TREIZE.

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13 dec 03.

Mais que vois-je ce matin en me réveillant ? Un numéro de téléphone. Et un message. Un vrai SMS rédigé comme une pro, signé Lise !

J'ai appelé la fille du coffee shop pour lui demander si elle venait de changer de numéro mais non ! Alors, c'est bien toi, la grande Lise qui déteste la technologie, qui a (enfin !) acquis un cellulaire !!! Et attention, pas n'importe lequel : Un Blackberry, mesdames et messieurs !

Je sais que tu vas bientôt devenir une brillante avocate mais tu ne m'as pas habitué à tout ça. Moi, je connaissais surtout la nana qui faisait 30 Km à vélo tous les jours, qui voulait devenir végétarienne et allait à la fac pour faire du dessin. Et là, après les études de droit, j'apprends que tu as un portable ! Mon cerveau a du mal à assimiler la nouvelle. Ca veut dire qu'on va pouvoir s'envoyer des « sextos » ? Dis-moi, tu ne te serais pas acheté un portable pour que je cesse de t'écrire des lettres ?

Sache, jolie Lise, que je n'arrêterai cette correspondance à sens-unique pour rien au monde !

J'ai peur pour toi tu sais, Lise. Bientôt, tu vas m'annoncer que tu utilises quotidiennement internet et que tu as une adresse MSN (tu sais comment marche ce truc ? Je me sens vieux !).

En attendant, on se retrouve par texto ! ;)

(bientôt, tu comprendras ce signe, ne t'en fais pas).

Le seul et l'unique,

Klaas.


***


Les cartons s'entassaient sur le trottoir tandis qu'un imposant camion blanc bloquait la circulation du côté de Westerpark, près de Haarlemmerweg. Erwin dut continuer son chemin à pied, marchant à côté de son vélo en déposant le courrier dans les boîtes aux lettres environnant. Il continua sur plus d'une centaine de mètres jusqu'à ce qu'il découvre les personnes qui déménageaient. La famille Beaumont. Il se souvenait de leur nom et pour cause, chaque année, en Décembre, Lise recevait des lettres d'un homme. D'abord, depuis la Haye mais récemment, c'était de Suisse qu'il lui écrivait.

Longtemps, Erwin avait cru que le garçon en question écrivait à la mère de famille mais au vu de l'écriture, il avait été contraint d'admettre que c'était à la fille du couple de Klaas correspondait. Et aujourd'hui encore, le facteur distribuait la fameuse lettre. Non, en réalité, il y en avait deux. Celle pour samedi et l'autre, pour le lendemain. Erwin s'apprêtait à les glisser dans la boîte aux lettres quand il stoppa son geste. Un homme âgé d'une quarantaine d'année venait de sortir, les bras chargés d'un carton épais qui lui empêchait de voir devant lui. Erwin rangea le courrier dans sa sacoche, abandonna son vélo aux pieds des marches et vint lui prêter main forte.

Ensemble, ils déposèrent le carton dans le camion. L'homme remercia le facteur alors que sa femme venait se présenter devant le perron.


_ Rogier, il y a un représentant des assurances qui demande si Lise va bientôt arriver, elle lança, ses yeux figés sur l'ordinateur portable qu'elle tenait en équilibre dans ses mains.

_ Elle arrive dans une heure, dis-lui de rappeler à ce moment-là.


La femme s'éclipsa à l'intérieur et laissa la porte ouverte. Erwin put alors apercevoir un hall minuscule qui desservait plus de six pièces. La maison était étroite mais s'étendait sur deux niveaux. Elle semblait ancienne mais avait été rénovait avec soin, mélangeant le chic du moderne et le côté authentique de l'ancien.

... et t'attendre à NoëlOù les histoires vivent. Découvrez maintenant