheveux bruns et son déhanché incertain. Et je n'arrive pas à croire qu'elle soit responsable de la moiteur de mes mains.
- Tout va bien ? Demande julien, interloqué par mon mutisme soudain.
- Ouais, c'est Jimmy qui répond pas, ce chien.
Je raccroche et la regarde s'en aller en empruntant ce pont duquel elle a sauté quelques semaines plus tôt. Elle n'a jamais répondu à mon texto.
J'ai surpris mes guibolles à vouloir la rattraper.
Traitres.
Elles oublient vite comment elle m'a snobé. Même si au fond c'était mérité, parce que je l'ai blessé. J'ai voulu faire un pas vers elle et elle m'a repoussé.
Je me sens humilié mais pas assez.
Puisque je déverrouille mon cellulaire pour tenter de la joindre.
Julien reste stoïque à ma droite avant de se décider à faire quelques plans caméra pour occuper les quelques secondes qui nous surplombe. Et pas des moindres.
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Trouble
Fanfiction« Cette gamine dépasse les bornes, elle est butée, bancale et hardcore mais je lui trouve un petit charme sur les bords. »
