"Charles"
"Charles, lève-toi"
Le prince ouvrit lentement ses yeux et vit sa mère agenouillée pour être à sa hauteur.
— Charles je t'en prie lève toi, lui demanda-t-elle une énième fois.
Pour la première fois de sa vie, il la sentait inquiète.
— Mère ? l'interrogea sa petite voix endormie.
— Nous devons partir, maintenant, lui répondit fermement la reine.
Le garçon se leva et sa gouvernante le vêtit rapidement d'un pantalon, d'une veste et de chaussures par-dessus sa chemise de nuit.
— Avez-vous pris le nécessaire, Adèle ? demanda la régente.
— Oui, Votre Altesse.
La reine prit son fils cadet par la main pour l'entraîner à l'extérieur de la chambre et se dirigea vers un groupe de personnes de l'autre côté du couloir. Quand ils furent plus près d'eux, il put voir ses frères avec leurs gouvernantes et les domestiques. En écoutant la conversation entre sa mère et Bontemps, Charles apprit que des barricades s'érigeaient dans Paris.
— Où va-t-on ? questionna Philippe, apeuré, alors que le groupe dévalait les escaliers du Louvre.
— A Saint-Germain, annonça leur mère.
D'un pas rapide, la famille royale sortit du palais et s'engouffra dans l'un des carrosses qui les attendaient sur le perron. Dès qu'ils furent entrés, un coup de fouet retentit et le véhicule se mit rapidement en marche.
— Mère... serais-je toujours roi ? demanda Louis, inquiet.
— Dieu a désigné notre famille pour représenter sa personne et pour gouverner la France. Ce ne seront pas de simples hommes qui te retireront ce droit, sois en certain, le rassura la reine en lui prenant les mains. Le cardinal Mazarin nous attend à Saint-Germain, il nous aidera.
Soudainement, le carrosse s'arrêta. Personne ne parlait, les occupants du véhicule étaient tous paralysés par la peur.
Pourquoi s'était-il arrêté ?
Charles ouvrit le rideau à côté de lui.
Rien.
Anne ouvrit l'autre et se retrouva nez-à-nez avec une créature noire dépourvue de forme, dotée d'yeux blancs perçants. Pris de panique, le Petit Monsieur regarda par sa fenêtre et vit une autre créature de la même espèce.
— Sa Majesté n'ira nulle part, grogna le premier monstre.
Charles se réveilla d'un coup, les yeux écarquillés, haletant. Il lui fallut un petit moment pour remettre ses idées en place et se rendre compte que ce n'était qu'un cauchemar. Il détestait quand ses rêves étaient imprégnés de réalité.
La Fronde avait traumatisé les trois frères. Il ne fallait pas s'étonner qu'ils se méfient tant de la noblesse, elle avait fait vivre trop de choses aux enfants qu'ils étaient.
Le brun passa sa main sur son front et tourna la tête vers son amant.
— Eh bien, sacré cauchemar, commenta Henri.
— T'ai-je réveillé ? murmura le duc.
— Tu bouges beaucoup la nuit, c'est encore pire aujourd'hui, rit le blond.
VOUS LISEZ
Le Secret du Roi
Historical FictionDes jumeaux peuvent être une bénédiction pour certains parents, mais cela peut s'avérer bien plus compliqué lorsqu'ils sont royaux. On s'attendait à accueillir un héritier au trône de France, il y en a eu deux. Charles a un jumeau, le soleil est s...
