8 juillet 2014 (suite)
Margaux
Je suis comme une enfant devant toutes ses peluches. Il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Chez ma mère, j'en ai plein ma chambre. Elle râle à chaque fois qu'elle les voit. Elle les qualifie de nid à poussières. Je ne lui donne pas tort mais comment ne pas craquer devant ces boules de poils tout douces.
Je repère rapidement celle qui manque cruellement à ma collection. Un bisounours ! Celui avec l'arc en ciel dessiné sur le ventre. Il m'appelle et veut que je l'adopte.
Pendant que j'élabore une stratégie pour le capturer, Hugo revient du bureau de change avec mes pièces. Heureusement, j'avais sur moi un billet de cinq euros. Il a bien entendu essayé de me convaincre de payer mais j'ai refusé. Je ne veux pas me sentir redevable.
_ Alors tu as trouvé ta prochaine victime ?
A l'évocation de ce mot, je tressaille. J'ai cru un instant pouvoir oublier un instant mes problèmes mais quoi que je fasse, un rien me les rappelle tout le temps. Cela peut être sous la forme d'une chanson, d'une odeur, d'un bruit ou comme là, d'une innocente phrase qui me replonge en enfer. Je demandais seulement quelques minutes de répit pour un moment pouvoir souffler. Rien de plus.
_ Je suis désolé, je ne voulais pas te faire de la peine. C'était maladroit.
Je ferme les yeux un court instant et prend une grande inspiration.
_ Ne t'inquiète pas. Je vais bien devoir m'habituer... Et pour répondre à ta question, oui, j'aimerai bien le gagner.
_ Je vais pouvoir admirer ta technique.
Il termine sa phrase avec un clin d'oeil qui me fait fondre.
Je ne sais pas depuis combien de temps je m'acharne sur cette machine mais rien y fait. La pince s'accroche au fil du nounours ou le cramponne mais au dernier moment, le lâche. La frustration commence à me gagner. De plus, il ne me reste plus beaucoup d'argent. Je vais devoir m'avouer vaincu.
_ Tu ne t'y prends pas comme il faut. Regarde je vais te montrer.
Il se positionne derrière moi en faisant attention à ne pas appuyer contre mon dos encore douloureux. Ses mains se posent sur les miennes et actionnent les manettes. Je ne suis plus du tout concentrée par le jeu. Ce contact me trouble. Des picotements traversent mon corps. Je n'avais jamais ressenti ce sentiment avant.
_ Bingo, du premier coup !
Je ne réagis pas de suite. Je suis toujours perturbée.
_ Je m'attendais à plus d'enthousiasme.
Il me tend l'objet tant convoité que je serre fort dans mes bras.
_ J'aimerai bien être à sa place.
Je lui souris et l'étreins. Je suis bien, blottie contre lui. J'ai l'impression d'être à ma place.
_ Merci.
Il pose ses lèvres sur mon front et je me surprends à vouloir plus, à souhaiter qu'il m'embrasse. Puis, il s'éloigne comme si je l'avais brûlé. L'éclatement de notre bulle me laisse un grand vide.
_ Il commence à y avoir beaucoup de monde. On va bouger avant que quelqu'un ne te bouscule.
Voyant que je ne percute pas, il m'entraine dans son sillage. Nos mains sont jointes. Un geste si naturel pour lui et tellement déstabilisant pour moi.
_ Tu veux faire quoi, maintenant ?
J'aimerai répondre tout ce que tu veux mais je dois rentrer. L'infirmière doit retirer mes fils. Dans un sens, c'est une bonne nouvelle car mes cicatrices me démangent énormément mais je n'ai pas envie de le quitter.
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Pour toi
Teen FictionMargaux vient de vivre l'enfer. Sa meilleure amie est morte et elle est obligée de partir vivre chez son père qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs années. Elle fera la connaissance d'une nouvelle famille. Qui la troublera plus? Romain ou Hugo, le mei...
